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La génération X aux commandes au Québec : la marque d’un renouveau?

1 month ago 41

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Qui remportera les prochaines élections générales au Québec? Seul l'avenir le dira, mais une chose est certaine : la personne qui sera à la tête du gouvernement après le 5 octobre sera issue de la génération X, une première dans l’histoire de la province. Que signifie ce changement de garde? Entre renouveau et marketing politique, des observateurs hésitent.

Élue récemment cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) et devenue dans la foulée la nouvelle première ministre, Christine Fréchette a souligné plus d'une fois son appartenance à la génération X, ce qui a été vu comme une manière d'incarner sa promesse de changement.

Cependant, elle n'est pas la seule à vouloir représenter un renouveau. Les chefs des cinq partis politiques, tous nés entre 1969 et 1979, font aussi partie de la génération X. Cela marque une rupture après de nombreuses années où des membres de la génération des baby-boomers ont exercé le pouvoir à l’Assemblée nationale.

Années de naissance et âges des chefs

  • Christine Fréchette, première ministre actuelle, cheffe de la CAQ : 1970 (55 ans)
  • Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec : 1979 (47 ans)
  • Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire : 1977 (48 ans)
  • Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois : 1977 (49 ans)
  • Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec : 1969 (57 ans)

Du marketing politique?

Les enjeux qui préoccupent la jeune génération actuelle, que ce soit l’inflation galopante ou l’accès difficile à la propriété, ressemblent étrangement à ceux qui ont marqué la génération X.

Lors de son discours d'assermentation, la première ministre Fréchette a constaté ces parallèles et a souligné qu'elle ne voulait plus jamais qu’une génération [ait] le sentiment d’avoir été sacrifiée.

Bien que les chefs de partis politiques puissent être tentés de puiser dans leur passé pour séduire la jeunesse québécoise, il ne pourrait s’agir que d’une forme de marketing politique, selon la politologue Joanie Bouchard.

Ce n’est pas l’âge d’une personne qui est garante de la façon dont cette personne-là va faire de la politique, dit-elle.

Joanie Bouchard dans une salle de conférence.

Joanie Bouchard est professeure adjointe à École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada

La professeure adjointe à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke croit qu’il est peu probable que les nouveaux chefs de la génération X changent véritablement la dynamique politique au Québec.

Elle explique que les dynamiques partisanes et le cadre des travaux parlementaires à l’Assemblée nationale laissent peu de place aux changements rapides en politique.

Ces personnes-là vont évoluer dans un système, dans des institutions qui sont déjà en place depuis longtemps. Il y a des règles du jeu qui sont déjà en place.

De plus, ajoute Mme Bouchard, ce n'est pas parce qu'une personne est issue de la génération X qu'elle aura nécessairement l'envie ou l'objectif de changer les choses.

Qu'est-ce qui a forgé les X?

Le sociologue Stéphane Kelly est spécialiste de la génération X. Il en est lui-même issu, il l’a étudiée et il a écrit des livres son sujet. L'expert admet que le sujet des générations est extrêmement sensible au Québec.

Il se souvient que la crise économique du début des années 1980 a touché de plein fouet la jeune génération, qui a frappé un mur.

Sur le plan économique, c’est sûr qu’on a vécu des choses beaucoup plus difficiles que les baby-boomers, explique l’essayiste et sociologue. C’est clair qu’il y a un ressentiment. Les gens qui sont arrivés après sont arrivés après le party!

Portrait de Stéphane Kelly.

Stéphane Kelly enseigne la sociologie au Cégep de Saint-Jérôme.

Photo : Radio-Canada

M. Kelly explique qu’après la période faste qu'ont vécue les baby-boomers, où tout était permis et possible, la récession a engendré une inflation élevée. Les jeunes de la génération X peinaient à se trouver un emploi.

Le chômage chez les jeunes a monté à 35 %. Il a commencé à y avoir le phénomène des chômeurs diplômés. On envoie des CV à 100 entreprises… aucun accusé de réception!

Le sociologue explique que la vie d’un X, dans les années 1980-1990, était surtout axée sur la nécessité de se faire une place.

Les chefs actuels aux commandes des partis politiques proposeront-ils de véritables changements? La balle est dans leur camp.

2:50

Le reportage de Pierre-Alexandre Bolduc

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