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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa réglementation en matière de financement politique en Saskatchewan rend difficile l’identification de certains donateurs. De fait, des centaines de milliers de dollars versés par des organisations privées à des partis politiques de la province sont presque impossibles à associer aux personnes qui se cachent réellement derrière ces entreprises.
Plusieurs des plus grands donateurs politiques en 2025 viennent de sociétés pour lesquelles quasi aucune information publique n’est disponible. De plus, plusieurs d’entre elles partagent les directeurs et les actionnaires, ainsi que l'adresse postale.
Cette histoire est le résultat d’une collaboration entre la Fondation du journalisme d’enquête et CBC Saskatchewan.
La Saskatchewan est l’un des trois endroits au Canada qui permettent aux entreprises, aux syndicats ou aux associations de partout à travers le pays de financer les partis politiques provinciaux.
Cette situation met en lumière l’utilisation de sociétés coquilles pour dissimuler l’influence d’acteurs, ce qui leur permet de contourner les obligations de divulgation.
D’après la loi saskatchewanaise, un parti ou un candidat ne peut pas accepter de don anonyme de plus de 250 $.
Or, cette réglementation peut être contournée grâce à des sociétés à numéro, qui permettent à ces acteurs d'acheter cet anonymat et de faire des dons plus importants, explique le professeur de sciences politiques à l’Université de Toronto Christopher Cochrane.
Cela ouvre la voie à une forme de transparence trompeuse dans la mesure où personne ne sait réellement qui est le donateur à l’origine d’une société à numéro.
Les Rawlinson, une famille discrète dans ses appuis à Scott Moe
Parmi les entreprises les plus généreuses envers le Parti saskatchewanais en 2025, cinq sont des sociétés à numéro qui n’ont pas de site web ou de magasin physique. Le registre des sociétés révèle que ces entreprises, enregistrées dans trois provinces, sont toutes la propriété de la famille Rawlinson.
Les Rawlinson gèrent six stations de radio à Saskatoon et à Regina. Ils ont d’ailleurs donné une somme totale de 9200 $ au Parti saskatchewanais à travers leurs entreprises Rawlco Radio et Rawlco Capital.
Gordon Rawlinson est responsable de deux entreprises qui ont fait des dons au parti de Scott Moe. Agincourt Investments Ltd. et Tropical Way Properties Ltd. ont fait des dons respectifs de 9800 $ et de 9200 $ en 2025.
L’histoire se répète avec JILLTD Investments, qui a fait un don de 7700 $. Cette fois, c’est Lana J. Rawlinson qui est la directrice et actionnaire de la société.
Deux autres entreprises situées en Ontario et liées à Douglas Rawlinson ont fait des dons de 17 100 $.
Selon des documents d’Élections Saskatchewan, au cours de la dernière décennie, 7 entreprises connectées aux Rawlinson ont donné plus de 460 000 $ au Parti saskatchewanais.
Du côté du Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan, des donateurs ont utilisé des sociétés à numéro. C’est d’ailleurs l’une d’entre elles qui a fait le plus gros don en 2025, tous partis confondus, soit 11 784 $. Cette dernière a donné près de 74 000 $ au cours de la dernière décennie.
En 10 ans, les sociétés à numéro ont donné 438 955 $ aux partis politiques enregistrés en Saskatchewan.
Rawlco Radio ainsi que Gordon et Douglas Rawlinson n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de CBC au moment de la publication de ces lignes.
Recette pour de la corruption
Le cofondateur de l’organisme Démocratie en surveillance Duff Conacher voit d’un mauvais œil ces dons qui sont cachés derrière ces entreprises.
Ce système de dons effectués par l’intermédiaire de ces sociétés à numéro ne sent vraiment pas bon. On dirait que la famille [Rawlinson] cherche à dissimuler le montant réel de ses dons au parti afin d’influencer les décisions de ce dernier, estime Duff Conacher.
[Le système saskatchewanais] est une recette pour de la corruption, du gaspillage des fonds publics, du favoritisme et d’autres abus de pouvoir.
Simon Enoch est chercheur principal au bureau saskatchewanais du Centre canadien de politiques alternatives. Il trouve vraiment déroutante l’utilisation de multiples entreprises par des membres de la famille Rawlinson pour faire des dons.
Pourquoi passer par toutes ces sociétés coquilles? Est-ce parce qu’ils ne veulent pas donner l’impression d’accorder trop de soutien au parti par l’intermédiaire de Rawlco, s'interroge l’expert.
Il note également que Rawlco et ses sociétés affiliées ne semblent pas avoir fait de lobbying auprès du gouvernement provincial au cours de la dernière décennie. Cette situation soulève davantage de questions quant à la raison pour laquelle la famille fait transiter tout cet argent par autant d'entités différentes.
Christopher Cochrane rappelle que des études démontrent que même les petits cadeaux influencent les décisions des politiciens. Il demande à la province de bannir ces dons, puisque c’est antidémocratique de permettre à des entités – les entreprises, les syndicats ou les organisations – qui ne votent pas d'acheter de l’influence.
La Saskatchewan assure que les dons sont transparents
Un porte-parole du gouvernement provincial a assuré par écrit que le système de financement politique est bien établi et transparent, et que la loi électorale fait l’objet d’un réexamen après chaque élection.
Aucun cas précis de détournement de fonds publics, de corruption ou d’abus de pouvoir lié aux dons politiques n’a été identifié. Ces activités sont déjà illégales en vertu de la législation en vigueur.
Bien que le cadre de la Saskatchewan diffère de celui d’autres provinces, il reflète un équilibre qui permet la participation au processus démocratique tout en maintenant les obligations de divulgation nécessaires à la transparence, ajoute la province.
Avec les informations d'Alexander Quon


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