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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayS'unir face à un Iran belliqueux et prendre acte des défaillances américaines : le pacte de défense conclu vendredi entre Ryad, Ankara et Islamabad, trois alliés stratégiques de Washington, nourrit avant tout ces deux objectifs, selon des analystes.
Alors que la guerre au Moyen-Orient s'enlise, l'accord lie ces puissants pays à majorité sunnite par une clause de défense mutuelle de type OTAN, toutefois peu susceptible d'être activée d'après ces experts, et adresse aussi un message à Israël.
Pourquoi maintenant?
Près de six mois après le début du conflit, les États-Unis ont échoué à porter un coup décisif à l'Iran, qui continue de verrouiller le détroit d'Ormuz tandis que ses alliés houthis du Yémen perturbent la navigation en mer Rouge, deux routes maritimes stratégiques.
La guerre a bouleversé l'architecture sécuritaire de la région, longtemps fondée sur la suprématie militaire américaine et les garanties de sécurité offertes par Washington à ses alliés.

La guerre entre l'iran et les États-Unis a bouleversé l'architecture sécuritaire de la région. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / ATTA KENARE
Malgré leurs nombreuses bases dans toute la région, les forces américaines peinent à intercepter l'ensemble des drones et missiles balistiques tirés par l'Iran et ses mandataires, notamment sur les pétromonarchies du Golfe.
La nouvelle alliance atteste que la capacité de dissuasion américaine a été significativement affaiblie, la menace iranienne devant de plus en plus être gérée par les puissances régionales, écrit sur X Ali Shihabi, analyste politique proche du gouvernement saoudien.
Le riche royaume saoudien s'est placé au centre de la nouvelle alliance, conclue vendredi dans la ville la plus sainte de l'islam, La Mecque.
Entretenant de longue date une coopération militaire avec le Pakistan, avec lequel il avait signé un accord de défense mutuelle en septembre 2025, Ryad s'est au fil de la guerre rapproché de la Turquie, après des années de relations tendues.
Quel intérêt pour chacun des pays?
Ces trois pays sont exceptionnellement complémentaires, dit Andreas Krieg, enseignant en sécurité au King's College de Londres, qui décrypte la situation pour l'AFP.
Si Ryad, premier exportateur de brut du monde, dispose d'importantes ressources financières, sa profondeur militaro-industrielle est limitée, relève-t-il.
Le cas de figure est inversé pour la Turquie et le Pakistan, dotés d'une puissante armée.

Des militaires pakistanais se tiennent à côté d'un missile balistique surface-surface Shaheen III lors du défilé militaire de la Journée du Pakistan à Islamabad. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / AKHTAR SOOMRO
Selon M. Krieg, la Turquie, membre de l'OTAN, a la technologie et la capacité de production, mais a besoin de marchés et d'investissements, tandis que le Pakistan dispose de main-d'œuvre [...] et de la dissuasion nucléaire, mais a besoin de financements et d'opportunités industrielles.
Combinés, ces facteurs offrent en théorie une force de frappe considérable aux trois alliés.
Pour cet analyste, il est dans l'intérêt de Ryad de rechercher plusieurs couches de sécurité plutôt qu'un unique parapluie américain. Ce pacte comble un vide, notamment parce que Washington ne freinera pas Israël, poursuit-il.
Attaquer l'Iran?
Les analystes jugent le trio peu susceptible d'attaquer l'Iran, même en cas de nouvelles frappes contre l'Arabie saoudite.
La Turquie et le Pakistan se voient comme des "stabilisateurs" et veulent créer une dynamique politique, explique Asli Aydintasbas, chercheuse à la Brookings Institution.
Pour Hesham Alghannam, un expert en sécurité saoudien, Islamabad pourrait renforcer son rôle dans la défense aérienne saoudienne, et la Turquie, accélérer les transferts industriels, si Téhéran ciblait de nouveau Ryad.

Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, et certains de ses ministres sont photographiés devant un drone armé, lors d’un salon de la technologie et de l’aéronautique à Istanbul, en Turquie.
Photo : via reuters / Murat Cetinmuhurdar/Bureau de la presse présidentielle
Cet accord change la donne pour quiconque envisagerait de poursuivre des frappes contre les infrastructures saoudiennes : la réponse ne serait plus du seul ressort de l'Arabie saoudite, dit l'analyste.
Contrer Israël?
Sur fond de divisions entre les pays du Golfe et de fortes tensions turco-israéliennes déclenchées par la guerre à Gaza, les Émirats arabes unis et Israël – qui se sont rapprochés pendant la guerre – devraient tous deux se montrer méfiants envers la nouvelle alliance, estiment les analystes.
Brouillés avant la guerre, Ryad et Abou Dhabi se sont récemment réconciliés, mais divergent notamment sur leurs relations avec Israël.
Les Émirats arabes unis les ont normalisées – avec Bahreïn et le Maroc – dans le cadre des accords d'Abraham promus par Donald Trump, tandis que Ryad conditionne une telle évolution à la reconnaissance par Israël d'un État palestinien.
Washington aurait souhaité une architecture sécuritaire incluant Israël et reste désireux de voir l'Arabie saoudite normaliser ses liens. Cette alliance ne va absolument pas dans ce sens, juge H.A. Hellyer, du Royal United Services Institute.
Pour lui, le nouveau pacte traduit une volonté de contrer à la fois le projet d'hégémonie iranienne et celui de la suprématie israélienne.


4 weeks ago
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