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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL’administration Trump n’aura pris que quelques heures, mardi, avant d’imposer de nouvelles mesures contraignantes à la suite de l’entrée en vigueur des contre-tarifs imposés par le Canada. La dernière offensive américaine a beau avoir été rapide et avoir fait du bruit, ses effets sont plutôt neutres, estime Jean-Michel Marcoux, professeur adjoint à l’École supérieure d’études internationales de l’Université Laval.
Possiblement inspiré par la mesure annoncée plus tôt par Québec, réservant certains appels d'offres, d’ici janvier prochain, aux entreprises ayant pignon sur rue dans la province ou ailleurs au pays, le président américain a entre autres décidé d’exclure les entreprises canadiennes des achats gouvernementaux américains.
Cette mesure semble plutôt symbolique tant pour le Québec que pour les États-Unis. Dans ce marché relativement important pour nos voisins américains (50 milliards $ pour l’année financière 2024-2025), à peine 58 millions de dollars avaient été alloués à des fournisseurs canadiens, a expliqué Jean-Michel Marcoux en entrevue à l‘émission Tout un matin.
Pour ce qui est du Québec, le pourcentage d'entreprises américaines qui soumissionnent pour des appels d'offres publics représente moins de 10 %. Mais même s'il s'agit d'une seule entreprise [qui est écartée], ça peut faire une différence pour les entreprises du Québec, soutient la première ministre Christine Fréchette.
Le président Trump a aussi signé cinq proclamations au cours de la soirée de mardi.
Trois d’entre elles interdisent complètement, à partir du 29 septembre, l'importation de certains produits canadiens. On parle ici de lactosérum, de boissons alcoolisées (bières, cidres, vins et spiritueux) et de motocyclettes. La mesure est contraignante, bien sûr, mais ces marchandises étaient déjà assujetties, depuis le 20 août, aux tarifs douaniers de 50 % en vertu de l’article 338.
Le fait qu’on soit passés de tarifs de 50 % à une interdiction claire et nette, ça amène un impact relativement limité, estime Jean-Michel Marcoux.
Avec les deux autres proclamations, le président américain vient ajouter de nouveaux produits à la liste de biens canadiens assujettis aux droits de douane de 50 %. La mesure touchera les fromages, le papier, les produits à base d’acier et d’aluminium, certains meubles, les matelas, les équipements de cuisine, les bateaux et les voiturettes de golf à compter du 15 septembre.
Donald Trump a donc ajouté mardi des barrières au commerce entre les États-Unis et le Canada, mais il a aussi signé un décret (sans faire de bruit) qui révoque une partie des droits de douane de 50 % qui étaient entrés en vigueur le 22 août. Une dizaine de produits du Canada, dont le papier hygiénique, le sel, le sucre, le ciment et les cannes à pêche, échappent dorénavant aux droits de 50 %.
Selon Jean-Michel Marcoux, ce sont les pressions de l’industrie américaine qui ont poussé le président à reculer. Le marché américain n’offre pas de solution de rechange à ces produits canadiens; les États-Unis ne sont pas en mesure de produire de façon efficace les cannes à pêche (par exemple), ils ont donc besoin d'en importer.
Des mesures américaines pour sauver la face, selon la Banque Scotia
Dans une analyse dévoilée mercredi matin, la Banque Scotia estime que les exportations interdites ne représentent qu’environ 0,7 milliard de dollars canadiens et souligne que, dans l’ensemble, les nouveaux droits de douane américains visent à sauver la face de l’administration américaine; elles ne sont pas de nature substantielle, ce qui est positif [pour le Canada].
D’après l’analyse, les nouveaux droits de douane s’appliqueront à environ 3 milliards de dollars canadiens d’exportations canadiennes vers les États-Unis, tandis que les droits de douane supprimés concernent environ 2 milliards de dollars canadiens d’exportations canadiennes vers les États-Unis.
Le plus grand syndicat du secteur privé au Canada, Unifor, qui représente 320 000 travailleurs dans les principaux secteurs de l’économie, n'est pas aussi serein que la Banque Scotia. Le conflit va continuer de coûter des emplois, de faire grimper les prix et d’infliger des difficultés économiques aux travailleurs et aux familles des deux côtés de la frontière, déplore-t-il.
Sa présidente nationale, Lana Payne, appelle Ottawa à prendre la défense des travailleurs et à protéger les bons emplois, ainsi que les secteurs essentiels de l'économie canadienne.
Le cas de Bombardier toujours en évaluation
Par ailleurs, la menace bien sentie de Donald Trump à l’égard des appareils de Bombardier, dont il voulait interdire la vente en sol américain, n’a pas été mise en œuvre, en tout cas pour le moment. Mardi, la Maison-Blanche a indiqué que le président Trump continuait d’évaluer ses options à cet égard.
Son message lundi sur le réseau Truth Social avait provoqué de nombreuses réactions, jusque dans les rangs républicains. Le sénateur du Kansas Jerry Moran, un républicain, s’était porté publiquement à la défense de l’entreprise, soulignant que le siège social de Bombardier est au Kansas, et qu’elle emploie 3000 personnes aux États-Unis.
La partie n’est toutefois pas gagnée, puisque, selon une source canadienne, la menace n’est pas encore complètement écartée.
Avec des informations de Louis Blouin


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