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Les prix de l’essence repartent à la hausse pour les vacances

1 month ago 10

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Les coûts du carburant sont en hausse au Québec, comme partout ailleurs au Canada, en pleine période des vacances de la construction. En cause? Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui ont propulsé le prix du pétrole brut à son plus haut niveau en un mois.

Selon le tableau de bord des prix de l’essence de Radio-Canada, le prix moyen à la pompe au Québec a atteint 189,2 ¢/L jeudi après-midi, soit une hausse d'environ 7 cents par rapport à la semaine dernière et de 16 cents par rapport au mois précédent.

C’est dans le Nord-du-Québec, puis en Abitibi-Témiscamingue et à Montréal, que l’essence ordinaire se vend le plus cher, en moyenne, avec des prix qui frisent les 2 dollars.

À l’opposé, le Saguenay–Lac-Saint-Jean et l’Outaouais ont les prix moyens les moins élevés de la province, selon les données de la Régie de l’énergie du Québec compilées par Radio-Canada.

La hausse des prix de l’essence a de quoi saper le moral des vacanciers qui s’apprêtent à prendre la route ou de ceux qui sont déjà partis. C'est décourageant, surtout dans le temps des vacances, indique une automobiliste interrogée alors qu’elle faisait le plein dans une station-service de la métropole.

J'en mets moins, souligne une autre. Ça coûte plus cher, vraiment, surtout que j'ai un long trajet à faire.

2:16

Partout au Canada

Gasbuddy, qui recueille des données participatives sur les prix à la pompe partout au Canada et aux États-Unis, indique pour sa part que la moyenne nationale canadienne s'établit désormais à plus de 180 ¢/L.

Patrick De Haan, responsable de l'analyse pétrolière chez Gasbuddy, estime que ce prix pourrait encore augmenter de cinq à dix cents au cours des deux prochaines semaines, à mesure que l'impact de la hausse du prix du baril de pétrole brut se répercutera pleinement sur la chaîne d'approvisionnement.

Les prix du pétrole se sont envolés, jeudi, le baril de Brent – la référence mondiale pour le pétrole brut extrait de la mer du Nord – repassant au-dessus des 100 $ US (+7,04 %). Les attaques en mer Rouge exacerbent les craintes sur l'approvisionnement du marché, déjà secoué par la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz.

Ce seuil n’avait pas été franchi depuis le mois de mai pour le Brent.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), qui est quant à lui le prix de référence pour le pétrole brut léger nord-américain, a gagné 6,17 % par rapport à la veille, atteignant 92,19 $ US.

Patrick De Haan estime d’ailleurs que le prix d’un autre carburant dérivé du brut – le diesel – pourrait atteindre un nouveau record dans les semaines à venir, ce qui ferait grimper les coûts pour les entreprises qui utilisent des tracteurs, des camions, des trains et des engins de chantier.

Une autre mauvaise nouvelle pour les consommateurs, prévient l’Association du camionnage du Québec. Dans tout produit acheté chez un commerçant, il y a, dans le prix de vente, le prix du transport qui est inclus, souligne son PDG, Marc Cadieux.

Tensions géopolitiques

Cette hausse des prix du brut survient alors que l’Ukraine prend pour cible les raffineries russes et que le conflit entre les États-Unis et l’Iran s’intensifie, les rebelles houthis soutenus par l’Iran perturbant une voie maritime stratégique en mer Rouge.

La zone est cruciale pour le commerce maritime mondial, notamment parce que les navires souhaitant rejoindre ou quitter le canal de Suez y transitent. Avec la guerre au Moyen-Orient, elle est aussi devenue une voie majeure pour les exportations d'hydrocarbures du Golfe.

L'Arabie saoudite, premier exportateur de brut du monde, y avait réacheminé une grande partie de ses livraisons pour contourner le blocage iranien du détroit d'Ormuz au printemps. Si elle n'est plus en mesure d'acheminer son pétrole, la perturbation de l'approvisionnement s'aggravera pour le reste du monde, préviennent les experts.

On perdrait quand même une part importante du pétrole qui circulait depuis le début des hostilités, environ 5 millions de barils de pétrole. Ce n'est pas rien, souligne Yvan Cliche, chercheur en énergie au CÉRIUM. C'est 5 millions de barils de pétrole qui ont pu continuer à circuler et à alimenter le marché mondial.

En l'absence de développement tendant vers un apaisement des tensions, et maintenant que « le seuil psychologique » des 100 $ US le baril a été franchi, les analystes s’attendent à de nouvelles hausses de prix dans les prochains jours.

Avec les informations de l'Agence France-Presse, de La Presse canadienne et d'Aimée Lemieux

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