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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe Parti libéral de Terre-Neuve-et-Labrador remet en question la composition d’un nouveau comité qui doit superviser les prochains pourparlers avec le Québec sur l'avenir énergétique du fleuve Churchill.
Le premier ministre, Tony Wakeham, qui veut bonifier le protocole d’entente sur Churchill Falls et Gull Island annoncé par son prédécesseur libéral, a établi le comité vendredi dernier.
Composé de trois membres, le comité doit surveiller les négociations au nom du gouvernement progressiste-conservateur et évaluer toute entente définitive.
Le groupe est présidé par Dan Levert, ingénieur et conseiller juridique à l’entreprise de construction Kiewit jusqu’à sa retraite, en 2015. L’ancien chef de l’exploitation à Wataynikaneyap Power PM, Mike Jardin, a aussi été nommé au comité, tout comme Julia Mullaley, l’ancienne greffière du Conseil exécutif et vérificatrice générale.

Fred Hutton, le porte-parole du Parti libéral en matière d'énergie, répond aux questions des journalistes le 15 décembre 2025 à Saint-Jean. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Fred Hutton, porte-parole libéral en matière d’énergie, s’en prend notamment à la nomination de Julia Mullaley, qui avait participé au comité chargé de superviser la construction du barrage de Muskrat Falls, il y a une décennie. Fiasco économique, Muskrat Falls a finalement coûté environ deux fois plus cher que prévu.
Nous sommes tous au courant de ce qui est arrivé dans ce cas-là et l’énorme facture que paie maintenant la province, affirme Fred Hutton, qui reconnaît la carrière remarquable de Julia Mullaley au sein de la fonction publique, mais soutient qu’il faudrait se tenir à l’écart de personnes dont la réputation est entachée par Muskrat Falls.

Julia Mullaley présente un rapport en 2020, alors qu'elle était vérificatrice générale de Terre-Neuve-et-Labrador. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Fred Hutton estime aussi que les trois membres du comité manquent d'expertise en matière des marchés de l’électricité, de réglementation énergétique et de négociation de contrats, selon lui.
Une porte-parole du bureau du premier ministre, Ashley Politi, a réfuté lundi les commentaires de Fred Hutton.
Il est déraisonnable de suggérer que des professionnels chevronnés devraient être disqualifiés du service public au seul motif qu'ils ont occupé des postes à responsabilité au sein de gouvernements précédents, a-t-elle écrit. Nous avons constitué une solide équipe [...] et nous avons pleinement confiance en [sa] capacité à mener à bien cette tâche importante.
Le travail du comité sera confidentiel
Selon le gouvernement, le travail du groupe d’experts sera confidentiel, compte tenu du caractère commercialement sensible et stratégique des négociations. Ses trois membres seront interdits de parler aux médias sans l’autorisation du gouvernement.
L’équipe de négociation, nommée le 19 mai, doit donner des breffages réguliers au comité de supervision, qui fera des comptes-rendus à l’actuelle greffière du Conseil exécutif, Karen Stone.
Pour le moment, le gouvernement n’a pas divulgué le budget qui sera accordé au comité, mais il promet que ce dernier pourra embaucher des experts indépendants pour appuyer son travail.
Selon un rapport d’experts publié le 19 mai dernier, l’actuel protocole d’entente avec le Québec ne servirait pas les intérêts à long terme de Terre-Neuve-et-Labrador, qui cherche à remplacer le contrat de 1969 de la centrale de Churchil Falls et à construire de nouveaux barrages hydroélectriques au Labrador.
En vertu de l’accord provisoire, le prix de l’énergie de Churchill Falls augmenterait en flèche et, en échange, Hydro-Québec serait autorisée à construire deux nouvelles centrales – Churchill Falls 2 et Gull Island. Le complexe existant de Churchill Falls serait également mis au point et des centaines de kilomètres de nouvelles lignes de transport seraient construites.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham, présente le rapport d'un comité indépendant évaluant l'entente entre sa province et le Québec au sujet de Churchill Falls et Gull Island, le 19 mai 2026, à Saint-Jean. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Paul Daly
Le rapport a notamment critiqué la supervision de la négociation du protocole d’accord par le conseil d’administration d’Hydro Terre-et-Labrador et par le gouvernement provincial. Il indique que ce dernier n'avait ni une stratégie bien définie dans les pourparlers ni une idée claire de ses besoins énergétiques à long terme.
Si les négociateurs de Terre-Neuve-et-Labrador et du Québec parviennent à des ententes définitives, le comité devra vérifier si elles sont conformes à la stratégie de négociation établie par le gouvernement. Cette stratégie n’a pas été rendue publique, mais Tony Wakeham a précisé la semaine dernière ses trois priorités dans les négociations à venir :
- il veut que le Labrador ait accès à davantage d’énergie ;
- il veut un meilleur prix pour l’électricité produite au complexe existant de Churchill Falls et aux futurs barrages sur le fleuve Churchill ;
- il veut un accès au réseau de distribution d'Hydro-Québec pour acheminer son électricité vers d'autres provinces et vers des États américains.
La nouvelle équipe de négociation de Terre-Neuve-et-Labrador, annoncée le mois dernier, est composée de Barry Perry, ancien PDG de la société énergétique Fortis, de Jerome Kennedy, avocat et ancien ministre des Finances, et de Jennifer Williams, PDG d'Hydro Terre-Neuve-et-Labrador.
Les libéraux ont aussi critiqué la nomination de Jerome Kennedy en tant que négociateur. Il était ministre des Ressources naturelles lorsque Muskrat Falls a été approuvé par le gouvernement provincial en 2012.


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