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Les six candidats pour diriger l’ONU ont débattu à New York

1 month ago 13

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Les six candidats au poste de secrétaire général de l'ONU ont tous défendu, jeudi, lors d'un débat policé dans la très symbolique salle de l'Assemblée générale, l'importance de restaurer la crédibilité d'une organisation en crise, une semaine avant le début formel d'un processus de sélection crucial dans un monde fragmenté.

Alors que la campagne sans clair favori peine à provoquer un véritable enthousiasme, la Chilienne Michelle Bachelet, l'Équatorienne Maria Fernanda Espinosa, l'Argentin Rafael Grossi, la Costa-Ricaine Rebeca Grynspan, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et le Sénégalais Macky Sall ont répondu pendant près de deux heures aux questions de diplomates, d'employés de l'ONU, de représentants de la société civile et de deux journalistes de Bloomberg, qui pilotait et diffusait cet événement. Sans jamais s'interpeller directement.

Première question : Qu'est-ce qui fait de vous la meilleure personne pour être secrétaire général?

En deux minutes chacun, ils ont mis en avant leurs atouts pour répondre à une époque particulièrement difficile dans un monde ravagé par les conflits, évoquant leurs expériences nationales ou internationales et leur capacité à parler à tout le monde.

Et tous ont souscrit au même diagnostic d'une ONU en crise financière, largement critiquée et qui a besoin de poursuivre plus avant la réforme en cours lancée par le secrétaire général Antonio Guterres, qui quittera son poste le 31 décembre 2026.

Dans cinq ans, je ne veux plus qu'on me demande "où est l'ONU?" [...] Je voudrais voir l'ONU de retour à la table dans les scénarios de conflits, a déclaré Rebeca Grynspan, patronne – en retrait pour la campagne – de l'agence de l'ONU pour le commerce et le développement.

Pendant mes 100 premiers jours, je veux restaurer la confiance et remettre l'ONU sur le chemin qui lui permettra de devenir plus agile, plus efficace, plus prête à écouter, à agir et à rassembler, a assuré l'ancien président sénégalais Macky Sall, se présentant comme un bâtisseur de ponts.

Insistant comme ses adversaires sur le besoin de renforcer le rôle du secrétaire général, l'ambassadrice guyanienne Carolyn Rodrigues-Birket a souligné que l'occupant de ce poste n'a pas le luxe de négliger d'agir. Je serais une secrétaire générale qui essaie, que ce soit en Iran, en Haïti, au Soudan ou en République démocratique du Congo.

Rafael Grossi, patron de l'Agence internationale pour l'énergie atomique, a aussi plaidé pour que le secrétaire général intervienne quand n'importe quel État membre provoquera une guerre. Nous avons besoin de ça pour restaurer la crédibilité de l'ONU.

Éviter de froisser

 Rebeca Grynspan, Carolyn Rodrigues Birkett et Macky Sall.

Les six candidats ont répondu aux questions pendant près de deux heures.

Photo : AFP / LEONARDO MUNOZ

L'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet a assuré qu'elle ne céderait pas à la pression d'un puissant pays donateur qui voudrait éviter les critiques : J'exprimerais haut et fort ce que je considère comme mon autorité morale et mon devoir.

L'ancienne présidente de l'Assemblée générale de l'ONU Maria Fernanda Espinosa a quant à elle insisté sur la prévention des conflits, pas un slogan, mais un principe opérationnel, promettant d'être sur le terrain elle-même, portant le drapeau de l'ONU.

L'ONU fait face à une profonde crise financière et de confiance, accusée notamment par l'administration de Donald Trump de dépenser sans compter, en se dispersant, et sans résultats satisfaisants.

Alors que les États-Unis et les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité (France, Royaume-Uni, Russie, Chine) peuvent se servir de leur veto au moment de la sélection, les candidats doivent naviguer entre les exigences américaines et les lignes rouges d'autres États, pas toujours claires.

Dans ce contexte, la course reste prudente, les candidats voulant éviter de froisser les États-Unis et d'autres puissances ayant le droit de veto, a estimé Richard Gowan, de l'International Crisis Group.

Le 30 juillet, les 15 membres du Conseil de sécurité doivent à huis clos et anonymement se prononcer pour la première fois sur leur préférence parmi les candidats.

Ce premier vote indicatif sera suivi d'un nombre non défini de votes similaires jusqu'à ce qu'un candidat puisse réunir les neuf voix nécessaires sans aucun veto des cinq membres permanents. Le nom du candidat ainsi choisi sera alors transmis à l'Assemblée générale pour la nomination formelle du secrétaire général, qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2027.

J'ai l'impression que Grossi est toujours le plus fréquemment cité comme favori, mais il n'a pas verrouillé la course. D'autres candidats comme Grynspan et Rodrigues-Birkett ont aussi beaucoup d'admirateurs, note Richard Gowan, soulignant que la surprise pourrait venir d'un candidat encore non déclaré.

De nombreux noms circulent, notamment celui du président de la FIFA Gianni Infantino, que Donald Trump voudrait voir prendre la tête de l'ONU, selon le New York Post.

En vertu d'une tradition de rotation géographique pas toujours suivie, le poste est réclamé cette fois-ci par l'Amérique latine. De nombreux États plaident également pour qu'une femme l'occupe pour la première fois.

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