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L’UPA exprime ses préoccupations face au projet de TGV

2 days ago 3

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L’Union des producteurs agricoles (UPA), appuyée par des chercheurs et des agriculteurs du Québec et de l’Ontario, s’inquiète du projet de train à grande vitesse (TGV) du consortium Alto. Elle craint des hausses de coûts, des détours importants et, dans certains cas, que leurs terres agricoles soient coupées en deux.

L’UPA critique l’opacité entourant les risques liés au tracé ferroviaire et presse le gouvernement Carney de reconsidérer son projet de TGV.

Pouvant aller jusqu’à 300 km à l’heure, ce type de moyen de transport doit, selon des experts, éviter les courbes et privilégier les tracés droits. Cette contrainte technique restreint considérablement les options pour contourner les obstacles géographiques ou les infrastructures existantes sur le territoire.

De plus, l’UPA craint que l’obligation de clôturer l’infrastructure puisse imposer des détours, tant pour les citoyens que pour les véhicules d’urgence, comme ceux des pompiers et les ambulances.

Certaines terres agricoles pourraient également être scindées en deux. La perte permanente de superficies agricoles et forestières est une préoccupation majeure pour les communautés rurales, tout au long du tracé, affirme l’UPA.

Martin Caron, président de l'UPA.

Martin Caron, qui préside l’UPA, a fait part publiquement de diverses interrogations au sujet du projet de train à grande vitesse (TGV).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Le président de l’UPA, Martin Caron, croit que le TGV pourrait coûter beaucoup plus cher, en plus d’avoir des conséquences considérables sur les terres agricoles. On n’est pas contre la mobilité, on est pour améliorer la mobilité au Canada. Mais c’est l’outil [le problème], précise-t-il.

Il faut que les gens comprennent bien qu’un TGV, c’est une clôture de chaque côté et, quand on demande de faire ça en hauteur, ça ne fonctionne pas parce que ça quadruple les coûts. Donc, on nous dit qu’on va séparer des terres agricoles, déplore-t-il.

Le consortium Alto, responsable du projet de train à grande vitesse, a réagi aux inquiétudes des producteurs agricoles. L’organisation affirme être à l’écoute de leurs préoccupations et évaluer actuellement la mise en place de points de passage afin de limiter le morcellement du territoire.

Affiche de l'UPA, contre le projet de TGV, sur une terre agricole.

L’UPA s’est exprimée lundi matin au sujet du projet de train à grande vitesse du consortium Alto.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Par ailleurs, Alto assure que le maintien des axes routiers majeurs aux niveaux fédéral, provincial et municipal est une priorité. Le consortium mentionne également la possibilité de négocier une entente avec les agriculteurs pour compenser de possibles pertes financières liées à l’aménagement du tracé du TGV sur leurs propriétés.

TGV ou TGF?

L’UPA demande donc au gouvernement de revoir le projet de TGV et d'envisager d’investir dans les infrastructures de transport existantes ou de réfléchir à un projet de train à grande fréquence (TGF).

Selon l'UPA, ce dernier permettrait aux agriculteurs et aux automobilistes de traverser les voies des rails, car il ne nécessite pas d’être clôturé.

De son côté, le vice-président des communications d’Alto rappelle que les deux options ont été considérées. Chacun des consortiums a déposé des projets et le gouvernement du Canada a fait le choix du train à grande vitesse parce que sur le plan des coûts, ils sont assez similaires.

Le vice-président précise que la quasi-totalité des rails actuels appartient aux transporteurs de marchandises, ce qui empêche d’augmenter la fréquence des trains de passagers sur ces voies. Il faut nécessairement construire de nouvelles infrastructures pour un nouveau train. L'investissement pour les deux est similaire, alors que les retombées pour un train à grande vitesse sont de loin supérieures, souligne-t-il.

Il ajoute que le cadre législatif en vigueur restreint la vitesse du TGF à 160 km/h.

Pour dépasser cette limite, l’installation de clôtures et de dispositifs de sécurité nettement plus sophistiqués devient obligatoire. En évaluant le rapport entre les investissements requis et les avantages escomptés, le choix s’est donc arrêté sur le TGV.

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