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Bâtir l’inclusion : le délicat chantier d’un hôpital

5 hours ago 9

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Le calme règne dans cette salle ovale aux fauteuils rouges, où un bouquet de fleurs séchées côtoie des vitraux qui évoquent des scènes de vie sur le territoire. À l’extérieur, le grondement des grues et des pelleteuses rappelle que l’hôpital est en chantier.

Créé en juin 2019, cet espace sacré se trouve à quelques pas de l’entrée des urgences de l’hôpital Cariboo Memorial, à Williams Lake, une petite ville au coeur de la Colombie-Britannique. Les patients autochtones, leurs familles et les soignants peuvent y venir guérir et se purifier, notamment grâce au matériel et aux plumes d’aigle mis à leur disposition.

Ils y viennent pour se libérer de tout traumatisme qui s’est produit, que ce soit au service des urgences, en soins palliatifs ou pour toute autre raison, si les gens ont besoin d’un endroit calme pour pouvoir faire appel à leurs valeurs traditionnelles.

Des chaises rouges avec de larges vitraux derrière.

Cette salle où les Autochtones peuvent venir se purifier, discuter, partager a été améliorée au fil des années. Les vitraux ont été faits en collaboration avec les Premières Nations.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

En quelques mots, Kelly Dillon décrit l’objectif de cet espace et résume le ressenti de nombreux Autochtones de la région. Ici comme ailleurs, le racisme dans le système de santé était un secret de Polichinelle.

Nous reconnaissons que le racisme existe et que nous devons tous nous améliorer, lance la directrice des opérations cliniques au Cariboo Memorial Hospital.

La publication, il y a près de six ans, du rapport In Plain Sight n’a pas eu sur Kelly Dillon l’effet d’une gifle, mais celui d’un poids dont on se déleste. Le rapport mettait en lumière le racisme systémique qui imprègne le système de santé de la province à l’égard des Premières Nations, des Métis et des Inuit.

C’était un soulagement, raconte-t-elle.

Ses épaules, sur lesquelles repose un châle turquoise aux motifs haïda, s’affaissent. Le soulagement se lit sur son visage lorsqu’elle évoque le long chemin parcouru au fil des années.

Cela a créé un espace pour nous regarder nous-mêmes, voir comment nous prodiguons des soins et être en mesure de nous améliorer.

En effet, ici, vous pouvez voir que nous avons des patients autochtones, souligne Kelly Dillon en entrant dans l’hôpital. Au moins 60 % des patients de l’établissement sont autochtones et proviennent de plusieurs Premières Nations des environs.

Nommer pour avancer

Nommer le racisme systémique était primordial pour elle.

C’est être plus ouvert, être capable d’ouvrir la voie de la confiance, et je ne pense pas que nous puissions le faire à moins d’être vulnérables.

Kelly Dillon et un bâtiment derrière elle.

Kelly Dillon est devant l'hôpital en cours de rénovation.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

À l’échelle provinciale, le constat est également posé. Pour l’agente de santé provinciale adjointe pour la santé des Autochtones, Danièle Behn Smith, documenter et rendre visible la vérité sur ce qui se passe dans le système de santé d’une manière systémique et méthodologique était très important pour être en mesure de vraiment le constater.

Publié dans la foulée de révélations sur les préjugés du réseau public, le rapport In Plain Sight a consigné la réalité des discriminations vécues au quotidien.

Les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuit connaissent bien ces histoires, pour les vivre eux-mêmes ou les voir toucher leurs proches. Mais il est difficile de les voir si vous n’êtes pas directement touchés.

La Dre Danièle Behn Smith pose pour la photo.

La Dre Danièle Behn Smith occupe depuis 2015 le poste de médecin hygiéniste provinciale adjointe pour la santé des Autochtones au sein du Bureau de la médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique (l'OPHO), où elle travaille aux côtés de la Dre Bonnie Henry.

Photo : Gracieuseté : Dr Behn Smith

Il y a près de six ans, le rapport formulait clairement, au moyen d'un ensemble de recommandations, ce qu’il fallait faire.

