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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDemandes « frauduleuses », services « gratuits » et « faux réfugiés » : le chef conservateur Éric Duhaime a multiplié les déclarations sur les demandeurs d’asile depuis le début de la campagne électorale, mais qu’en est-il vraiment? Épreuve des faits.
Les demandeurs d’asile, il y en a plus que le tiers, quand on analyse les demandes, qui sont frauduleux.
Vérification faite : c’est faux.
Le chef conservateur s’appuie sur les données de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) (nouvelle fenêtre) pour l’ensemble du Canada, d’avril à décembre 2025, confirme son équipe. Durant cette période, 63 % des demandes d’asile ont été acceptées.
Éric Duhaime conclut alors que 37 % des demandes ont été frauduleuses. Or, ce taux comptabilise non seulement les rejets, mais aussi les abandons et les retraits, pour lesquels la CISR n'a pas rendu de décision sur le fond.
En réalité, seulement 2,6 % des demandes rejetées ont été jugées frauduleuses.
D’avril à décembre 2025, 11 077 rejets ont été comptabilisés. De ce nombre, 285 ont été considérées comme étant clairement frauduleuses , précise la CISR, dans un courriel transmis à Radio-Canada.
Comment juge-t-on qu’une demande est frauduleuse?
Une demande d’asile peut être rejetée pour plusieurs raisons, sans pour autant être frauduleuse.
Le tribunal chargé de l’examen des dossiers, la Section de la protection des réfugiés (SPR), peut par exemple trancher qu’une demande manque de fondement, que les preuves de persécutions sont insuffisantes ou encore que la personne a la possibilité de vivre en sécurité ailleurs dans son pays.
L’élément essentiel de la fraude est plutôt la malhonnêteté, explique la CISR, en citant une décision de la Cour fédérale. À lui seul, le manque de crédibilité d’une demande d’asile ne constitue donc pas une fraude.
Un accès gratuit aux services?
Éric Duhaime a pointé du doigt le traitement de faveur accordé aux demandeurs d’asile, lors du Grand débat des chefs Noovo et Crave, le 16 septembre.
C'est totalement inacceptable que ces gens-là (les demandeurs d’asile) puissent avoir, par exemple, gratuitement des services pour leurs dents, leur vue, leur psychologue.
Vérification faite : c’est inexact, ils ne sont pas gratuits.
Un demandeur d’asile au Québec n’a pas accès au régime provincial d’assurance maladie (RAMQ) pendant l’étude de sa demande, qui peut durer en moyenne 27 mois, selon la CISR.
Ses soins sont alors pris en charge par le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) (nouvelle fenêtre). Comme son nom l’indique, il s’agit d’une couverture médicale temporaire et entièrement financée par le gouvernement fédéral.
Le programme prend en charge certaines prestations de santé supplémentaires, comme les soins dentaires urgents, les soins de la vue et les consultations en santé mentale. Ottawa rembourse toutefois 70 % des coûts admissibles. Le demandeur d’asile doit donc payer les 30 % restants.
Ces tarifs sont en vigueur depuis le 1er mai 2026, en raison de compressions budgétaires du gouvernement fédéral. Avant cette date, les prestations citée étaient effectivement gratuites.
Le PFSI offre également une couverture de base, sans frais, pour plusieurs services de santé, notamment les soins hospitaliers, les consultations médicales ou encore les services de laboratoire, de diagnostic et d’ambulance.
Services garantis par la Charte canadienne des droits et libertés
Le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait réduit en 2012 la couverture de soins de santé offerts aux demandeurs d’asile et aux réfugiés via le PFSI. La Cour fédérale a tranché deux ans plus tard que cette décision violait la Charte canadienne des droits et liberté.
Les modifications apportées en 2012 au Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) pourraient compromettre la santé, la sécurité, voire la vie de ces enfants innocents et vulnérables d’une manière qui choque la conscience et qui porte atteinte à la dignité humaine , avait expliqué la juge Anne Mactavish, en 2014.
L'accès aux services d’un avocat quel que soit le statut
Le chef conservateur brandissait, le 24 septembre dernier, le Guide des services offerts aux demandeurs d’asile (nouvelle fenêtre) publié par le gouvernement du Québec. Il dénonçait l’accès à certains services, comme ceux d’un avocat.
Nous (les citoyens québécois), on n’a pas le droit d’avoir des avocats gratuits.
Vérification faite : c’est faux.
Les demandeurs d’asile sont soumis aux mêmes critères d’admissibilité que les Québécois pour avoir accès à l’aide juridique (nouvelle fenêtre), explique Vincent Desbiens, directeur du Bureau d’aide juridique en droit de l’immigration à Montréal.
Les demandes sont étudiées sur la base de la situation financière de la personne ou de sa famille.
Un faux réfugié, ça existe?
À plusieurs reprises depuis le début de la campagne électorale, le chef conservateur a utilisé l’expression faux réfugiés.
Ce sont de faux réfugiés.
Vérification faite : c’est inexact.
Par définition, un réfugié est une personne qui a obtenu l’asile après avoir vu sa demande étudiée et acceptée par un tribunal indépendant (la Section de la protection des réfugiés).
Toute personne détenant le statut de réfugié a donc su démontrer qu’elle craint avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, conformément à la définition de la Convention de Genève de 1951.
Avec la collaboration de Rosalie Sinclair


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