Language Selection

Get healthy now with MedBeds!
Click here to book your session

Protect your whole family with Orgo-Life® Quantum MedBed Energy Technology® devices.

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

À la recherche du Québec : « Veux-tu voir mon tracteur? »

4 hours ago 4

PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY

Orgo-Life the new way to the future

  Advertising by Adpathway

DE NEUVILLE À QUÉBEC - L’image devant nous est digne d’un tableau naïf. Un champ en pente baigné du soleil doré de septembre. Des fleurs multicolores et des légumes. Deux femmes sur le bord de la charrue tirent de la terre de gros oignons jaunes. Nous sommes à Neuville, dans une sorte de carte postale du Québec agricole.

Existe-t-il quelque chose comme un Québec tranquille? C’est ce que j’avais répliqué, il y a quelques années, à un ami qui qualifiait la MRC de Portneuf, entre Trois-Rivières et la Capitale Nationale, sur le côté nord du fleuve, de Québec Tranquille. Et il est vrai que son paysage, quand il n’est pas balafré par des constructions hirsutes, est apaisant.

La 138 traverse quelques villages qui semblent assoupis alors que d’immenses cargos avancent doucement sur le Saint-Laurent. Des manoirs en pierre datant du régime français côtoient des églises silencieuses. Des granges. Des champs fertiles. Des falaises dramatiques de l’autre côté de la rive.

Gisèle avec, derrière, une partie de sa récolte.

Gisèle avec, derrière, une partie de sa récolte.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C’est vrai que c’est beau ici! me dit, souriante, l’air pétant de santé, Gisèle Béland, l’une des femmes qui récoltent les oignons au champ. Elle est née ici en 1949. Elle a donc…? Elle rigole : J’ai le même âge que le tracteur qu’on utilise pour faire les semis. Veux-tu voir mon tracteur?

La terre appartient aujourd’hui à son frère. Elle appartenait jadis à son père. Quand elle était petite, le train s’arrêtait ici. C’est pour cette raison qu’elle ne s’émeut pas trop du projet de train à grande vitesse (TGV) qui pourrait passer près d’ici. Est-ce que ça va vraiment faire une différence?

Le TGV du gouvernement fédéral est appuyé par la CAQ, le PLQ et QS. Le Parti conservateur d’Éric Duhaime s’est positionné contre, ainsi que le Parti québécois, qui s’y oppose dans sa forme actuelle.

Paul St-Pierre Plamondon a affirmé en campagne qu'un gouvernement péquiste retirerait le Québec du projet Alto pour que les sommes prévues soient consacrées à d'autres infrastructures qui ont besoin d’amour, mettons.

Jean-Claude, Demsey et Janie Coté sur la ferme.

Jean-Claude, Demsey et Janie Coté sur la ferme.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La 138 est tellement maganée que le derrière nous tient pas sur le siège du tracteur quand on engrange.

Nous nous arrêtons quelques kilomètres plus loin dans une autre ferme, plantée dans ce décor de carte postale bucolique. C’est celle de Jean-Claude Côté et de ses deux enfants, Janie et Demsey Côté. Les fesses rudoyées, c’est celles de Demsey.

On a-tu les moyens au Québec de se gâter avec un TGV? demande-t-il. Mais c’est une question rhétorique. Le jeune agriculteur trouve que le TGV est un projet fait en cabochon.

En fait, le projet de train à grande vitesse exacerbe chez les Côté le sentiment que le sort des agriculteurs ne préoccupe pas grand monde. Le jour de la fête du Travail, je me suis levé à 2 h du matin pour travailler. Avec le tracteur, j’allais pas vite sur la 138, et on ralentissait le trafic. Ma femme m’a demandé : "Est-ce qu’on laisse passer les motocyclistes?" Je ne sacre jamais, mais là, j’ai lancé un tabarnak! Un des motocyclistes m’a fait un signe de fuck you en me dépassant, me raconte Jean-Claude, encore courroucé.

Il voit dans cette anecdote une métaphore. Nous, on est dans les jambes, les agriculteurs, on est dans le chemin.

 Les opposants au TGV s'affichent dans la région.

