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L'intégration étroite des chaînes d'approvisionnement du secteur automobile en Amérique du Nord constitue l'un des principaux points de friction dans les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis. Alors que les pourparlers bilatéraux sont au point mort, la volonté américaine de rapatrier les chaînes de production au sud de la frontière fait craindre que les tarifs douaniers ne deviennent un obstacle permanent à tout futur accord.
Le président américain, Donald Trump, et le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, ont répété à plusieurs reprises que les États-Unis souhaitent voir les emplois du secteur automobile canadien déménager au sud de la frontière.
Lors d'une entrevue accordée à CBC News, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a été interrogé sur l'avenir du secteur automobile intégré des États-Unis et du Canada. Nous avons un grand déficit dans nos emplois manufacturiers ici, et l'automobile y est pour beaucoup, a déclaré M. Greer.

Invité à préciser si l'administration Trump cherchait à éliminer complètement l'industrie automobile du Canada, Jamieson Greer a affirmé que l'objectif était plutôt une réindustrialisation globale. (Photo d'archives)
Photo : Associated Press / Mariam Zuhaib
Je ne pense pas que ce soit un secret. Nous pensons que le processus de mondialisation pour les États-Unis, consistant à s'intégrer à d'autres économies, y compris à celle de nos voisins proches avec lesquels nous commerçons beaucoup, a eu des effets négatifs, en particulier dans des endroits comme le Michigan, l'Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin, a-t-il affirmé.
Lorsqu'on lui a demandé si l'objectif de l'administration Trump était de retirer entièrement la construction automobile du Canada, M. Greer a répondu que le but était de réindustrialiser de façon générale.
Je comprends pourquoi les Canadiens, vous savez, veulent en obtenir le plus possible et essayer d'arracher des concessions aux États-Unis, a-t-il dit. Mais nous nous concentrons sur ce qui est bon pour l'Amérique, tout en nous accommodant du Canada dans la mesure du possible.
M. Greer était le négociateur en chef américain lors des négociations commerciales qui ont échoué la semaine dernière. Des responsables américains et canadiens ont déclaré que les tarifs douaniers américains sur les véhicules finis et les pièces automobiles canadiennes constituaient des questions en suspens dans ces négociations.

L'Ontario compte plusieurs usines de construction automobiles, dont celle de Honda à Alliston. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette
Les négociateurs canadiens ont cherché à faire réduire ces tarifs en dessous du taux de 25 %, mais ils ont soutenu qu'à la dernière minute, les États-Unis ont cherché à exclure les camions lourds et moyens de cet allègement. Les Américains, y compris M. Greer, contestent cette affirmation.
Les camions lourds et moyens comprennent certains modèles de camionnettes de série F de Ford et Silverado de General Motors, qui sont tous deux fabriqués dans des usines de l'Ontario employant environ 20 000 travailleurs.
M. Greer a précisé que les droits de douane sur les camions moyens et lourds étaient distincts des tarifs automobiles pour lesquels l'administration Trump avait proposé une baisse.
Pas de surprise, croit Falvio Volpe
Flavio Volpe, président de l'Association des fabricants de pièces d'automobile, dit ne pas être surpris des commentaires de M. Greer.

Le président de l'Association des fabricants de pièces d'automobile du Canada, Flavio Volpe, croit que l'intégration du secteur rend difficile le rapatriement des usines au sud de la frontière. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Laura MacNaughton
Le président l'a dit, le secrétaire au Commerce l'a dit, ils veulent que les voitures soient fabriquées aux États-Unis et non au Canada, vous n'avez donc pas besoin de me le répéter, a-t-il expliqué à CBC News.
Dès les premières semaines de son second mandat, Donald Trump a déclaré ne pas avoir besoin du Canada pour fabriquer des voitures. Le président a réitéré cette affirmation jeudi, après avoir signé un décret visant à rebaptiser le lac Ontario « lac d'Amérique ».
Une industrie interconnectée
Brian Kingston, président de l'Association canadienne des constructeurs de véhicules, s'est dit encouragé par les commentaires de M. Greer sur l'objectif de réindustrialisation aux États-Unis. Selon lui, l'industrie automobile américaine inclura nécessairement le Canada.
Il n'est pas inattendu de voir une rhétorique accrue à la suite de la rupture des négociations, a déclaré M. Kingston à CBC News.

Une voiture ou ses composants peuvent traverser la frontière entre le Canada et les États-Unis jusqu'à huit fois au cours du processus de fabrication. (Photo archives)
Photo : Associated Press / Carlos Osorio
[M. Greer] n'a pas dit que le Canada ne peut pas avoir d'industrie automobile. En fait, le Canada devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger et renforcer sa base industrielle. Alors, comment y parvenir? Nous allons y arriver en renforçant ensemble nos industries automobiles, qui sont étroitement intégrées.
M. Trump a menacé de doubler les tarifs sur les véhicules fabriqués au Canada et les pièces automobiles non conformes à l'ACEUM au début de la nouvelle année, après l'échec des négociations la semaine dernière.
M. Kingston a soutenu qu'une riposte continue menacerait l'ensemble de l'industrie automobile nord-américaine.

Le PDG de l'Association canadienne des constructeurs de véhicules, Brian Kingston, dit que les propos de Jamieson Greer ne l'inquiètent pas. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Si nous ne trouvons pas une voie de sortie par une baisse des droits de douane, cela rendra l'ensemble de l'industrie nord-américaine moins concurrentielle et réduira sa capacité à rivaliser avec les constructeurs d'autres régions du monde, a-t-il expliqué.
Malgré l'échec des négociations, M. Kingston croit qu'un accord demeure à portée de main. Le sang-froid va l'emporter, mais nous devons arrêter ce cycle de ripostes et recommencer à discuter, a-t-il dit.
M. Volpe a dit espérer que l'administration Trump réalise qu'il n'est pas logique de séparer les secteurs automobiles canadien et américain.
Les pays ne fabriquent pas de voitures. Ce sont les industries de ces pays qui fabriquent des voitures, a-t-il déclaré.

Honda a suspendu pour une durée indéterminée ses projets d'investissement majeur dans la chaîne de valeur des véhicules électriques et des batteries à Alliston en raison de l'évolution de la demande du marché. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette
M. Volpe se dit encouragé par le fait que M. Greer ait accordé une entrevue à des médias canadiens, estimant qu'il s'agit d'un signe que le sujet du commerce entre le Canada et les États-Unis fait son chemin au sein de l'administration Trump.
Il a ajouté que, peu importe l'orientation que prendront les discussions commerciales, le Canada devra assumer l'accord qu'il signera.
Si nous concluons un accord qui sacrifie le secteur automobile, alors nous devrons l'assumer. Ce ne sera pas la faute de l'administration Trump qui dit vouloir obtenir quelque chose de nous. Si nous leur cédons, ce sera sur nos épaules, a-t-il conclu.
Avec les informations de CBC News


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