À Montréal, durant l’été 2001, la commission des valeurs mobilières commence à s’intéresser aux activités d’une nouvelle firme qui se fait remarquer par ses opérations financières spectaculaires : Norbourg. L’enquêteur Éric Asselin, chargé du dossier, finira pourtant par démissionner pour rejoindre les rangs de cette entreprise et en suivre le jeune patron charismatique et séduisant, Vincent Lacroix. Ensemble, les deux hommes frauderont plus d’une centaine de petits épargnants.

Norbourg, de Maxime GirouxPhoto : Entract Films
Le cinéma québécois face à l’histoire contemporaine
Cette histoire, tragique et dégoûtante, nous la connaissons, bien sûr. En 2005, elle était à la une de tous les journaux. Mais sous l’œil de Maxime Giroux (Félix et Meira) et la plume de Simon Lavoie (Nulle trace), elle prend une autre dimension, devenant de la chair pour un récit plus grand que nature, et même une fable dans laquelle, par contre, la morale ne sera pas sauve.
S’il peut y avoir quelque chose d’étonnant à voir ces deux représentants d’un cinéma d’auteur plus assumé s’attaquer à ce gros morceau, il reste réjouissant de sentir notre cinéma en phase avec les soubresauts de notre histoire récente.

Vincent-Guillaume Otis et François Arnaud sur l'affiche du film « Norbourg »Photo : Maison 4 3 et Entract films
Deux acteurs en pleine forme
Bien sûr, interpréter des salauds doit bien poser quelques problèmes éthiques. Mais le résultat est saisissant. François Arnaud fait de son Vincent Lacroix un golden boy tomcruisesque au charisme baveux, tandis que Vincent-Guillaume Otis prête ses traits à ce personnage moins connu qu’est Asselin, rendant parfaitement crédible la morale élastique de cet homme capable de retourner sa veste en un claquement de doigts, tant que ses intérêts sont servis.
Heureusement, le film n’oublie pas de présenter des victimes de ces deux serpents, rappelant avec émotion les conséquences concrètes de leurs agissements dans la vie de centaines de personnes.

Norbourg, de Maxime GirouxPhoto : Entract Films
Un thriller financier
Le cinéma américain s’est souvent aventuré du côté de ces suspenses qui font de l’argent et des arnaques leurs rouages principaux. De Wall Street à Margin Call, en passant par The Big Short, les exemples sont légion. Et Norbourg les connaît, ces exemples. Atmosphère découpée à coups d’angles et de textures, bureaux du centre-ville de Montréal filmés en contre-plongée comme ceux d’une grande capitale mondiale, atmosphère claustrophobe, inquiétante et glamour à la fois, musique à l’avenant :
la mise en scène déployée par Maxime Giroux observe cet événement avec les moyens d’un cinéma efficace et ambitieux. Personne ne s’en plaindra!
Norbourg, à voir sur ICI Télé le 23 août, à 19 h30.
La bande-annonce (source : YouTube)


1 week ago
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