Les opposants au TGV s'affichent dans la région.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

À 70 ans, Jean-Claude travaille encore de l’aube à la tombée de la nuit. Son fils Demsey, lui, c’est une centaine d’heures par semaine. Janie se lève tous les matins à 4 h 30 pour s’occuper des vaches. Pis on fait quoi? 32 000 dollars par année? me dit Demsey. Pas de fonds de pension, pas de vacances. Si on se payait comme il faut, les gens en r’viendraient pas. Mais ils ne le savent pas, ajoute-t-il.

Son père me dit qu’il est fier d’avoir de la relève, mais il trouve anormal que les agriculteurs soient astreints à ce régime. Moi, je pourrais vendre, je serais millionnaire, mais je garde la ferme pour mes enfants. Mais pour quelle misère? Je me le demande. Avant, il y avait des épiciers indépendants qui nous achetaient nos produits. Maintenant, c’est deux gros joueurs et c’est eux qui déterminent les prix. On n'a pas un maudit mot à dire, jamais.

Le patriarche en a gros sur le cœur et il a le cœur à me le dire : Je vous mets au défi de demander aux gens c’est qui le ministre de l’Agriculture. Y prennent n’importe qui et ça passe en dernier, mais câlisse, faudrait penser que nous, on travaille pour nourrir le monde, pis ça, quand y en aura pu des agriculteurs parce que c’est trop dur, y vont faire venir la salade des États-Unis. De toute façon, si ça vient d’ailleurs, les gens acceptent de payer les prix, mais quand ça vient du Québec pis que c’est cher, le monde chiale.

 Jean-Claude Côté.

Jean-Claude Côté.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jean-Claude a cette chance que n’ont pas tous les agriculteurs d’avoir ses enfants pour travailler la terre. Mais comme un peu tout le monde, il n’y arriverait pas sans les travailleurs étrangers temporaires, un sujet chaud de la campagne. Autrefois, on avait des jeunes qui venaient travailler. Mais là, y a pas un jeune qui veut s’engager sur une ferme. Alors, une chance qu’on a les travailleurs étrangers, mais c’est dispendieux de les faire venir et l’argent qu’on leur verse ne reste pas au Québec. Faut qu’on pense à ça, là.

Le père de Jean-Claude Côté a été exproprié quand on a construit l’autoroute 40 dans les années 1970. Le récit qu’en font les Côté me rappelle Le Vieux du Bas-du-Fleuve, une chanson populaire de l’époque qui a survécu au passage du temps grâce aux feux de camp. Une histoire de terre volée, d’exode agricole et de larmes, la face cachée de la modernité.

Ç'a été un joyeux bordel. On ramasse encore de la pierre de ce temps-là dans nos récoltes. La bonne terre, c’est complexe à se refaire. Y nous ont tout scrapé ça, dit le fils Côté, qui a tenté comme il le pouvait d'exprimer ses craintes sur les réseaux sociaux à propos du TGV.

Je me suis fait répondre avec mépris par des écolos de la ville qui ne comprennent pas l’impact que ça aurait sur l’irrigation de la terre et ne comprennent pas que nous, faut des fois traverser 30 à 40 fois par jour pour rentrer le stock dans les granges sur la partie de la terre qui est de l’autre côté de l’autoroute. Imagine s'il faut en plus contourner la voie du TGV.

Fait que j’ai arrêté d’en parler, il conclut.

Son père enchaîne. Nous, les agriculteurs, on a trop d’ouvrage pour faire la grève, mais des fois, je rêve qu’on manque de nourriture pour que les gens allument.

Demsey quitte l’entrevue pour aller travailler à la ferme.

Demsey quitte l’entrevue pour aller travailler à la ferme.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Sur ce, le fils nous salue et monte sur un immense tracteur, le père nous fait comprendre qu’il a des dossiers qui l’attendent au bureau. Janie nous avait déjà quittés pour aller s’occuper des animaux.

Existe-t-il une telle chose que le Québec tranquille, me suis-je demandé en roulant sur la 138 en regardant les champs de blé onduler au soleil. Peut-être, mais en dessous, ça bout.

Read Entire Article

         

        

Start the new Vibrations with a Medbed Franchise today!  

Protect your whole family with Quantum Orgo-Life® devices

  Advertising by Adpathway