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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDeux médecins sonnent l'alarme à propos du déploiement du Dossier santé numérique (DSN), prévu en mai.
Ça n'a pas de sens! Je comprends qu’il y ait une adaptation, mais ça n'a pas d'allure, la façon dont c’est fait : on n’est pas formés, on n’est pas épaulés, déplore la Dre Dominique Synnott en entrevue à l'émission Les faits d'abord, sur ICI Première.
Dans un rare témoignage à visage découvert, cette chirurgienne spécialisée en oncologie et en traumatologie à l'Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal critique le projet piloté par Santé Québec, qui n'est absolument pas sur le terrain et ne comprend pas la réalité des médecins.
De son côté, le Dr Lawrence Leroux, anesthésiologiste au CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal, s'inquiète de certains problèmes techniques qui compliqueront la vie des médecins, pour qui chaque seconde compte.
Le DSN doit faire passer le réseau de la santé de l'ère du papier à la modernité avec la numérisation des dossiers des patients, des ordonnances, des rendez-vous et de la gestion des blocs opératoires. Il sera d'abord lancé, comme projet-pilote, en Mauricie et au Centre-du-Québec ainsi qu'au CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal.
On n’est pas prêts pour ça, signale la Dre Synnott. Elle remet en question le choix de tester le logiciel élaboré par l'entreprise américaine Epic Systems à l’hôpital du Sacré-Cœur. Ça n'a pas de sens : c'est la plus grosse urgence au Québec, c'est le plus gros centre de traumatologie tertiaire, dénonce-t-elle en entrevue avec Alain Gravel.
Des dossiers vides
La Dre Dominique Synnott et le Dr Lawrence Leroux insistent : ils ne sont pas contre le DSN en soi.
Ce qu'ils dénoncent, ce sont les ratés techniques, par exemple le fait que le système soit importé des États-Unis et qu'il ne soit pas adapté au Québec, notamment en matière linguistique.
Comme chirurgiens, on doit être rapides et efficaces, mais on n'est pas capables de trouver les renseignements qu'on veut rapidement sur ce dossier santé numérique, déplore la Dre Synnott.
À l'urgence, les patients ont besoin d’avoir des soins dans l’immédiat, donc tout délai peut créer des [problèmes en matière] de sécurité, renchérit le Dr Leroux.
Autre problème, selon la Dre Synnott : les dossiers numériques de ses patients vont être vides, vides, vides. Il n’y a personne qui va transférer les données des patients dans le DSN : c’est les docteurs qui vont le faire, poursuit-elle, ajoutant qu'il s'agit d'une tâche impossible à réaliser pour les médecins, qui doivent soigner des patients.
Elle dénonce également un manque de formation pour savoir sur quel bouton cliquer.
En août dernier, l'ex-ministre de la Santé Christian Dubé avait par ailleurs été contraint d'injecter 95 millions de dollars supplémentaires dans ce projet pour de la formation. En mars, Radio-Canada avait également révélé que certaines formations étaient offertes uniquement en anglais.
Souveraineté numérique
Autre sujet d’inquiétude concernant le DSN : des données sensibles de patients québécois pourraient se retrouver entre les mains d'entreprises américaines, qui ne sont pas soumises à nos lois.
Même le ministre québécois de la Cybersécurité et du Numérique, Gilles Bélanger, a admis cette semaine à Radio-Canada que nos données de santé ne sont pas du tout en sécurité.
Le fait qu'une puissance étrangère soit capable d’avoir accès aux dossiers médicaux de patients québécois représente une menace quant à la souveraineté numérique du Québec, selon le Dr Leroux.
Santé Québec se veut rassurante
Sur les réseaux sociaux, Santé Québec répond à certaines inquiétudes à propos du DSN.
La sécurité des usagers demeure, en tout temps, notre priorité absolue, assure la société d'État sous une publication du député du Parti libéral Monsef Derraji.
Dans cette optique, des plans de mitigation détaillés ont été élaborés afin d'anticiper les impacts potentiels du déploiement, peut-on lire.
Santé Québec ajoute que la préparation des équipes est au cœur de la démarche du DSN, mais elle dit comprendre les préoccupations sur le terrain, qui sont prises au sérieux et font l'objet d'un suivi constant.


1 month ago
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