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Les États-Unis bombardent l’Iran en représailles à l’attaque d’un hélicoptère

4 hours ago 2

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Le CENTCOM (le centre de commandement au Moyen-Orient) a annoncé avoir commencé des bombardements en Iran. Les Américains qualifient ces bombardements « d’opérations de défense ».

Il s’agit, selon le CENTCOM, d'une réponse adéquate contre une attaque iranienne injustifiée ayant visé un hélicoptère Apache de l'armée américaine.

Selon la télévision iranienne, des explosions ont été entendues dans la province de Hormozgan, dans le sud du pays.

L'agence Tasnim rapporte que les attaques américaines ont visé Sirik, l'île de Qeshm et Minab, où plus de 100 écolières ont été tuées au premier jour de l'attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février dernier.

De son côté, l'agence Mehr indique que quatre explosions ont été entendues dans le port de Djask et dans les environs de Bandar-Abbas.

Selon Axios, les attaques ont visé les défenses antiaériennes et les radars dans la région d'Ormuz.

Un responsable américain cité par CNN a indiqué que ces frappes étaient un avertissement à l'Iran, tout en affirmant qu'elles ne devraient pas retarder les négociations en cours.

À la suite de la série d’attaques américaines, le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Abbas Araghchi, a écrit sur son compte X : Malgré leurs défaites sur le champ de bataille, les États-Unis ont choisi de tester notre détermination. Nos puissantes forces armées ne laisseront aucune attaque ou menace sans réponse. Quittez notre région si vous voulez être en sécurité.

Dans la nuit, la télévision iranienne a rapporté que les ports commerciaux de l’île de Qeshm n’ont pas été visés. Cependant une réserve d’eau dans la région de Bimani, à Sirik, a été bombardée, ce qui a conduit à une coupure d’eau potable dans la région.

Le Financial Times rapporte que le prix du pétrole a atteint 92,30 $ après l'attaque américaine.

Donald Trump avait promis auparavant de répliquer à l'Iran, l'accusant d'avoir abattu un hélicoptère américain au-dessus du détroit d'Ormuz, une brusque remontée des tensions alors que le président des États-Unis avait affirmé qu'un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient était proche.

Les Iraniens ont abattu la nuit dernière l'un de nos hélicoptères très perfectionnés de type Apache pendant qu'il survolait le détroit d'Ormuz, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, en précisant que les deux pilotes étaient indemnes.

Les États-Unis doivent, nécessairement, répliquer à cette attaque, a-t-il ajouté.

Nous préférons le langage de la diplomatie, mais nous parlons bien plus couramment d'autres langues. Rompez vos engagements, et nous passerons à celle que nous maîtrisons le mieux, a déclaré de son côté sur X le négociateur en chef de l'Iran, le puissant président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Changement de ton

Il s'agit d'un changement de ton notable alors que Donald Trump affirmait quelques heures plus tôt que la diplomatie américaine était dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord pour mettre fin aux hostilités, évoquant un délai de deux à trois jours pour qu'il soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les attaques réciproques avaient repris entre l'Iran et Israël dimanche et lundi, tuant trois personnes, dont deux militaires, et blessant 15 personnes en Iran, selon un nouveau bilan de la télévision d'État mardi.

M. Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux États-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté les deux pays à cesser immédiatement les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité.

Avant cette énième remontée des tensions mardi, les prix du pétrole, qui avaient flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, crucial pour le transport d'hydrocarbures, avaient baissé, portés par les espoirs d'un accord : vers 12 h 30 (HNE), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, perdait 4,27 % à 90,23 $ US.

Un militant de gauche israélien, déguisé en Benyamin Nétanyahou et brandissant une photo du président américain Donald Trump ainsi que le drapeau américain.

La trêve entre l'Iran et Israël a vacillé, les deux États s'étant échangé des attaques dimanche et lundi.

Photo : Getty Images / Jack Guez (AFP)

En moins de 24 heures, l'Iran avait tiré une trentaine de missiles contre Israël, selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle 2 personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Si les forces armées iraniennes ont annoncé la cessation de l'opération lundi à la mi-journée, elles ont également prévenu qu'en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant [seraient] entreprises.

Téhéran continue d'exiger que le Liban fasse partie d'un accord pour mettre fin à la guerre avec Israël et les États-Unis entamée le 28 février, ce que rejette Washington, qui souhaite aborder le dossier libanais dans un second temps.

Tyr désertée

En attendant, au Liban, frappes israéliennes et attaques du Hezbollah se poursuivent, le groupe pro-iranien continuant de refuser un cessez-le-feu sous conditions entre le Liban et Israël.

Dans le sud du pays, Tyr, pilonnée sans relâche par l'armée israélienne, a été visée mardi par une lourde frappe après un appel israélien à évacuer, selon l'agence nationale d'information libanaise (ANI).

Pour la première fois depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement chiite, le 2 mars, l'appel à évacuer concernait toute la ville, y compris le quartier chrétien où des habitants de Tyr et de localités voisines s'étaient réfugiés.

Des nuages de fumée s'élèvent à la suite d'une frappe israélienne à Tyr.

Des nuages de fumée s'élèvent à la suite d'une frappe israélienne à Tyr, au Liban.

Photo : Reuters / Stringer

Le quartier chrétien est désormais vide à 99 %, a indiqué à l'AFP Walid Al-Tawil, du conseil municipal.

Avant cette mise en garde, au moins 8 personnes avaient été tuées et 32 blessées, dans une autre frappe israélienne sur cette ville millénaire, selon un bilan provisoire du ministère de la Santé.

Le Hezbollah avait, lui, revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban – qui n'ont pas fait de blessés, selon l'armée israélienne. Par ailleurs, dans le nord d'Israël, un homme accusé d'avoir tiré sur des soldats après avoir traversé la frontière depuis le Liban a été abattu, selon l'armée.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a discuté mardi de la situation sécuritaire régionale avec Asim Munir, son homologue au Pakistan – principal pays médiateur dans les pourparlers visant à mettre durablement fin à la guerre.

Selon le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, un accord américano-iranien pour mettre fin à la guerre était sur le point d'être conclu lorsque de nouveaux combats entre l'Iran et Israël ont éclaté dimanche.

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