Le système de santé doit réagir, lance Danièle Behn Smith.

Depuis des décennies, le travail, le leadership et la gouvernance des Premières Nations ont porté leurs fruits. En Colombie-Britannique, il y a eu beaucoup de transformations. Mais ce n’est pas suffisant.

Nous avons toujours des cas horribles de racisme qui se produisent et qui causent des dommages.

Dans son bureau, à une dizaine de kilomètres de là, le chef de la Première Nation de Williams Lake, de la nation Secwépemc, Willie Sellars, lève les yeux. Le changement est réel. Il faut dire qu’il partait de loin. Au début, les conversations avec l’hôpital, c’était très mauvais.

Il appuie sur le mot mauvais.

Willie Sellars et des photos derrière lui.

Willie Sellars est le chef de la Première Nation de Williams Lake. Dans son bureau, derrière lui, une photo de son grand-père pratiquant la pêche traditionnelle de son peuple.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Le rapport a déclenché une tonne de conversations différentes et permis d’avoir une place réelle à la table pour participer à la façon d’améliorer les choses, affirme Willie Sellars, qui reconnaît que les Premières Nations doivent participer à cet effort de réconciliation.

Il ne faut pas seulement crier partout comment doivent être la prestation et les services, il faut prendre part à cette conversation. Cela fait partie de notre parcours de guérison aussi.

L’hôpital Cariboo Memorial a donc mis les bouchées doubles dans plusieurs domaines. En cours de modernisation et d’agrandissement, il a notamment inclus très tôt les Autochtones dans le processus. Chaque année, il publie un rapport sur les mesures prises en réponse au rapport In Plain Sight.

La volonté et les gestes sont concrets et, tranquillement, les choses changent.

Mais il y a une tonne de travail encore à faire, précise Willie Sellars.

Le rôle pivot des navigateurs

En entrant dans la salle d’attente de l’urgence, Kelly Dillon salue les patients, puis lance : Voyez où les gens s’assoient, comment ils se sentent et ce qu’ils doivent vivre et vous comprendrez qu’on a besoin d’un nouveau service d’urgence et comment cela aura un impact sur les soins culturellement adaptés aux traumatismes.

Elle fait référence au nouveau service, qui comprendra 23 postes de soins, soit 12 de plus qu’actuellement, 2 salles de soins pour les traumatismes, 2 salles d’interventions spécialisées et même une entrée publique distincte.

C’est génial, car nous faisons beaucoup à l’urgence pour améliorer l’accueil des patients autochtones, lance Bridget, gestionnaire du service des urgences, avant de filer vers une autre salle.

Une porte vitrée avec des chevaux gravés dessus.

Les navigateurs accueillent les patients qui le désirent derrière cette porte.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Un exemple concret se trouve à l’entrée actuelle de l’hôpital. La salle des navigateurs autochtones a été déplacée au niveau principal, là où les gens entrent pour leurs rendez-vous ou pour le service d’urgence.

Alors qu’en 2021 un seul navigateur travaillait du lundi au vendredi, de 8 h à 16 h, l’équipe compte désormais deux personnes disponibles sept jours sur sept. Cela ne soutenait pas vraiment la communauté comme nous en avions besoin. Beaucoup d’urgences ne se produisent pas la journée, la semaine, c’est certain, explique Kelly Dillon.

Désormais, les navigateurs sont bien visibles dès l’entrée principale.

Le programme a également été étendu aux services de santé mentale, de toxicomanie et au centre de soins primaires d’urgence. La présence de ces professionnels est essentielle pour instaurer une relation de confiance et assurer un accès équitable aux services, rappelle Natalie Daniels, responsable des soins aux patients autochtones chez Interior Health, l'une des cinq autorités régionales de santé publique de la Colombie-Britannique.

Ce sont eux qui améliorent l’accès aux services et veillent à ce que les soins soient culturellement sûrs et inclusifs pour tous les clients autochtones qui viennent recevoir des soins à Interior Health. Je ressens que leur présence contribue réellement à créer un environnement respectueux et fiable pour les patients autochtones. Ils jouent également un rôle clé dans la communication entre les patients, les familles et les équipes soignantes, poursuit-elle.

