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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAlors que les recherches se poursuivent, le bilan officiel s'élève désormais à au moins 1430 morts et 3238 blessés à la suite des séismes successifs de mercredi au Venezuela, qui ont atteint respectivement une magnitude de 7,2 et de 7,5.
C'est ce qu'a rapporté le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, lors d'une allocution à la télévision d'État samedi.
Le nombre de décès et de blessés pourrait même s'alourdir considérablement, d'après le responsable de l'aide humanitaire de l'ONU, Tom Fletcher. La directrice du Centre des sciences des tremblements de terre de l'Institut d'études géologiques des États-Unis à Los Angeles, Christine Goulet, abonde dans le même sens.
Le centre qu'elle dirige estime que le nombre de morts se chiffrerait davantage dans les dizaines de milliers : C'est avec le temps qu'on va voir ce qui va se passer. Nos estimations ne sont pas précises, ça reste une estimation, mais, généralement, par le passé, nos estimations étaient proches du décompte final.
Elle s'appuie sur des données montrant notamment que plusieurs millions d'habitants ont été exposés à ce qu'on appelle un very strong shaking [des secousses très violentes], ce qui indique qu'il y a énormément de gens à risque.

8:01
On fait le point avec la journaliste Alice Campaignolle, en direct de Caracas.
Selon M. Rodriguez, il s'agit de l’événement le plus catastrophique que cette république ait connu au cours des 123 dernières années. Il a par ailleurs précisé que 3142 familles se trouvent actuellement dans des centres d’accueil.
Les dommages causés sont évalués à près de 7 milliards de dollars, une somme équivalente à environ 6 % du PIB du pays, évalue le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) samedi.
Réponse désorganisée
Les autorités sont blâmées pour leur réponse désorganisée aux tremblements de terre qui ont secoué le pays entier, particulièrement l’État de La Guaira.
D'après un ancien député fédéral de la ville de La Guaira qu'a rencontré CBC News, Vicente Villarroel, c'est la population civile qui s'est chargée de l’essentiel des opérations de sauvetage et de déblaiement à mains nues, à l’aide de pioches et de pelles.
Les Vénézuéliens des régions qui ont échappé au plus gros des séismes de cette semaine se sont mobilisés pour venir en aide à leurs concitoyens.
Il n’y a aucune planification, tout n’est qu’improvisation, a déclaré Vicente Villarroel. Cet État manque de services de sécurité capables de faire face à ce type d’urgence. Nos pompiers et nos premiers intervenants ne disposent pas de l’équipement adéquat.
Néanmoins, le Venezuela a accueilli « 17 vols transportant plus de 1600 membres d’équipes de secours, et au cours des prochaines 24 heures, l’arrivée de 25 vols supplémentaires est prévue », a déclaré Oliver Blanco, responsable du ministère des Affaires étrangères vénézuéliennes, samedi matin.
Le chaos

Les secouristes fouillent les décombres trois jours après les tremblements de terre qui ont frappé La Guaira, au Venezuela, samedi 27 juin 2026.
Photo : Associated Press / Matias Delacroix
Une journaliste basée à Caracas, Alice Campaignolle, corrobore le point de vue de M. Villarroel. C'est l'hécatombe, je n'ai jamais vu une chose pareille, a-t-elle dit en entrevue à ICI RDI.Les immeubles sont vraiment tombés comme des châteaux de cartes.
La journaliste a discuté avec plusieurs gens de la région qui estiment que la réponse gouvernementale a beaucoup tardé et qui se sont sentis complètement livrés à eux-mêmes.
Les habitants me disaient ''on est tout seul, il n'y a personne.'' Ils me disaient ''est-ce que tu as vu les pompiers ou les secouristes?'' Et c'est vrai qu'on voyait en réalité qu'il n'y avait personne.
Le déploiement de ressources d'aide est d'autant plus complexifié par l'absence de réseau cellulaire dans la région.
Sur le terrain, la situation est qualifiée de chaotique, et la population est toujours sur un pied d'alerte, puisque plusieurs secousses de moins grande ampleur ont été ressenties depuis mercredi.
Mme Campaignolle raconte que les sinistrés craignent une réplique similaire, même plus forte que le double séisme. Dans ces moments de catastrophes, les rumeurs vont très vite, les gens paniquent complètement, a-t-elle indiqué en parlant d'une rumeur de tsunami qui a circulé à La Guaira vendredi et semé le chaos.

