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Un dernier adieu lumineux pour Oliver Jones

2 weeks ago 9

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Les Montréalais ont rendu jeudi un ultime hommage au pianiste Oliver Jones, décédé le 22 juillet à 91 ans, lors d’une cérémonie funéraire publique à l’église United Union Church, dans la Petite-Bourgogne. L’esprit du personnage plus grand que nature semblait imprégner les murs de la petite église, où se sont enchaînés de vibrants témoignages et de joyeux airs de gospel.

C’est dans cette église qu’Oliver Jones s’est produit pour la première fois devant public, à l’âge de 5 ans. Plus de huit décennies plus tard, le lieu emblématique du quartier qui l’a vu grandir porte encore la mémoire du parcours exceptionnel du pianiste.

La cérémonie, menée par le révérend Anthony Bailey, a alterné entre des lectures liturgiques, des prises de parole et des segments musicaux mettant en vedette la chorale de l’United Union Church, le Oliver Jones Trio, ainsi que les chanteuses Ranee Lee et Kim Richardson.

Le révérend parle devant l'autel.

Le révérend Anthony Bailey a mené rondement la cérémonie, alternant entre solennité et célébration de la vie d'Oliver Jones.

Photo : Radio-Canada

Certains témoignages ont été particulièrement touchants, dont celui de la femme du défunt pianiste Monique Leclerc Jones, qui a passé 23 ans de sa vie avec Oliver Jones. En alternant entre l’anglais et le français, elle a livré un long texte qu’elle a présenté comme son Poème pour un ange.

Toi, mon ange de paix, mon ange de simplicité, mon ange aux mains de soie sur tous les claviers de la Terre, tu es mon guide et mon âme se serre de fierté d’avoir eu le privilège de t’accompagner jusqu’aux portes du paradis, a-t-elle conclu sous les applaudissements nourris du public.

La femme parle dans un micro devant l'autel d'une église.

Monique Leclerc Jones a livré un hommage très poétique à son défunt époux Oliver Jones, jeudi à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi

Kim Richardson fait vibrer l’assemblée

Parmi les autres prises de parole marquantes, soulignons celle de Jim West, fondateur de l’étiquette Justin Time Records, qui a largement contribué à lancer la carrière de jazz d’Oliver Jones à son retour à Montréal en 1980, après 17 ans passés à Porto Rico, où il était notamment directeur musical et pianiste pour le groupe du chanteur de calypso Kenny Hamilton.

Vers la fin de la cérémonie, Kim Richardson a livré une prestation magistrale en interprétant le classique de gospel Goin’ Up Yonder.

D’abord accompagnée par un simple piano feutré, la voix puissante de la chanteuse s’est ensuite mêlée à celle de la chorale de l’église pour culminer dans une finale enlevante qui a décollé tout le monde de son siège.

Je suis tellement reconnaissante de tout ce qu’Oliver a fait pour moi, mais aussi pour la communauté jazz du Canada et de partout dans le monde, a-t-elle lancé après sa prestation. C’était un vrai de vrai gentleman et un homme formidable qui ne pourra jamais être oublié.

La chanteuse en pleine prestation dans une église.

Kim Richardson a livré une prestation poignante, jeudi, lors des funérailles publiques d'Oliver Jones.

Photo : Radio-Canada

Un héritage qui dépasse la musique

Comme mercredi, lors de la chapelle ardente en son honneur à l’hôtel de ville de Montréal, les personnes présentes aux funérailles ont souligné de façon unanime la chaleur, la proximité et la bonne humeur contagieuse d’Oliver Jones, tout en rappelant son implication dans la communauté.

Je pense qu’il faut se souvenir de lui comme d'un vrai Monsieur, avec un M majuscule. Il était proche des gens, notamment proche des jeunes. Il a aidé tellement de jeunes musiciens, a affirmé en amont de la cérémonie Simon Fauteux, relationniste de l’étiquette Justin Time Records, qui connaît Oliver Jones depuis plus de 20 ans.

Des gens regardent des funérailles sur un écran géant à l'extérieur d'une église.

Des gens assistent aux funérailles du musicien de jazz Oliver Jones à l'extérieur de l’Union United Church, à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi

Il avait un talent, une humilité, une générosité, il était d’une gentillesse infinie. Tout le monde dans le milieu du jazz disait à quel point c’était une soie, a de son côté affirmé Alain Simard, cofondateur du Festival international de jazz de Montréal, où Oliver Jones s’est produit une trentaine de fois.

Et c’était un talent incomparable. La première fois que je l’ai vu jouer, il avait de gros doigts, mais il ne faisait jamais une fausse note, il n’accrochait rien et il jouait avec une telle vitesse, une telle inspiration et une telle vitalité.

La chanteuse en prestation près de l'autel d'une église.

La chanteuse Ranee Lee a récité un poème et livré une prestation a capella aux funérailles d'Oliver Jones, jeudi.

Photo : Radio-Canada

C’est peut-être Ranee Lee, fidèle amie et collaboratrice du pianiste pendant cinq décennies, qui a résumé de la plus belle manière l’essence d’Oliver Jones, en reprenant un poème anonyme intitulé Not, How Did He Die, But How Did He Live?

Ce n’est pas comment il est mort [qui importe], mais comment il a vécu. Ce n’est pas ce qu’il a gagné, mais ce qu’il a donné; voilà les critères qui permettent de mesurer la valeur d’un homme, peu importe ses origines, a-t-elle récité en anglais avant de se lancer dans une prestation a capella, comme elle l'avait fait quelques semaines plus tôt au chevet de son ami.

Avec les informations de Louis-Philippe Ouimet et de Nabi-Alexandre Chartier

2:05

Le reportage de Louis-Philippe Ouimet

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