Une chaise d'hôpital vide au milieu d'un couloir.

Adrian Dix, alors ministre de la Santé de Colombie-Britannique, avait déclaré que la rénovation de cet hôpital représentait un investissement important pour la santé et le bien-être des communautés de Cariboo-Chilcotin. Le budget du projet s'élève à plus de 360 millions de dollars.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Près de 30 navigateurs autochtones travaillent pour Interior Health, même si le métier n’est pas vraiment facile, dit Natalie Daniels, qui l’a elle-même exercé.

Membre de la Première Nation Wipamakong, sur l’île Manitoulin, en Ontario, elle recevait quotidiennement des commentaires qu’elle considérait comme racistes.

Les navigateurs autochtones choisissent de travailler dans un environnement difficile, parce qu’ils ne veulent pas que des expériences négatives soient vécues par des membres de leur communauté ou d’autres patients autochtones. Ils viennent au travail avec un grand cœur, et c’est un travail difficile.

Elle souhaite en recruter davantage, car avoir accès aux soins de santé et aux navigateurs autochtones, ce n’est pas un avantage, c’est un droit.

En parallèle, l’hôpital travaille avec l’Agence provinciale des services de santé afin de traduire certains programmes dans plusieurs langues autochtones, dont le tsilhqot’in.

Si nous étions capable de traduire pour les personnes qui arrivent et qui souffrent, nous serions en mesure de mieux communiquer avec eux pour comprendre ce qu’ils ressentent lorsqu’ils sont ici, souligne Kelly Dillon.

Cet article est le deuxième d’une série consacrée à la décolonisation du système de santé en Colombie-Britannique.

Un réaménagement

Le projet de réaménagement de l’hôpital Cariboo Memorial comprend l’ajout d’une nouvelle aile ainsi que des rénovations dans le bâtiment existant.

Très tôt, la participation des Autochtones a permis d’influencer la conception des espaces et d’intégrer des œuvres d’art, mais pas seulement.

L’établissement collabore avec les trois nations locales, dont les chants et les tambours ont résonné dans tout le chantier à l’occasion d’une cérémonie traditionnelle de fumigation (smudging) en avril 2025.

Une femme joue du tambour.

Valerie West, de la Première Nation de Williams Lake, joue du tambour et chante lors de la bénédiction traditionnelle du projet de réaménagement de l'hôpital.

Photo : Interior Health Authority

Notre équipe culturelle était là. C’était génial, s’enthousiasme le chef Willie Sellars.

Dès le début, nous avons pris part aux conversations pour nous assurer qu’il y avait une représentation de la nation Secwépemc, qui est le territoire sur lequel l’hôpital réside actuellement. Nous voulions aussi intégrer d’autres nations pour qu’elles soient représentées.

Une énorme sculpture de pierre sera installée à l’entrée principale, ce qui enchante le chef Sellars. Elle représente une forme particulière de pêche pratiquée par les Premières Nations de l’intérieur de la Colombie-Britannique, explique-t-il en montrant une photo de son grand-père et de lui, enfant, en train de pratiquer la pêche au filet.

Une pêche qu’il enseigne aujourd’hui à ses enfants.

Des mains montrent une photo de pêche sur un cellulaire.

Willie Sellars montre une photo de lui et de son enfant en train de s'adonner à cette pratique millénaire pour les Secwépemc.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

La conversation, si difficile au départ, s’est considérablement améliorée, dit-il, alors qu’il est sur le point de partir pour participer à une cérémonie de reconnaissance des professionnels du système de soins de santé afin de les encourager. Nous savons à quel point il est difficile de recruter et de garder [du personnel] dans les collectivités rurales.

Les discussions, les partenariats et les consultations avec les Premières Nations locales se ressentent jusque dans l’aménagement de l’hôpital.

Nous avons indiqué que nous voulions des chambres plus grandes et privées afin qu’un plus grand nombre de familles puissent rendre visite aux personnes et participer. Nous voulions pouvoir faire du smudging dans n’importe quelle pièce de l’hôpital, pas seulement dans certaines zones, se remémore Connie Jasper, directrice des services de santé du gouvernement national tŝilhqot’in.

