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Les élections partielles fédérales de 2026 devraient coûter plus de 24 millions $

3 weeks ago 8

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Les élections partielles fédérales organisées cette année pour remplacer les députés sortants devraient coûter plus de 24 millions $ aux contribuables, selon une estimation d’Élections Canada.

L’organisme électoral a précisé que, bien que le coût d’une élection partielle puisse varier en fonction de nombreux facteurs, notamment le lieu et la durée, l’organisation d’une seule élection partielle coûte en moyenne 2 millions $.

Trois élections partielles ont déjà eu lieu cette année. Trois autres sont prévues le 31 août.

Un siège au Québec demeure vacant, avec aucune élection partielle prévue, et cinq démissions de députés sont attendues dans les semaines à venir.

Dans l’état actuel des choses, 2026 pourrait connaître un total de 12 élections partielles, ce qui constituerait le nombre le plus élevé depuis des années.

L’année la plus récente à laquelle on peut comparer cette situation est 2017. Il y avait alors eu 11 élections partielles. Élections Canada avait estimé le coût de ces scrutins à environ 10 millions $.

Une urne d'Élections Canada.

Avec 12 élections partielles, 2026 pourrait être l'année à en avoir le plus depuis au moins une décennie. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les précédents rapports d’Élections Canada sur les élections partielles, notamment ceux de 2024 et de 2020, indiquaient que leur organisation coûte généralement plus cher dans la région du Grand Toronto en raison des prix plus élevés de la location des locaux et de la publicité.

Des électeurs pris au dépourvu

Jonathan Malloy, professeur de sciences politiques à l’Université Carleton, croit que le nombre élevé de démissions de députés est lié au fait que les électeurs ont été pris au dépourvu par les élections de 2025, qui ont permis aux libéraux de rester au pouvoir.

Je pense que la raison la plus évidente est que le scrutin a été serré et qu’il s’est avéré très différent de ce à quoi les gens s’attendaient, même trois mois auparavant. En conséquence, cela a incité certaines personnes à prendre des décisions de carrière différentes de celles qu’elles avaient prévues, a-t-il souligné.

M. Malloy a ajouté que les conservateurs pouvaient raisonnablement penser qu’ils allaient occuper les bancs du gouvernement début 2025, et que de nombreux libéraux s’attendaient à se présenter sous la houlette de Justin Trudeau.

Si M. Malloy a comparé la transition des libéraux de M. Trudeau au premier ministre Mark Carney à leur passage de Jean Chrétien à Paul Martin, il a souligné que ce changement de direction antérieur s’était opéré sur plusieurs années et avait permis à Paul Martin de s’entourer d’une équipe entièrement nouvelle.

Dans ce cas précis, les membres du Parti libéral n’ont pas eu le temps de se demander : "Est-ce que je veux suivre Mark Carney, qui n’a été premier ministre que pendant environ une semaine avant de déclencher les élections?"

Je pense qu’il n’y a tout simplement pas eu le même délai pour que beaucoup de gens puissent prendre une décision au sein du Parti libéral, a précisé M. Malloy.

Dennis Pilon, professeur au Département de sciences politiques de l’Université York, croit que les Canadiens ont des opinions partagées sur le nombre d’élections partielles.

Il a ajouté que, même s’il doutait que les gens soient favorables à l’interdiction des démissions de députés, ces départs soudains avaient des conséquences plus larges.

Les Canadiens vous ont donné le feu vert pour mener certaines actions, ou du moins pour les défendre, au Parlement, puis pour vous retirer, compte tenu du coût et des enjeux pour tout le monde. […] Or, les résultats de cette élection, qui était censée durer un certain temps, ont en quelque sorte été réduits à néant, a avancé M. Pilon.

Une élection partielle a eu lieu en août 2025 dans la circonscription de Battle River-Crowfoot, en Alberta.

Le chef conservateur Pierre Poilievre s’y est présenté et a remporté le siège après avoir perdu sa circonscription de la région d’Ottawa face au libéral Bruce Fanjoy lors des élections générales. Damien Kurek, qui avait été élu en avril, a démissionné pour permettre à M. Poilievre de se présenter.

Anaida Poilievre, Pierre Poilievre, Damien Kurek et Danielle Kurek sourient sur une estrade.

Pierre et Anaida Poilievre, aux côtés de Damien et Danielle Kurek, célèbrent la victoire du chef du Parti conservateur dans Battle River–Crowfoot. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Le rapport d’Élections Canada sur l’élection partielle de 2025 estime que celle-ci, qui s’est tenue en août, a coûté 2,3 millions $ aux contribuables.

L’organisme a attribué ce coût supérieur à la moyenne à l’inflation, qui a fait grimper les frais d’impression, les frais liés aux locaux et les besoins en technologies de l’information. Le rapport précise également que la longue période électorale de 49 jours a alourdi le coût global.

