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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe projet de loi 8 du gouvernement du Québec soulève une vive opposition chez plusieurs acteurs du milieu de l’éducation autochtone.
Le Conseil en Éducation des Premières Nations (CEPN), la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations du Québec (CDRHPNQ) et l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ), accusent le gouvernement Fréchette d’ajouter de nouveaux obstacles à la réussite scolaire des apprenants des Premières Nations et des Inuit.
Dans un communiqué commun, les trois organisations dénoncent l’intention du gouvernement québécois d’élargir la Charte de la langue française (loi 101) sans consultation appropriée des Premières Nations et des Inuit et l’imposition de nouvelles contraintes linguistiques à des centaines de membres des Premières Nations.
S’il entre en vigueur le 30 juin 2028, le projet de loi 8 interdira aux élèves inscrits à la formation professionnelle ou à la formation générale aux adultes de fréquenter des établissements où la langue d'enseignement est l'anglais. Christine Fréchette s’était engagée à élargir l’application la Charte de la langue française (loi 101) lors de sa course à la chefferie.
Le projet de loi 8 pourrait voir son adoption accélérée, les travaux parlementaires prenant fin le 12 juin prochain.
Des barrières pour la réussite scolaire
Selon les données citées par les organismes, les effets des dispositions linguistiques déjà en vigueur sont mesurables. Ils soutiennent que la majorité des apprenants des Premières Nations inscrits dans des programmes anglophones du réseau provincial échouent aux cours de français imposés par la Loi 14, ce qui compromet leur diplomation.
Les critères linguistiques créent une barrière systémique à la réussite éducative des Premières Nations, violent nos droits ancestraux, limitent les capacités de nos communautés de réglementer l’éducation et entravent les mesures de préservation et de revitalisation de nos langues ancestrales, peut-on lire dans le communiqué commun.
Pour Denis Gros-Louis, directeur général du CEPN, Québec poursuit l’élargissement d’une approche coloniale qui risque d’accentuer les barrières à la diplomation, à l’accès aux études supérieures et au développement d’une main-d’œuvre qualifiée dans [les] communautés.
Une inquiétude pour le développement économique des communautés
Les organisations craignent également que le projet de loi 8 aggrave la pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs stratégiques. Elles estiment que chaque obstacle supplémentaire à la diplomation réduit le nombre de futurs enseignants, travailleurs de la santé, éducateurs, professionnels et entrepreneurs dont les communautés et l’ensemble du Québec ont besoin.
Pour Joe Ortona, président de l’ACSAQ, le débat dépasse largement la question de la langue. Ce n’est pas un enjeu d’éducation en anglais. C’est un enjeu d’accès, d’équité, de main-d’œuvre et de développement économique, souligne-t-il.
L’APNQL et le CEPN ont fait plusieurs demandes depuis le dépôt du projet de loi 96 pour que la Charte de la langue française du Québec ne s’applique pas aux personnes autochtones.
Le CEPN, la CDRHPNQ et l’ACSAQ demandent à la première ministre de retirer le projet de loi 8 ou de le modifier afin de préciser clairement qu’il ne s’applique pas aux Premières Nations et aux Inuit. À leurs yeux, le texte législatif constitue une nouvelle occasion manquée de concrétiser la relation de Nation à Nation revendiquée par le gouvernement.
Nous continuerons de contester toute mesure qui porte préjudice à nos apprenants, prévient Lance Haymond, chef de Kebaowek et membre du Comité des chefs du CEPN.


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