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Un nouveau parti, Osons Québec, voit le jour en pleine campagne électorale

6 hours ago 6

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Une nouvelle offre s'ajoute à un éventail déjà bien garni de formations aspirant à faire élire des députés à l'Assemblée nationale le 5 octobre prochain. Une initiative de dernière minute, qui obligera ses instigateurs à redoubler d'ardeur pour s'organiser et présenter des candidats en vue du scrutin.

Osons Québec a obtenu sa reconnaissance du Directeur général des élections (DGE), mercredi dernier.

Cette nouvelle formation n'a pas de chef à proprement parler, mais un « leader » et « porte-parole » : l'entrepreneur Martin Charron, un ancien membre du Parti conservateur du Québec (PCQ), qui s'est beaucoup impliqué dans la formation d'Éric Duhaime ces dernières années.

M. Charron a déjà été conseiller municipal de Brownsburg-Chatham, où il vit, dans les Basses-Laurentides. Il s'est également présenté dans Argenteuil—La Petite-Nation, l'an dernier, pour le Parti conservateur du Canada (PCC), terminant deuxième avec 24,8 % des voix.

En entrevue avec Radio-Canada, le leader d'Osons Québec admet que la formation politique qu'il représente arrive dans la campagne électorale à minuit moins une. Ça s'est décidé un peu sur le tard, raconte Martin Charron. Ce n'est pas un grand groupe encore. On a 132 membres, donc c'est une petite organisation.

C'est sûr qu'il n'y a jamais eu dans l'histoire du Québec une organisation qui a gagné la première élection, reconnaît-il. Donc, ce qu'on veut surtout, c'est impacter le discours ambiant, montrer qu'il y a d'autres façons de penser et de faire les choses au Québec.

L'agenda d'Osons Québec est ambitieux. Ce tiers parti, que Martin Charron présente comme centriste, veut notamment réformer la Constitution canadienne et doter le Québec de sa propre loi fondamentale afin de tourner le dos au système parlementaire britannique et adopter le modèle de démocratie semi-directe de la Suisse.

Il met aussi de l'avant une méthode baptisée GAR (Gain, Action, Ressource), un cadre d'analyse exigeant de tout projet public qu'il démontre un gain humain quantifiable (baisser l'incidence d'une maladie, par exemple) avant d'y affecter des ressources.

Le credo, c'est le suivant : tout ce qu'on pense, tout ce qu'on écrit, tout ce qu'on lit, tout ce qu'on fait, est-ce que c'est bon pour le citoyen, ça? Tout le temps, tout le temps, tout le temps. C'est comme une maladie mentale, ou presque.

M. Charron explique que les fondateurs d'Osons Québec comme lui sont insatisfaits de l'offre politique actuelle. Les autres partis, selon lui, manquent de rigueur. Il compare leur offre à un buffet à volonté de toutes sortes de solutions qui semblent sorties de nulle part et qui n'ont pas l'air attachées à la réalité.

Le leader d'Osons Québec prend pour exemple la troisième voie qu'Éric Duhaime souhaite ajouter sur le pont reliant Québec à l'île d'Orléans, ou les 20 000 postes de fonctionnaires qu'il promet d'abolir s'il prend le pouvoir. Ces promesses, selon lui, ne reposent pas sur des études sérieuses.

Questionné sur ce qu'il pense du PCQ en général, Martin Charron demeure toutefois prudent, lui qu'Éric Duhaime présentait en 2024 comme analyste et chargé du projet de 3e lien routier entre Québec et Lévis pour le Parti conservateur du Québec.

La page est tournée, dit-il. Ce n'est pas parce que je suis sorti du Parti conservateur que je vais attaquer le Parti conservateur. Je suis quelqu'un qui veut proposer quelque chose de positif aux citoyens, explique M. Charron.

Plus que quelques semaines pour trouver des candidats

Autorisée par le DGE, Osons Québec devient la 21e formation politique reconnue dans la province. Pour le rester, le parti devra néanmoins recruter un minimum de deux aspirants députés d'ici la fin de la période de mises en candidature, le 17 septembre, à 14 h. Sans cela, il perdra son statut.

Une exigence qui ne fait pas peur à M. Charron, qui aimerait lui-même briguer les suffrages chez lui, dans Argenteuil.

Parmi les autres membres fondateurs d'Osons Québec figure un autre ex-militant du PCQ, Ludovic Mbany, qui s'était porté candidat l'an dernier pour le Parti populaire du Canada (PPC) de Maxime Bernier dans la circonscription lavalloise d'Alfred-Pellan. Il avait alors terminé cinquième et dernier, avec 0,70 % des voix.

M. Mbany est inscrit auprès du DGE comme chef d'Osons Québec, mais il ne s'agit là que d'une formalité, puisque la formation préconise une direction collégiale, un peu comme Québec solidaire. Nicolas Tétrault, conseiller municipal à Montréal de 2001 à 2005, fait aussi partie de l'équipe dirigeante de la formation.

La création d'Osons Québec n'est pas sans rappeler celle, plus tôt cette année, du Parti populaire du Québec (PPQ), lui aussi mis sur pied par d'anciens militants du PCQ et du PPC. Ludovic Mbany avait d'ailleurs contribué à la naissance de cette formation politique, avant de s'en dissocier.

Osons Québec, sur son site web (nouvelle fenêtre), a mis en ligne lundi 109 propositions, toutes accompagnées de vidéos générées par l'intelligence artificielle. Autant d'idées que les électeurs n'auront que quelques semaines pour découvrir avant de voter.

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