Connie Jasper sourit pour la photo.

Connie Jasper estime que le temps sera un facteur déterminant. Plus les personnes auront de bonnes expériences, plus elles en encourageront d'autres à venir à l'hôpital.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Et le résultat? Ils nous ont vraiment entendus et inclus. Ils essaient vraiment de trouver comment réparer les torts des générations précédentes, reconnaît Connie Jasper.

Il semble toutefois plus facile de changer les lieux que les mentalités, souligne-t-elle. Vous pouvez avoir tous les grands espaces que vous souhaitez, mais il y a encore du monde raciste. C’est ce que nous devons examiner.

L’espace peut être réconfortant, mais s’il y a toujours des travailleurs qui le rendent dangereux, l’espace ne signifiera rien.

Elle fait notamment allusion à la sortie publique, en mars  2024, du gouvernement national tŝilhqot’in, l’une des Premières Nations desservies par l’hôpital, pour dénoncer le racisme à l’hôpital qui était toujours une réalité.

Changer l’espace plus rapidement que les mentalités

Même si nous aimerions être en mesure de tout mettre en œuvre, même si nous voulons bien faire les choses, nous devons prendre notre temps, concède Kelly Dillon dans son bureau orné de nombreux objets et œuvres autochtones, témoins de son implication auprès des communautés.

Le temps, espère-t-elle, fera aussi évoluer certaines personnes.

Kelly Dillon regarde l'objectif.

Kelly Dillon a travaillé longtemps en tant qu'infirmière, puis dans des postes de leadership. Tous ces changements l'émeuvent et la passionnent.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Franche, elle n’hésite pas à parler d'un commentaire fait très rapidement par un gestionnaire lors de la dernière réunion du groupe de travail sur la sécurité culturelle.

Je suis allée voir nos partenaires autochtones pendant la pause et leur ai demandé ce qu’ils en avaient pensé, car ça ne me convenait pas. Ils ont répondu qu’ils essayaient d’être respectueux et qu’ils n’allaient rien dire. Mais si nous voulons bien dire les choses, ce commentaire était raciste, raconte-t-elle.

Kelly Dillon voit dans cet échange une boîte de dialogue ouverte pour avoir ce genre de conversations.

Elle est ensuite allée voir le gestionnaire pour en reparler. La personne ne pensait pas être dans le manque de respect, mais quand elle a pris du recul, elle a dit avoir compris.

Kelly Dion invite donc les membres des communautés, patients ou partenaires, à faire part de leurs commentaires et à poser des questions, y compris au service d’urgence, afin d’éviter les malentendus sur les ordres de priorité ou de régler une situation. Et, au besoin, à porter plainte.

Mais cela reste compliqué, soulève Connie Jasper. Elle sait que ses membres ne portent pas officiellement plainte, ce qui rend les changements plus difficiles.

Nos membres partagent leurs histoires avec d’autres membres des communautés, mais dès que vous leur demandez de les mettre par écrit, sur un rapport, ils ne veulent pas le faire et c’est peut-être en partie dû à la peur d’être traités différemment la prochaine fois qu’ils viendront, analyse-t-elle.

Formation

En 2023, Interior Health a lancé son programme de formation antiraciste spécifique aux Autochtones, en commençant par l'équipe de haute direction. C’est de l’hôpital Cariboo Memorial que provient l’une des premières cohortes ayant terminé une formation antiraciste spécifique aux Autochtones à Interior Health, en septembre 2023.

La façade de l'hôpital avec l'inscription Cariboo Memorial Hospital. Il dessert les 11 000 habitants de Williams Lake, sans compter ceux de la région.

Cet hôpital a été inauguré en 1962.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Pour Kelly Dillon, chaque formation, chaque discussion permet d’avancer. Avec ce rapport (In Plain Sight) et le travail que nous avons fait, nous avons été en mesure de montrer la voie et de montrer que nous sommes déterminés à lutter contre le racisme anti-autochtone, et à démanteler les structures et le système qui créent ces préjudices coloniaux.

