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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayC’est le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui a installé la caméra de type Flock que Radio-Canada a repérée cette semaine sur le boulevard Henri-Bourassa, dans le quartier Rivière-des-Prairies.
Radio-Canada a révélé mercredi la présence de cette caméra fixe, conçue par l’entreprise montréalaise Genetec, qui lit automatiquement les plaques d’immatriculation (LAPI) et collecte des informations comme la marque, le modèle et la couleur de chaque véhicule qui passe dans sa mire.
Quelques heures après la publication de notre article, la caméra a subtilement été retirée du lampadaire sur lequel elle était accrochée. Aucune des nombreuses organisations sollicitées par Radio-Canada n'avait encore avoué en être propriétaire.
C’est quoi ça?, je n’ai jamais vu ça, c’est géré par qui? : en entrevue mercredi matin, le chef du SPVM, Fady Dagher, avait d’ailleurs indiqué qu’il n’était pas au courant d’une telle utilisation, et a dit qu’il ne connaissait même pas ce qu’était une caméra de type Flock.
Dans une précédente déclaration transmise à Radio-Canda, le SPVM avait assuré qu'il n'avait accès en tout temps qu'aux flux vidéo de ses 46 caméras de sécurité urbaine (nouvelle fenêtre), qui sont identifiées et dont l’emplacement est connu.

Le système de Genetec permet de trier ou de filtrer les véhicules repérés sur les images d'un réseau de caméras.
Photo : Genetec
Le Service de police de la Ville de Montréal a finalement confirmé, en milieu de journée, que c’est lui qui avait installé cette caméra Cloudrunner CR-H2 de Genetec, afin de soutenir le travail d'enquête ciblé.
Le retrait d’une caméra a été fait afin de préserver nos stratégies d’enquête en cours, a expliqué dans un courriel le relationniste du SPVM, Marc-Antoine Bélanger.
Ce type de caméras fixes à LAPI permet aux policiers d’identifier et de repérer rapidement des véhicules recherchés, mais elles sont controversées, notamment aux États-Unis, où les forces de l’ordre disposent d'un vaste réseau de 100 000 caméras.
Plusieurs y voient notamment un symbole d’une surveillance de plus en plus intrusive et massive, et de nombreux appareils Flock ont été vandalisés ces derniers mois.
Le système Genetec n’est toutefois pas identique à celui de Flock, qui n’est pas implanté sur le territoire québécois. Si les informations collectées par les caméras Flock sont mises en commun dans une base de données centrale, accessible à plusieurs corps de police, celles de Genetec ne peuvent être consultées que par leur opérateur.
Le SPVM assure d’ailleurs que l'accès aux images captées est réservé exclusivement aux responsables du travail d’enquête.

Le SPVM a retiré sa caméra quelques heures après la publication de notre reportage.
Photo : Radio-Canada / Charles Séguin
Enquête « bousillée »
Plus tard, mercredi, Fady Dagher a précisé dans une seconde entrevue que ses réponses du matin sur ce dossier étaient confuses parce qu'il était très concentré sur le racisme allégué au poste de quartier de Montréal-Nord, qui occupait l'actualité.
Je peux vous dire que [ces caméras] servent dans tout ce qui est violence armée et vols de véhicules, a-t-il ensuite expliqué.
C’était une technique d’enquête, utilisée pas du tout pour surveiller la population, bien au contraire, c’était pour protéger la population et anticiper et prévenir des crimes, d'ajouter le chef du SPVM. Je trouve ça dommage, parce qu’on vient de bousiller une enquête.
Radio-Canada avait pourtant talonné l'équipe des communications du SPVM à de nombreuses reprises dans la journée de mardi et avait avisé l'équipe de la publication imminente de son reportage.
Une « location »
De son côté, la Ville de Montréal n'a pas répondu à nos questions et a refusé de donner des détails sur le contrat de 17 134 $ qui figure dans ses données ouvertes et dont la description est Fourniture et souscription pendant 1 an de 4 unités Cloudrunner de Genetec.
Rappelons qu'ellle avait assuré à Radio-Canada que son Service des technologies de l'information de la Ville de Montréal n’a pas acquis et n’installe pas de caméras de type [LAPI] Genetec Cloudrunner CR-H2.
Marc-Antoine Bélanger, du SPVM, a indiqué que la caméra avait été acquise dans le cadre d'une entente de location. Des caméras pourraient être ajoutées en fonction des besoins identifiés dans le cadre des différentes enquêtes visant notamment à lutter contre la violence armée, les vols de véhicules moteurs et la violence envers les commerçants, ajoute-t-il.
Dans un guide destiné aux organismes publics sur la vidéosurveillance, la Commission d'accès à l'information rappelle que l’atteinte au droit fondamental à la vie privée que constitue la collecte d’images d’individus doit entre autres répondre à un objectif légitime, important, urgent et réel et les invite à ne recueillir que les images nécessaires pour solutionner le problème ciblé.


3 weeks ago
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