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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL’enquête du Bureau de la sécurité des transports (BST) sur la collision entre la navette fluviale Navark Faucon Millenium et un bateau de plaisance, survenue le 27 juin 2024 sur le fleuve Saint-Laurent, près de Longueuil, conclut que le conducteur du navire de plaisance n’a pas pu bien évaluer le risque d’abordage, malgré une carte de conducteur valide et plus de 20 ans d’expérience.
Le Navark Faucon Millenium et l’embarcation de plaisance se sont approchés l’un de l’autre sur des routes à peu près opposées à une vitesse combinée de 52 nœuds, et aucun des deux conducteurs n’a changé significativement de cap ni réduit sa vitesse, peut-on lire dans le rapport.
La marge de sécurité était faible lors du passage, conclut le BST, qui établit aussi que le conducteur de l’embarcation de plaisance a probablement sous-estimé sa vitesse de déplacement et ne s’est pas aperçu que le bateau était en déjaugeage (sa coque s’élevait).
Malgré le fait que le conducteur de l’embarcation de plaisance possédait une expérience pratique de la navigation, il n’était probablement pas conscient des risques liés à l’instabilité dynamique et de la nécessité de réduire la vitesse pour maintenir la stabilité et la maîtrise de son embarcation.

Diagramme montrant les positions des deux embarcations cinq secondes avant que l’embarcation de plaisance heurte la proue bâbord du Navark Faucon Millenium, le 27 juin 2024 sur le fleuve Saint-Laurent.
Photo : Bureau de la sécurité des transports (BST)
Une révision de la formation s'impose, selon le BST
Le BST recommande à Transports Canada de réviser le Programme de compétence des conducteurs d’embarcations de plaisance afin de s’assurer que les conducteurs d’embarcations de plaisance acquièrent et maintiennent un niveau de connaissances suffisant pour répondre aux particularités des conditions dans lesquelles ils naviguent.
Quand on parle d’opérer autour du Port de Montréal, dans les écluses, dans les environnements très complexes, la formation qui est donnée – une formation de trois heures, 100 pourcent théorique – ne donne tout simplement pas les compétences et les connaissances nécessaires pour opérer dans ce genre d’environnement.
Le BST estime qu’une meilleure structure de la formation et l’adoption de pratiques bien établies dans d'autres modes de transports, comme la délivrance graduelle du permis de conduire et une formation de rappel périodique, permettraient d’améliorer les compétences des conducteurs.
Des lacunes liées à la formation et à la certification des conducteurs d’embarcations de plaisance avaient déjà été mises en évidence lors d’enquêtes antérieures du BST.
Dans son rapport, le Bureau donne l’exemple de l’abordage du traversier Svanoy et d’une embarcation de plaisance entre L’Isle-aux-Coudres et Saint-Joseph-de-la-Rive en juillet 2023, de même que celui du navire de marchandises générales Saga Beija-Flor et d’une embarcation de plaisance dans le port de Vancouver en octobre 2022.
La navigation de plaisance, une activité populaire, mais risquée
Entre 2012 et 2021, on a dénombré en moyenne 106 pertes de vie par année liées à la navigation de plaisance, dont 57 % mettaient en cause des bateaux à moteur, souligne le rapport d’enquête du BST.
Une carte de compétence plutôt facile à se procurer
Actuellement, on peut obtenir une carte de conducteur d’embarcation de plaisance (CCEP) simplement après avoir réussi un examen théorique en ligne. Aucune formation pratique n’est obligatoire. La CCEP n’expire jamais, aucune révision de la formation ou mise à niveau n’est demandée.
Durant son enquête, le BST a observé que les manuels en ligne en lien avec la CCEP qui ont été échantillonnés, contenaient peu d’orientation sur la manœuvrabilité des bateaux, le comportement des embarcations à grande vitesse et les manœuvres efficaces permettant de se conformer au Règlement sur les abordages lors de la navigation à proximité d’autres bateaux, y compris de grands navires commerciaux.
Le 27 juin 2024, le Navark Faucon Millenium effectuait la navette entre Boucherville, sur la Rive-Sud de Montréal, et le Vieux-Port quand l’accident est survenu. Il transportait 38 passagers et deux membres d’équipage. Plusieurs passagers ont été projetés sur le pont du navire. Neuf passagers ont été transportés à l’hôpital pour un examen médical et des soins. Cinq des six passagers du bateau de plaisance avaient aussi été blessés.


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