Trois élections partielles, toutes remportées par les libéraux, ont eu lieu en avril. Deux de ces scrutins se sont déroulés dans la région du Grand Toronto pour remplacer les anciens ministres Chrystia Freeland et Bill Blair.

L’élection partielle d’avril dans la circonscription québécoise de Terrebonne a été déclenchée après que la Cour suprême du Canada a invalidé le résultat de l’élection générale en raison d’une erreur administrative concernant l’adresse de retour figurant sur certains bulletins de vote par correspondance.

Une affiche du Bloc québécois et une affiche du Parti libéral du Canada côte à côte montrant les chefs et leur candidate respective.

Les électeurs de Terrebonne se sont prononcés à deux reprises pour élire leur députée après que la Cour suprême eut invalidé le scrutin en raison d'une erreur administrative. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Élections Canada publie un rapport réglementaire sur les élections partielles une fois par an; les coûts liés à ces scrutins ne seront donc pas rendus publics avant début 2027.

M. Pilon a affirmé que la démocratie coûte cher et qu’il est tout à fait normal que les personnes qui travaillent à l’organisation des élections soient rémunérées de manière équitable.

Ce qui est vraiment formidable dans la situation actuelle, c’est que, même si l’opinion publique est divisée selon des clivages partisans, elle ne tend pas à se diviser sur la question de savoir si l’administration électorale est équitable ou adéquate, a-t-il ajouté.

Nombreuses élections prévues

Trois autres élections partielles sont prévues le 31 août dans les circonscriptions de North Vancouver–Capilano, de Chicoutimi–Le Fjord au Québec et de Beaches–East York à Toronto, afin de remplacer des députés qui ont quitté leurs fonctions pour saisir d’autres occasions.

L’ancien ministre libéral Jonathan Wilkinson a démissionné de son siège de North Vancouver–Capilano pour devenir ambassadeur du Canada auprès de l’Union européenne, tandis que Nate Erskine-Smith a démissionné de son siège de Beaches–East York pour se présenter, sans succès, à la direction du Parti libéral de l’Ontario.

Jonathan Wilkinson, ministre canadien de l'Énergie et des Ressources naturelles, participe à une interview avec les médias lors de la CERAWeek à Houston, au Texas (États-Unis), le 11 mars 2025.

Jonathan Wilkinson a été nommé ambassadeur du Canada auprès de l'Union européenne en avril. (Photo d'archives)

Photo : Reuters / Kaylee Greenlee

Le conservateur québécois Richard Martel a été nommé au Sénat, libérant ainsi le siège de Chicoutimi–Le Fjord.

Six autres élections partielles devront être organisées dans un avenir proche.

Le député du Bloc québécois Simon-Pierre Savard-Tremblay a démissionné en juin pour se présenter sous la bannière du Parti québécois aux élections provinciales prévues en octobre prochain.

Le député libéral de l’Ontario Shaun Chen a annoncé lundi qu’il démissionnerait le 15 août. Le député de la région de Toronto a déclaré que les blessures subies lors d’un accident de voiture l’automne dernier avaient entraîné d’importants problèmes de santé qui limitent sa capacité à se rendre à Ottawa.

Shaun Chen devant un grand livre.

Shaun Chen a été élu pour la première fois en 2015, puis réélu aux élections de 2019, de 2021 et de 2025. (Photo d'archives)

Photo : Shaun Chen sur Facebook

Alexandre Boulerice, actuellement député indépendant et ancien député néo-démocrate, a indiqué qu’il quitterait son siège de Montréal d’ici la fin de l’été pour se présenter sous la bannière de Québec solidaire au mois d’octobre.

L’ancien ministre libéral Steven Guilbeault démissionnera de son siège de Montréal le 28 août.

La députée conservatrice de la Saskatchewan, Cathay Wagantall, devrait démissionner le 31 août, alors qu’elle avait initialement déclaré qu’elle comptait rester en fonction jusqu’aux prochaines élections.

Le député conservateur de l’Ontario Larry Brock a annoncé la semaine dernière qu’il démissionnerait le 18 septembre pour réintégrer le bureau du procureur de la Couronne à Brantford, en Ontario.

Huit des douze élections partielles sont provoquées par des personnes qui partent vers d’autres horizons. M. Pilon a déclaré que les personnes qui se lancent en politique sont souvent des professionnels, très bien formés, souvent très privilégiés sur les plans social et économique.

Je pense que ce groupe examine également d’un œil critique ce qu’on lui propose, a-t-il souligné.

Le premier ministre doit convoquer une élection partielle entre 11 et 180 jours après la vacance d’un siège. La période électorale doit durer entre 36 et 50 jours.

Mark Carney a déclaré la semaine dernière qu’il souhaitait que ces sièges soient pourvus dans les plus brefs délais, car les électeurs méritent d’être représentés à la Chambre.

Le rapport d’Élections Canada sur les élections générales de 2025 fait état d’un coût estimé à 570 millions $.

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