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Itinérance à Montréal : une cohabitation devenue impossible?

6 days ago 7

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La situation de l'itinérance exaspère résidents et organismes d’Hochelaga-Maisonneuve. Les trois centres d'hébergement du quartier y accueillent 300 personnes au quotidien. On y trouve aussi un campement sur la rue Notre-Dame, où vivent une centaine d’itinérants.

Après des années d’empathie et de tolérance, bien des voisins en ont ras le bol. Ils réclament des changements.

 Michel St-Jean est a proximité du CAP St-Barnabé est un organisme communautaire qui appuie la population d' Hochelaga-Maisonneuve dans la lutte contre la pauvreté.

Photo prise à proximité du Parc Morgan, à Montréal, Québec. 

Le 8 Juin 2026/ 2026/06/08

Photo: Ivanoh Demers\Radio-Canada

Depuis la pandémie, l’organisme CAP St-Barnabé héberge à lui seul 170 personnes par jour. Juste à côté d’un complexe d’habitations pour personnes aveugles. Les relations ne sont pas de tout repos.

Quand on va au jardin communautaire, il faut attendre que les voyants vérifient s'il n’y a pas de seringues pour qu'on puisse cueillir les légumes, explique Michel St-Jean, intervenant communautaire et non-voyant.

 Myriam est a proximité du CAP St-Barnabé est un organisme communautaire qui appuie la population d' Hochelaga-Maisonneuve dans la lutte contre la pauvreté.

Photo prise à proximité du Parc Morgan, à Montréal, Québec. 

Le 8 Juin 2026/ 2026/06/08

Photo: Ivanoh Demers\Radio-Canada

Résidente du quartier depuis 20 ans, Myriam Bergeron-Fournier déplore l’absence de consultations sur l’itinérance. Elle craint la formation d’un ghetto.

À force d'être confronté à cette réalité, on en vient à ne plus avoir d'empathie. On a tellement de désagréments tous les jours qu'on ne voit plus la misère derrière ces visages-là.

 

Photo prise à proximité du Parc Morgan, à Montréal, Québec. 

Le 8 Juin 2026/ 2026/06/08

Photo: Ivanoh Demers\Radio-Canada

Les refuges, ça les relâche dans la rue, et là, il n'y a aucun contrôle, raconte un citoyen voulant rester anonyme. Le quartier veut avoir le cœur ouvert pour aider les gens, mais la tolérance finit par se retourner contre nous.

Plusieurs résidents rapportent avoir été agressés, s’être fait cracher dessus. On ne compte plus les seringues souillées retrouvées un peu partout. Un sentiment d’insécurité s’est installé, peu propice à la vie de famille. Les résidents parlent d’un bris de confiance avec les élus municipaux.

 Michele Patenaude (directrice générale du refuge Cap St-Barnabé)

Photo prise Refuge pour itinérants le Cap Saint-Barnabé, rue Hochelaga, à Montréal, Québec. 

Le 10 Juin 2026/ 2026/06/10

Photo: Ivanoh Demers\Radio-Canada

Au refuge de la rue Hochelaga, dans un ancien aréna, hommes, femmes et personnes à mobilité réduite ont droit à de petits cubicules qui laissent peu d'intimité. La lumière s’éteint à heure fixe et les heures de douche sont planifiées.

 Michele Patenaude (directrice générale du refuge Cap St-Barnabé)

Photo prise Refuge pour itinérants le Cap Saint-Barnabé, rue Hochelaga, à Montréal, Québec. 

Le 10 Juin 2026/ 2026/06/10

Photo: Ivanoh Demers\Radio-Canada

La directrice générale du CAP St-Barnabé, Michelle Patenaude, comprend la lassitude de la population. Surtout que le lieu devait être temporaire – trois mois, six mois, un an… Et voilà qu’il existe encore, six ans plus tard. Un lieu essentiel, mais qui, elle le reconnaît, a des allures de camp de réfugiés.

 Chantale Gladu

Photo prise à proximité du Parc Morgan, à Montréal, Québec. 

Le 8 Juin 2026/ 2026/06/08

Photo: Ivanoh Demers\Radio-Canada

Au sud du CAP, on trouve le plus gros campement de Montréal, le long de la rue Notre-Dame. Chantal Gladu y vit avec son conjoint et son chat Doudoune. Dans la rue depuis février, ils ont enchaîné les refuges avant de s’établir ici. Elle croit que le bon voisinage est possible avec les résidents si les sans-logis respectent quelques règles simples : Pas de chicanes, pas de traînerie.

 Stéphanie Longpré Charette (Alias Pinky) 

Photo prise à proximité du Parc Morgan, à Montréal, Québec. 

Le 8 Juin 2026/ 2026/06/08

Photo: Ivanoh Demers\Radio-Canada

Stéphanie Longpré-Charette, elle, y vit depuis 2 ans. Elle a connu la rue dès l’adolescence. On essaye de s'arranger pour ne pas être dérangeants, dit-elle. Nous, on fait le ménage, on ne veut pas n’importe qui non plus. On se garde propres, on veut pas que ça soit une cour à scrap.

 Erik Charbonneau

Photo prise à proximité du Parc Morgan, à Montréal, Québec. 

Le 8 Juin 2026/ 2026/06/08

Photo: Ivanoh Demers\Radio-Canada

Il y a de la consommation et des problèmes de santé mentale ici, il y a des chicanes et des cris. C'est pas évident, convient Érik Vaillancourt, mais ça prend un endroit.

Le campement de personnes itinérantes.

Les habitants du campement ne sont pas sans ressources. L’organisme L’Anonyme y a installé sa roulotte et les ordures sont ramassées par la Ville, entre autres pour limiter les risques de propagation en cas d’incendie.

En plus du refuge dans l’ancien YMCA, le Cap St-Barnabé gère deux autres refuges, tous espacés d’environ 1 km.

En plus du refuge dans l’ancien YMCA, le CAP St-Barnabé gère deux autres refuges, tous espacés d’environ 1 km, au nord du campement qui longe la rue Notre-Dame.

Cette concentration de refuges sur ce seul secteur de Montréal participe grandement aux enjeux de cohabitation, estiment tant les résidents que les organismes locaux. Tous réclament une meilleure équité territoriale.

La mairesse de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Chantal Gagnon, d’ailleurs, le reconnaît, et assure que des pourparlers sont en cours avec d’autres arrondissements.

Mais, rappelle-t-elle, les besoins demeurent.

 

Photo prise à proximité du Parc Morgan, à Montréal, Québec. 

Le 8 Juin 2026/ 2026/06/08

Photo: Ivanoh Demers\Radio-Canada

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