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Le Parti libéral du Québec met en demeure PSPP, qui refuse de se rétracter

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Des propos « irresponsables, diffamatoires, indignes » : le chef du Parti libéral, Charles Milliard, lance un ultimatum à son homologue du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon. Il exige que le chef péquiste retire ses propos tenus au dernier jour de la législature, vendredi dernier, par lesquels il tissait un lien entre le Parti libéral du Québec (PLQ) et le crime organisé.

M. St-Pierre Plamondon n'a pas tardé à répondre à M. Milliard : je ne vais pas me rétracter. Il persiste et signe et invoque son droit de poser des questions.

Le chef du PLQ en a fait l'annonce dimanche en conférence de presse. Comme l’avait appris Radio-Canada samedi, le Parti libéral confirme avoir transmis une mise en demeure à M. St-Pierre Plamondon pour réclamer des excuses publiques.

Le document, que Radio-Canada a pu consulter, accorde au chef du Parti québécois une fenêtre de 72 heures pour y répondre. En cas de refus, le Parti pourrait intenter une poursuite en diffamation contre celui-ci dans le but d'obtenir réparation en justice.

Je n’ai aucun problème avec les critiques [...] mais, lorsqu’on s’attaque à notre réputation, à celle de notre parti, à celle de nos milliers de militants [...] je deviens intraitable, affirme Charles Milliard. Cette fois-ci, ça ne passe pas.

En associant le PLQ au crime organisé, Paul St-Pierre Plamondon a franchi une ligne qu’aucun chef politique sérieux ne devrait avoir franchie. Ces propos sont irresponsables, diffamatoires et indignes d’une personne qui aspire à gouverner le Québec.

M. Milliard estime que les allégations du péquiste sont sans fondement, puisqu'il n'a fourni aucune preuve qui permette de démontrer un lien entre le Parti libéral et le crime organisé.

Il a du même souffle dénoncé un style autoritaire, une arrogance intellectuelle et une allergie à la critique chez son homologue, qu'il accuse de lancer des accusations dans le but de désinformer la population et semer le doute.

Le chef libéral précise par ailleurs qu'il n'a eu aucune discussion avec M. St-Pierre Plamondon depuis vendredi.

Je n'ai aucune intention de me rétracter

Quelques minutes avant le début de la conférence de presse de M. Milliard dimanche matin, Paul St-Pierre Plamondon lui a adressé une fin de non-recevoir sur ses réseaux sociaux.

J’ai consulté mes avocats [samedi] et je vous annonce que je n’ai aucune intention de me rétracter, écrit notamment le chef du PQ sur X.

Un homme parle derrière un lutrin, entouré de deux femmes.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a fait le bilan de la session parlementaire vendredi dernier à Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

M. St-Pierre Plamondon a par la suite tenu un point de presse quelques heures après celui de son adversaire libéral, afin de répondre à ses propos. M. Milliard affirme que j'ai associé le PLQ au crime organisé : c'est inexact.

Il se défend d’avoir affirmé quoi que ce soit, mais d’avoir simplement exercé son droit de poser des questions en tant qu’élu.

Il estime avoir posé des questions légitimes sur la provenance des argents qui ont servi à faire du financement illicite lors de la course à la chefferie 2025 du PLQ.

Le député de Camille-Laurin a souligné à maintes reprises les enquêtes journalistiques sur le financement du Parti libéral pour appuyer ce qu'il considère comme « une hypothèse plausible ».

M. St-Pierre Plamondon dénonce une 4e mise en demeure par des acteurs importants du PLQ en l'espace de sept mois, en faisant allusion au conflit entre l'ancienne députée libérale devenue indépendante, Marwah Rizqy, et l’ancienne cheffe de cabinet, Geneviève Hinse, ainsi qu'au Journal de Montréal et au groupe Cogeco, qui ont également tous deux fait l'objet de mises en demeure en lien avec leurs révélations dans la foulée de la crise au PLQ.

Les parlementaires bénéficient d'une immunité judiciaire pour les propos tenus lors des débats en Chambre. Or, la sortie du chef péquiste contre ses rivaux libéraux a eu lieu lors du bilan de sa formation politique, une conférence de presse qui n'offre pas une telle protection.

« Des liens avec le crime organisé? » demande PSPP

Vendredi, M. St-Pierre Plamondon avait rappelé le scandale lié au financement de la campagne de Pablo Rodriguez dans le cadre de la course à la chefferie de la formation libérale. Emporté dans la tourmente, ce dernier avait démissionné en décembre 2025.

Prenant l'offensive, le chef du Parti québécois a ainsi profité de son bilan pour évoquer l'enquête de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) sur le financement illégal allégué au Parti libéral, qui est toujours en cours. Il a affirmé que la formation avait recueilli du financement qui est à l’évidence illicite par des activités qui impliquaient des dizaines de personnes.

Il y a des liens qui ont été faits avec un député fédéral. Est-ce qu’il y a des liens avec le crime organisé? avait-il ensuite lancé, avant de préciser que ce qu’on sait avec certitude, c’est qu’il y a un événement de financement pour créer une caisse occulte qui a lieu.

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