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L’intensité de la guerre commerciale monte d’un cran

3 hours ago 1

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La riposte de l’administration Trump n’a pas tardé. Moins de 24 heures après l’entrée en vigueur des contre-tarifs canadiens, le président américain a demandé le retrait des produits canadiens des achats des agences gouvernementales américaines. Il a ensuite ordonné l’interdiction d’importations canadiennes de certains produits laitiers, alcoolisés et motorisés, tout en relevant les droits de douane sur d'autres marchandises.

« Pas de réciprocité - pas d'accès! »

Mardi, en fin d’après-midi, le président américain a ordonné à l’Administration des Services Généraux (GSA), l’organisme responsable de l’approvisionnement de différents paliers du gouvernement américain, de bloquer l’accès au Multiple Award Schedule (MAS) pour les fournisseurs canadiens.

À partir de maintenant, PAS DE RÉCIPROCITÉ – PAS D’ACCÈS!, pouvait-on lire dans une publication de Donald Trump à ce sujet sur Truth Social.

Cette mesure sera donc en place jusqu’à ce que le Canada restaure une réciprocité complète et équitable pour les fermiers et les compagnies américaines, a-t-il laissé savoir.

Trump parle devant un micro.

Le président américain Donald Trump prend la parole, debout derrière une vitre de protection, lors de l’événement « Steel Across America », le 8 septembre 2026.

Photo : Reuters / Nathan Howard

Selon les informations de CBC, la valeur totale du programme MAS est de 50,6 G$US par an, mais la valeur totale des contrats obtenus par les entreprises canadiennes était de seulement 57,3 M $US pour l'année 2024-2025. Les fournisseurs canadiens ne représentaient donc que 0,1 % dans les livres du programme américain.

Signature de cinq proclamations

En soirée, l’administration Trump a signé une série de proclamations pénalisant le Canada. Trois d'entre elles interdisent l’importation de produits canadiens, comme des produits laitiers, des boissons alcoolisées et des motocyclettes, à partir du 29 septembre.

Les deux autres proclamations ont modifié la liste de biens canadiens assujettis aux droits de douane de 50 %. Parmi les nouveaux produits, on trouve les fromages, le papier, l’acier, l’aluminium et les matelas. Cependant, d'autres produits, comme des cannes à pêche et des voiturettes de golf, ont été retirés. La nouvelle liste entrera en vigueur le 15 septembre.

6:41

Les détails avec Louis Blouin à Washington et Daniel Thibeault à Ottawa

Pour Jimmy Jean, économiste en chef du Mouvement Desjardins, les nouvelles mesures viennent élargir la cible de l’administration Trump.

Il était beaucoup question des secteurs des biens et de la fabrication, mais là, on commence à élargir le champ aux services et les exportations de services, a déclaré M. Jean sur le plateau d’ICI RDI.

Il estime que ces mesures pourraient avoir un effet boule de neige sur l’économie canadienne et avoir des répercussions sur d’autres aspects, comme les investissements et les embauches.

Des « mesures injustifiées » dit LeBlanc

Le ministre du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, a réagi mardi soir sur X concernant les nouvelles mesures commerciales américaines contre le Canada.

Le gouvernement du Canada évalue actuellement les dernières mesures tarifaires prises par les États-Unis, a-t-il écrit, tout en les qualifiant de mesures injustifiées.

Je suis en contact avec l’ambassadeur [Jamieson] Greer. Lorsque les États-Unis seront prêts à dialoguer, notre gouvernement travaillera de bonne foi et de manière constructive à l’établissement de relations commerciales plus sûres et mutuellement avantageuses, qui respectent pleinement la souveraineté canadienne, a ajouté le ministre fédéral.

De son côté, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a justifié les nouvelles interdictions d’importation américaines en les qualifiant de conséquence naturelle des tactiques commerciales d’Ottawa.

Le Canada a choisi de se lancer dans des mesures de rétorsion insensées à l’encontre des États-Unis, a déclaré M. Greer dans un communiqué de presse publié mardi soir.

La mesure prise aujourd’hui [par Trump] est une conséquence naturelle du traitement discriminatoire que le Canada continue d’appliquer à des exportations américaines essentielles, allant des boissons alcoolisées aux produits laitiers en passant par les véhicules à moteur, a-t-il ajouté.