Apprendre à… désapprendre

En réponse aux recommandations de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) et du rapport In Plain Sight, le Bureau du médecin hygiéniste provincial, la plus haute autorité en santé publique de la Colombie-Britannique, a fait le choix d’examiner ses propres structures plutôt que de chercher des coupables.

L’équipe, composée d’une trentaine de personnes, s’est engagée en 2022 dans une démarche intitulée «  Désapprendre et défaire la suprématie blanche systémique et le racisme systémique envers les Autochtones ».

L’objectif : éradiquer ces phénomènes, car ils fonctionnent d’une manière assez invisible pour la plupart d’entre nous. C’est donc un travail difficile et stimulant, précise la Dre Behn Smith à propos de ce club de désapprentissage de 17 mois destiné au personnel et à la direction.

Il s’agit d’un espace de dialogue et de désapprentissage sur les droits des Autochtones, l’antiracisme, la lutte contre la suprématie blanche et la sécurité culturelle.

L'hôpital en cours de rénovation.

La phase 1, qui comprend l'agrandissement, devrait s'achever au début de 2027, puis ce sera la phase 2, qui prévoit la rénovation de l'hôpital existant et qui devrait s'achever en 2029.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Cela a changé les mentalités et la manière de travailler, estime la Dre Behn Smith. En posant des questions, les participants ont pris conscience de la façon dont le racisme systémique et la suprématie blanche systémique agissent de manière assez sournoise et insidieuse. Ils sont en quelque sorte juste là, en arrière-plan!

Le club suscite de l’intérêt : le Réseau pancanadien de santé publique, par exemple, y participe désormais.

Un inconfort nécessaire

Cette femme Eh Cho Dene de la Première Nation de Fort Nelson et Métisse de la rivière Rouge est bien consciente de la portée de tels mots.

C’est un langage très dur, qui peut rendre mal à l’aise, reconnaît-elle. Mais justement, ce malaise indique le dépassement du statu quo, indispensable au changement, rappelle la Dre Behn Smith.

Nous avons choisi ce langage en particulier parce que, lorsque nous repensons au contact, aux premiers Européens arrivés sur nos côtes, il y avait une croyance largement répandue à l’époque selon laquelle ils étaient supérieurs à tous les autres peuples, donc une croyance fondamentale en la suprématie blanche.

Toutefois, en 2026, elle estime que la plupart des habitants du Canada croient en l’égalité. Le problème est que, comme le pays a été fondé sur cette conviction fondamentale, cela constitue le fondement des systèmes, des politiques et des modes de gouvernance.

Nous voulons juste dire qu’il existe des systèmes et des structures qui confèrent encore aujourd’hui des avantages non mérités à un segment restreint de la population. Il suffit juste de regarder les données en matière de santé, de logement, d’éducation, de gouvernance, explique-t-elle.

De la sauge dans une coquille d'ormeaux.

Apprendre, comprendre et agir. Ce sont les trois étapes du projet « Désapprendre et défaire la suprématie blanche », mené notamment par la Dre Danièle Behn Smith.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

La démarche ne vise pas à critiquer les individus. Elle rappelle qu’il ne faut pas être dans le déni, mais plutôt savoir reconnaître le racisme pour pouvoir le combattre.

Le nommer et le voir n’est que la première étape. Ensuite vient la compréhension des nuances.

Les gens imaginent que le racisme se limite à certains cas horribles, comme la mort de Joyce Echaquan. Pourtant, il y a tellement de types de racisme qui sévissent en arrière-plan depuis des décennies et des décennies, souffle-t-elle.

C’est inacceptable!

La Dre Behn Smith tient finalement à rappeler qu’il n’est pas question d’eux contre nous, mais de faire les choses correctement pour bien vivre ensemble.

Alors oui, j’ai bon espoir. Je vois une transformation se produire, mais elle n’est pas assez rapide. Ce n’est pas encore complet, mais il y a une certaine dynamique et nous espérons continuer de faire avancer les choses!

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