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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwaySur l'île de Montréal, Pierrefonds-Roxboro et Dollard-des-Ormeaux, des secteurs perçus comme favorisés, ne sont pas épargnés par la précarité alimentaire. Au Fonds d’aide de l’Ouest-de-l’Île (FDOI), la demande croît et de plus en plus d’adultes avec un emploi cognent à ses portes. Pour y répondre, l’organisme convertira un ancien bureau de poste en un pôle communautaire majeur dans le West Island.
Même si tu penses que ce sont des quartiers très aisés, il y a des petites poches où les gens sont dans le besoin, puis il faut y subvenir. Il ne faut pas penser que certains quartiers seulement sont dans ce paradigme d’insécurité alimentaire. C'est maintenant partout, à la grandeur de Montréal.
La directrice générale du Fonds d’aide de l’Ouest-de-l’Île, Chantal Laferrière, témoigne de l'insécurité alimentaire qui gagne du terrain dans cette portion de la métropole. Près de 600 ménages bénéficient actuellement des services du FDOI, qui a vu le nombre de ses interventions augmenter de 15 % durant la dernière année. L’organisme dessert principalement l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro et la ville de Dollard-des-Ormeaux.
Ça fait 60 ans qu'on est dans le milieu, ça fait 60 ans qu'on offre nos services et qu'on voit les besoins, précise-t-elle. Ils sont de plus en plus criants.

Environ 75 % des ménages soutenus par le FDOI habitent dans Pierrefonds-Roxboro ou à Dollard-des-Ormeaux.
Photo : Radio-Canada / Denis Wong
Signe que le visage de l’insécurité alimentaire change sur le terrain, de plus en plus d’adultes sur le marché du travail font appel à l’organisme pour la première fois. Il s’agit du segment de la population qui augmente le plus rapidement parmi les personnes soutenues par le FDOI.
Ces personnes peuvent occuper des emplois instables ou des emplois à temps partiel, mais elles sont prises à la gorge par l’augmentation du coût des aliments, ou encore celui des loyers. Cette précarité se vit également au sein de la classe moyenne. Même le fait d'être salarié n’est plus un gage de protection contre l’insécurité alimentaire, indique un rapport de Statistique Canada publié en décembre dernier.
J'ai des infirmières qui viennent à la banque alimentaire parce qu'elles ont plusieurs enfants, puis elles n'arrivent pas. C'est un salaire, une maman avec six enfants, et elle n’y arrive pas. Son salaire lui permet de payer son loyer, mais pas le reste.
Le bilan 2025 du réseau des Banques alimentaires du Québec (BAQ) révèle qu’elles ont répondu à près de trois millions de demandes d’aide alimentaire par mois en 2024, un record. Selon le regroupement, cette grave tendance persiste depuis des années et ne présente aucun signe de ralentissement.
Dyana est une femme qui se trouve dans une telle situation. Récemment séparée, cette mère de 48 ans travaille à temps partiel et doit jongler avec un retour aux études. C’est dans ce contexte qu’elle fait dorénavant appel aux services de la banque alimentaire du FDOI.
J’ai passé toute ma vie dans l'Ouest-de-l'Île, j'ai trois enfants que j'ai élevés ici, raconte-t-elle. L’une est encore à l'école primaire à Dollard-des-Ormeaux. Je suis retournée à l’école, et avec les bourses de Québec, ce n'est pas beaucoup. C’est un peu plus difficile et je dois m’assurer que je suis capable de nourrir ma famille.

Des bénévoles du FDOI déchargent un camion rempli de dons alimentaires provenant d'une épicerie du secteur.
Photo : Radio-Canada / Denis Wong
Selon Statistique Canada, le revenu médian des ménages dans l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro et à Dollard-des-Ormeaux se chiffre respectivement à 86 000 $ et à 96 000 $, deux des montants les plus élevés sur l’île de Montréal.
Mais la pression de l’inflation aggrave la précarité des personnes déjà vulnérables, dans un secteur où le coût de la vie est élevé. Le budget lié à l’alimentation est celui qui se compresse le plus facilement, et pour Dyana, la priorité est de payer le loyer du logement où elle a emménagé cet hiver.
Quand j'ai fait des recherches d’appartement, c'était plus élevé de rester ici que d’aller dans le centre-ville. Mais mes enfants ont leur sport et leur école ici. C'était vraiment difficile parce que les prix sont trop élevés et les places sont vieilles, et ne sont pas rénovées.
Transformer un bureau de poste en pôle communautaire
La situation sur le terrain a poussé le FDOI à faire l’acquisition d’un ancien bureau de Postes Canada, en décembre dernier, au coût d’un million de dollars. L’organisme cherchait aussi à se réinstaller convenablement, après un incendie survenu il y a quelques années.
Situé dans Pierrefonds-Roxboro, le bâtiment de 8000 pieds carrés nécessitera des rénovations majeures. Lorsqu’il aura déménagé, l’organisme va quadrupler la superficie de ses locaux.
On pourrait rester là où on est, mais je pense qu'on n'arriverait pas à offrir les services dont les gens ont besoin [dans l’Ouest-de-l’Île], souligne Chantal Laferrière.
Dans l’immense espace ouvert du rez-de-chaussée, il ne reste que des poutres et des flaques d’eau stagnante, attribuables à un toit qui coule. En balayant les lieux du regard, Chantal Laferrière explique que la vision du FDOI est de transformer cet édifice en un pôle de services communautaires majeur.
À terme, cet édifice vacant hébergera une banque alimentaire, mais aussi une cuisine collective, une friperie et une salle communautaire au sous-sol. La directrice générale veut également tisser des partenariats avec d’autres organismes spécialisés, qui pourraient assurer une présence au FDOI et profiter des installations.
Chantal Laferrière indique d’ailleurs être en discussion avec Santé Québec Ouest-de-l'Île-de-Montréal, afin de développer une collaboration avec le système de santé.
Je veux qu'il y ait des gens autour de la personne qui vient ici. Quels sont ses besoins? Comment peut-on l'aider? Est-ce qu’elle a besoin d'aide à l'emploi? Est-ce qu’elle a besoin d'aide psychologique?
La vision, c'est un one-stop shop où on est capable d'offrir aux gens un endroit avec des services à 360 [degrés], parce qu'on est rendu là, insiste-t-elle.

Chantal Laferrière est directrice générale du FDOI.
Photo : Radio-Canada / Denis Wong
Le calendrier des travaux, qui doivent débuter cet automne, est tout aussi ambitieux. Le FDOI compte ouvrir ses nouvelles portes dans moins de deux ans, après une première phase qui permettra, entre autres, de réparer la toiture.
Au bas mot, ces rénovations pourraient coûter de quatre à cinq millions de dollars afin que l’organisme puisse repartir à neuf. Chantal Laferrière espère obtenir une aide gouvernementale, mais elle se dit surtout optimiste quant au soutien de la communauté de l’Ouest-de-l’Île, dont elle vante l’engagement philanthropique.
Selon elle, il s’agit du meilleur moment pour transformer le champ d’action de l’organisme, qui a distribué environ deux millions de dollars en produits de première nécessité en 2025.
Les demandes d’aide alimentaire ne cessent d'arriver tous les jours, toutes les semaines, insiste la directrice générale de l’organisme. On voit toutes sortes de personnes : des gens qui travaillent, de nouveaux arrivants, de très grandes familles, des personnes âgées. Il faut vraiment revoir le paradigme de ce qu'on pense du West Island.


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