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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes partis d’opposition ont dénoncé mercredi la décision tardive de la première ministre Christine Fréchette de convoquer deux cellules de crise à quelques jours de l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers américains.
En conférence de presse, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, s’est dit inquiet de la date tardive à laquelle la première ministre a amorcé des rencontres d’urgence avec les industries les plus touchées par les tarifs douaniers.
Il estime que le dialogue avec le secteur de l’aluminium, de la foresterie, de la manutention et de l’agriculture, entre autres, aurait censé être fait depuis au moins un an et demi.
La première ministre Christine Fréchette a annoncé hier la convocation de 12 organisations à deux cellules de crise économique en lien avec l'imposition de tarifs douaniers américains de 50 % sur un vaste éventail d'exportations canadiennes qui doit entrer en vigueur le 19 août.
La première a lieu mercredi à Montréal et rassemble notamment le Conseil du patronat, l’Association de l’aluminium, l’Association forestière ainsi que des représentants des secteurs miniers et de l’acier.

La première ministre québécoise, Christine Fréchette, rencontre aujourd'hui 12 organisations représentant des secteurs particulièrement touchés par les tarifs douaniers américains, qui doivent entrer en vigueur le 19 août.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
La deuxième cellule de crise est prévue pour vendredi avec l’Union des producteurs agricoles (UPA) et les producteurs laitiers du Québec, entre autres. Ces rencontres doivent permettre d’évaluer les conséquences que pourraient avoir ces nouveaux tarifs sur les entreprises et l’économie du Québec.
Le chef du Parti libéral, Charles Milliard, a lui aussi critiqué la date tardive à laquelle l’Équipe Christine Fréchette a décidé d’établir un plan d’urgence avec les industries les plus touchées.
À deux semaines du déclenchement d’une campagne électorale au Québec, les cellules mises en branle s’apparentent à un exercice de communication, selon M. Milliard.
C’est une rencontre de dernière minute, assurément. Il y aura sûrement beaucoup de photos, de vidéos et de TikTok et de reels qui seront pris là, mais la réalité, c’est que ça fait des semaines qu’on aurait dû bâtir des alliances avec les milieux économiques, avec les syndicats, a-t-il lancé.
De son côté, Paul Saint-Pierre Plamondon ne croit pas qu'il soit approprié de parler de cellules de crise pour des choses qui doivent être faites depuis des mois. C’est plutôt le recul d’Ottawa face aux géants du web, début juin, qui aurait dû nécessiter une intervention d’urgence au Québec. Un véritable sacrifice des intérêts du Québec, selon le chef du Parti québécois.
Il y a un sujet pour lequel on a besoin d’une cellule de crise en ce moment, et c’est l’effondrement des promesses de Mark Carney en matière de culture.
M. St-Pierre Plamondon fait allusion à la demande qu’a déposée le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour qu'il revoie à la baisse l’exigence d’Ottawa envers les géants numériques, comme Netflix et Spotify. Ces derniers n’auront plus à injecter 15 % de leurs revenus faits en sol canadien dans la création de contenu local, comme le CRTC l’avait initialement décidé.
La prochaine zone de risque pour le Québec, c’est que Mark Carney et le fédéral sacrifient la gestion de l’offre dans le cadre des renégociations avec les États-Unis sans qu’on ait notre mot à dire, exactement comme pour la culture, soutient-il.
Au moment où ces lignes sont écrites, Québec solidaire et le Parti conservateur du Québec n'avaient pas répondu aux demandes de Radio-Canada.
Protéger les intérêts québécois
Un sentiment qui fait écho aux propos de Louise Blais, émissaire du Québec pour les renégociations de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
On a fait des concessions sur la taxe numérique, très lourdes de conséquences, surtout pour le Québec, quand on pense à la protection de la culture et de la langue française, a-t-elle expliqué sur les ondes de Midi Info mercredi.
Le contrôle de la gestion de l’offre dépasse toutefois la protection de la culture. Pour Mme Blais, l’équilibre de la gestion de l’offre est un système qui fait vivre plusieurs petits producteurs – notamment les fermes – dans la province, et sa protection est primordiale dans les négociations avec les États-Unis.
Si on continue à effriter l’accès à notre marché domestique, on met une brèche dans la gestion de l’offre. Donc c’est une des rares lignes rouges que le Québec a [...] et on leur a bien exprimé notre position, dit-elle.

Louise Blais est l'émissaire du Québec pour les renégociations de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). (Photo d'archives)
Photo : Associated Press / Richard Drew
Dans le secteur du lait, par exemple, un changement d’interprétation des quotas actuels pour permettre aux producteurs américains d’avoir accès aux consommateurs directement dans les supermarchés québécois plutôt que de vendre leur produit à des transformateurs serait inacceptable, selon l’émissaire du Québec.
En réalité, c’est offrir une part de marché qui aurait un impact immédiat sur nos producteurs laitiers, alors le mécanisme [la gestion de l'offre] a été mis en place pour de bonnes raisons, ajoute-t-elle.
C’est pourtant une revendication qui est sur la table des Américains. Ils ont été clairs sur cette question-là [...] ils veulent revenir à la charge avec ça [la gestion de l’offre], mais c’est à nous de leur expliquer pourquoi ce ne sera pas possible. Ce n’est pas parce que les Américains le demandent qu'il faut le donner.
Toujours en entrevue à Midi Info, Louise Blais a confirmé que le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, et son homologue américain travaillent sur une proposition commune qui devrait être présentée en début de semaine au président américain.
Si l’émissaire ne connaît pas les détails de la proposition, elle s’attend toutefois à recevoir des nouvelles sur son avancement aujourd’hui.
En entrevue à ICI RDI mardi, la présidente-directrice générale de la Fédération des chambres du commerce du Québec (FCCQ), Véronique Proulx, croit également que le Québec a un rôle de talonner le fédéral pour s’assurer que les priorités du Québec sont entendues.

Selon Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ, le gouvernement n'utilise pas tous les leviers à sa disposition pour aider les entreprises québécoises « à respirer ». (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
La FCCQ jouera un rôle dans les cellules de crise en communiquant l’état de la situation sur le terrain, comment ça se passe pour les entreprises, leurs enjeux et leurs besoins, explique Mme Proulx.
La PDG se montre toutefois critique du gouvernement actuel, qui devrait activer les leviers dont il dispose pour aider nos entreprises, leur donner de l’air.
Qu’est-ce qu’un futur gouvernement caquiste, s’il revient au pouvoir, va faire pour aider les entreprises, transformer notre économie? [...] Malheureusement, nos gouvernements, jusqu’à présent, ont manqué d’ambition dans le cadre de la campagne électorale, ce sont des enjeux qu’on veut ramener sur la table, a-t-elle ajouté.


3 weeks ago
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