Les secouristes fouillent les décombres, le samedi 27 juin 2026, trois jours après les tremblements de terre qui ont frappé La Guaira, au Venezuela.
Photo : Associated Press / Matias Delacroix
Pour Rober Javier, un résident de Playa Grande qui a passé ces deux derniers jours à rechercher des survivants et des corps, la mort est omniprésente dans ce quartier en bord de mer.
Toute la ville empeste la putréfaction… Ça sent la mort.
M. Javier a raconté dans un entretien téléphonique avec CBC News qu'il avait découvert vendredi plus d’une douzaine de corps non réclamés dans un rayon de 300 mètres — non loin de l’hôtel Marriott de la région, où lui et un groupe de médecins, d’ambulanciers et de bénévoles ont installé un camp de base.
Ils ont [déterré] beaucoup d’autres personnes, a-t-il dit.

Les opérations de secours se poursuivent à La Guaira.
Photo : Getty Images / Edilzon Gamez
Nous pensions que rien de pire ne pouvait arriver
M. Javier a expliqué s'être joint à un convoi organisé par une entreprise de services médicaux, composé de trois bus et de deux camions chargés de fournitures, qui a pris le chemin de La Guaira, mercredi soir. Il a précisé que le groupe comprenait des médecins, des ambulanciers, des infirmiers et des bénévoles de tout le pays.
Avec tout ce qui est arrivé au Venezuela ces dernières années, on pensait que rien de pire ne pouvait arriver, a-t-il déclaré. Mais ce qui s’est produit est une véritable catastrophe, une tragédie.
Le Venezuela a traversé plus d’une décennie de bouleversements politiques et d’effondrement économique, ce qui a poussé des millions de personnes à quitter le pays.
Récemment, l'ex-président vénézuélien Nicolas Maduro et sa femme ont été capturés par les États-Unis. C'est Delcy Rodriguez qui, depuis, assure la présidence par intérim.

Des bénévoles cherchent de possibles survivants dans des décombres à La Guaira.
Photo : Getty Images / AFP / FEDERICO PARRA
Pourquoi un bilan aussi lourd?
Bien que la magnitude du double séisme ait été supérieure à 7, la catastrophe qui a suivi aurait pu être évitée, selon Christine Goulet. Les responsables, selon elle, sont les bâtiments inadaptés, c’est-à-dire ceux construits en maçonnerie sans avoir été renforcés.
Comment est-ce qu'on prévient une tragédie comme ça? On construit les édifices de façon plus résiliente. Ça coûte plus cher, mais ce n'est pas extrêmement plus cher. Mais c'est certain que, dépendamment de la situation politico-économique d'un pays, c'est possible qu'ils n'aient pas la capacité, a-t-elle accordé.
De plus, puisque les secousses se sont prolongées sur plusieurs minutes, explique Mme Goulet, les vibrations continues ont affaibli les structures, ce qui a contribué à leur effondrement.
Après un tremblement de terre majeur, il est aussi fréquent d’observer des répliques de plus petite ampleur. Au total, 430 répliques ont depuis suivi les deux secousses les plus importantes de mercredi.
La tendance, c'est que plus le temps passe, plus l'intensité et la fréquence de ces tremblements de terre diminue, a précisé l'experte.
Elle insiste sur l'importance d'établir des codes du bâtiment qui permettent de sauver des vies en prévenant les écrasements.
Avec les informations de CBC News, Agence France-Presse et BBC News


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