PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa promesse du Parti québécois d'une « Passe mobilité » à 95 $ par mois partout au Québec privera les principales sociétés de transport de revenus d'au moins 77 millions de dollars par année. Des données inédites, obtenues par Radio-Canada, nous ont permis de chiffrer la mesure, ce que le parti politique refusait de faire avant le dévoilement de son cadre financier.
À ce manque à gagner, il faudra ajouter l'impact financier pour les transporteurs interurbains par autocar, puisque nous avons appris que le Parti québécois (PQ) s'engagera aussi à offrir un rabais sur ce service.
Selon nos sources, l'engagement en transport collectif du PQ, annoncé le 12 août, sera l'une de ses promesses les plus coûteuses durant la campagne électorale.
La formation politique promet des économies à tous les usagers des transports collectifs qui paient un tarif mensuel de plus de 95 $.

Les usagers du transport en commun pourraient économiser jusqu'à 186 $ par mois avec la « Passe mobilité ». (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Benoit Gagnon
Ainsi, un usager de Montréal pourrait payer 15 $ de moins par mois. À Québec et Lévis, l'économie serait de 20 $. Et à Longueuil et Laval : 75 $.
Plus l'usager vivra loin en banlieue, plus il économisera : 111 $ par mois dans les couronnes nord et sud de la métropole, 150 $ à Saint-Jean-sur-Richelieu et jusqu'à 186 $ à Saint-Hyacinthe.
L'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) ou encore le Réseau de transport de la Capitale (RTC) verront donc leurs revenus issus de la vente des titres de transport chuter, ce que confirme le Parti québécois.
Mais jusqu'à présent, le PQ refusait de dévoiler l'impact financier de son engagement.
On a chiffré le coût de la mesure et elle sera dans notre cadre financier présenté durant la campagne.
Notre méthode pour calculer le manque à gagner
Radio-Canada a contacté toutes les sociétés de transport du Québec qui facturent des titres de transport mensuels au-delà de 95 $ pour connaître les quantités vendues l'an dernier.
Habituellement, aucune de ces organisations ne publie ces chiffres, sauf le Réseau de transport de la Capitale qui l'indique dans son rapport annuel.
Nous sommes parvenus à obtenir toutes les données, sauf celle de la Société de transport de l'Outaouais (STO), pour laquelle nous avons dû faire une estimation conservatrice.
Les résultats montrent un impact significatif sur la zone A (29 millions $) et la zone AB (21,7 millions $) de la région de Montréal, où circulent le métro et les autobus de la Société de transport de Montréal (STM), ainsi que le Réseau de transport de l'agglomération Longueuil (RTL) et la Société de transport de Laval (STL).
De tels manques à gagner, c'est énorme dans le budget des sociétés de transport, réagit Pierre Barrieau, spécialiste de la planification des transports et chargé de cours à la Faculté de l’aménagement de l’UQAM. D'où vont venir ces 80 millions qui vont se volatiliser chaque année?

Le métro de Montréal est souvent bondé à l'heure de pointe. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / François Joly
Le PQ promet de combler le manque à gagner
Le Parti québécois reconnaît qu'il faudra non seulement combler le manque à gagner, mais également répondre à l'afflux de nouveaux usagers attirés par le tarif avantageux, voire très avantageux pour ceux qui vivent loin en banlieue.
L'expert Pierre Barrieau rappelle qu'acheter un autobus coûte un million de dollars.
Le réseau est déjà presque plein, ajoute M. Barrieau. Ça va vouloir dire l'achat massif de nouveaux autobus, l'agrandissement de stationnements incitatifs et de garages, et ensuite de payer ces nouveaux autobus-là qui opèrent à déficit.
Par exemple, les autobus de Saint-Jean-sur-Richelieu sont déjà pleins quand ils rentrent à Montréal. Si, soudainement, on double l'achalandage, et bien le déficit d'exploitation lui aussi sera doublé.

Pierre Barrieau, spécialiste de la planification des transports et chargé de cours à la Faculté de l’aménagement de l’UQAM (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
L'offre va suivre, assure le PQ
Le Parti québécois est conscient des enjeux de financement des sociétés de transport, nous a répondu Emmanuel Renaud, l'attaché de presse du PQ.
Dans son programme électoral, le parti politique s'engage à augmenter les investissements en transport collectif au Plan québécois des infrastructures.
Nous avons l’intention de négocier une nouvelle entente avec les villes et les sociétés de transport pour soutenir l’offre de services auprès des usagers et pour plus de prévisibilité, ainsi que pour éviter les manques à gagner, ajoute M. Renaud. C’est le meilleur moyen de lutter efficacement contre la congestion routière.

Le terminus du Réseau de transport de l'agglomération Longueuil (RTL) au métro Longueuil-Université de Sherbrooke
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Une incitation à l'étalement urbain?
Selon l'expert Pierre Barrieau, il est louable de vouloir encourager l'utilisation du transport collectif par des tarifs avantageux, mais les partis politiques devraient plutôt promettre un meilleur service que des baisses de prix.
La littérature est claire depuis plusieurs décennies, dit-il. Si l'objectif est d'augmenter le nombre de passagers à travers la province, l'efficacité par dollar dépensé est plus grande en améliorant et en bonifiant le service plutôt que de baisser le prix des titres.
Par ailleurs, selon M. Barrieau, ces mesures-là de tarification unique à l'échelle d'une grande région métropolitaine comme Montréal, ça incite l'étalement urbain, puisque le tarif serait le même, que l'usager voyage au centre-ville ou depuis une lointaine banlieue.


3 weeks ago
5

















English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·