Riposter à la riposte

Ces nouvelles mesures du camp américain sont survenues le jour de l’entrée en vigueur des droits de douane de rétorsion imposés par le gouvernement Carney.

Ces nouveaux tarifs de 15 %, de 25 % et de 50 % s’appliquent sur près de 28 G $ de produits américains.

Ils ont été établis en réplique à la salve tarifaire de 50 % des États-Unis sur une valeur équivalente de produits canadiens, à la fin août.

5:45

Regardez l'entrevue avec Sébastien Mc Mahon, économiste en chef du groupe iA Financier

Mark Carney avait d'ailleurs commencé la journée de mardi avec la publication d’une vidéo expliquant la réplique du Canada.

Je ne souhaite pas une escalade du conflit, parce que ce n'est pas constructif, mais on doit appliquer ces droits de douane pour protéger nos travailleurs, nos entreprises et nos communautés, expliquait le premier ministre du Canada dans la vidéo d'une vingtaine de minutes.

Je ne vous dirai pas le contraire : ce ne sera pas facile. Mais le Canada a déjà traversé bien des tempêtes. Et ce qui lui a permis de tenir le coup, ça n'a jamais été une seule mesure, c'est que les Canadiennes et les Canadiens se serrent les coudes, ajoutait-il.

Selon l’ancien premier ministre du Québec et membre du Comité consultatif sur les relations économiques entre le Canada et les États-Unis, Jean Charest, le Canada s’implique dans cette guerre commerciale à regret.

On le fait parce que ça semble être le seul langage que le gouvernement Trump comprend. Lorsque nous faisons des contre-tarifs, on comprend très bien qu'on se fait mal à nous même, mais on est dans un monde où il n'y a que de mauvais choix, s’est désolé M. Charest lors d’une entrevue sur les ondes d’ICI RDI.

11:52

Regardez l'entrevue avec Jean Charest, ancien premier ministre et membre du Conseil sur les relations canado-américaines

De son côté, la première ministre québécoise Christine Fréchette a tenu une conférence de presse mardi en lien avec la guerre commerciale.

Le Québec fait face à un intimidateur. Face à lui, on a deux choix : soit on s'incline et on finit à genoux, soit on garde la tête haute et on se tient debout. Comme première ministre, j'ai fait mon choix : je vais me tenir debout pour le Québec.

Mme Fréchette a annoncé qu’elle compte se servir des achats du gouvernement comme d'un bouclier, notamment grâce à la mesure qui réserve certains appels d'offres publics aux entreprises locales jusqu’au mois de janvier.

Elle a aussi fait appel à la solidarité de la population pour tenir tête à l’intimidateur américain en suggérant d’acheter québécois : Juste au niveau des consommateurs, si chaque famille augmente de 25 $ par semaine ses achats auprès d'entreprises québécoises, ça va injecter à terme 3 milliards de dollars dans l'économie.

Bombardier impliqué, malgré lui

Le fleuron de l’aérospatiale canadien, Bombardier, a aussi attiré l’attention ces derniers jours. Cible de menaces par Donald Trump lundi, plusieurs personnes sont venues à sa défense mardi.

7:47

L'administration Trump tente d'exploiter les relations parfois tendues entre le Québec et le reste du Canada, explique Chantal Hébert.

Pour Jean Charest, ce nouveau développement entourant la compagnie canadienne est digne du théâtre de l’absurde.

Selon lui, le président Trump se tire dans les deux pieds en s’attaquant à l'entreprise, qui est bien implantée dans une quarantaine d’États américains. Bombardier emploie d'ailleurs 3500 personnes aux États-Unis, dont plus de 40 % à Wichita, au Kansas.

Il y a davantage de contenus américains dans un avion Bombardier que dans un avion américain de Gulfstream. […] C’est le genre de truc que M. Trump avance et à un moment il met de côté, parce qu’il réalise qu’il se fait mal à lui-même.

Au sud de la frontière, les sénateurs républicains du Kansas Roger Marshall et Jerry Morand se sont portés à la défense de Bombardier.

Je me suis adressé à l’administration Trump pour m’assurer que le président soit conscient de l’importante contribution de Bombardier au Kansas, ainsi que de l’importance de sa présence à Wichita pour de nombreux travailleurs du Kansas, a dit M. Morand.

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