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Le PQ ne tiendra pas de référendum tant que Donald Trump sera président des États-Unis

2 weeks ago 6

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Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, maintient qu'une consultation populaire sur l'avenir du Québec aura bel et bien lieu dans le premier mandat si sa formation politique forme le gouvernement après les prochaines élections générales. Mais pas avant le 20 janvier 2029.

Dans une longue déclaration publiée mardi matin sur les médias sociaux, le chef du PQ confirme que son parti ne tiendra pas de référendum tant que Donald Trump sera président des États-Unis, parce que son imprévisibilité pourrait nuire à la discussion sur l'avenir du Québec que M. Plamondon souhaite relancer.

Selon lui, un enjeu aussi crucial exige des conditions qui permettent un débat éclairé et serein et ne doit pas être confisqué par les soubresauts de la politique américaine, ni par les coups d’éclat d’un président imprévisible, ni par des campagnes de peur.

Formellement, cela signifie donc qu'un gouvernement du PQ ne tiendra pas de référendum avant le 20 janvier 2029, date de la fin du mandat de Trump à la Maison-Blanche, écrit M. St-Pierre Plamondon plus loin.

Avec cette prise de position, le chef péquiste croit désamorcer complètement l'argument selon lequel ce serait le pire moment pour réfléchir à [l'avenir du Québec] en raison de Trump, un raisonnement employé fréquemment par ses adversaires, dont la première ministre et cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette.

Nous pourrons donc ainsi mener une campagne sur nos propositions pour aider les Québécois et relancer notre avenir, plutôt que sur des arguments de peur redondants et stériles, explique-t-il.

De toute façon, le prochain gouvernement aura amplement de défis et de tâches à accomplir dès le début de son mandat, souligne M. St-Pierre Plamondon, ajoutant qu'il faudra notamment ramasser les pots cassés de la CAQ.

Le vote doit d'abord porter sur cette question fondamentale : à qui pouvons-nous faire confiance pour remettre le Québec sur la bonne voie?, demande-t-il.

9:40

L’analyse de Michelle Courchesne, Jean-François Lisée, Françoise Boivin et Dimitri Soudas à l’émission Mordus de politique animée par Sébastien Bovet.

Ce n'est pas la première fois que le chef du PQ indique qu'un gouvernement péquiste ne lancerait pas le Québec dans une campagne référendaire pendant que Donald Trump occupe la Maison-Blanche.

Il avait notamment admis en mars 2025 que les tarifs douaniers américains pourraient influencer son calendrier référendaire, avant d'assurer, après la partielle remportée par sa candidate Marie-Karlynn Laflamme dans Chicoutimi, l'hiver suivant, que son parti ne mettrait pas en péril la sécurité des Québécois.

Dans sa publication sur les réseaux sociaux, M. St-Pierre Plamondon explique toutefois qu'il souhaitait clarifier les choses à l'aube de la campagne qui sera déclenchée la semaine prochaine.

Selon les plus récents sondages, le PQ pourrait former un gouvernement majoritaire ou minoritaire à l'issue des prochaines élections, et ce, malgré le fait que l'appui à son projet référendaire stagne autour de 30 %.

Ignorer Trump ou foncer malgré tout?

Les réactions à l'annonce du PQ ne se sont pas fait attendre. Christine Fréchette, au premier chef, a accusé Paul St-Pierre Plamondon de dire une chose et son contraire.

Il reconnaît que l'organisation d'un référendum, ça vient créer beaucoup d'incertitude, beaucoup d'instabilité, et au lieu d'organiser un référendum rapidement, dans un prochain mandat, il l'organiserait à la fin d'un premier mandat, [ce qui est] pire, a-t-elle fait valoir avant de prendre la parole devant le CORIM, mardi.

C'est irresponsable, a-t-elle poursuivi, soulignant que la sortie de son adversaire péquiste survient à la veille de l'entrée en vigueur prévue de nouveaux tarifs américains.

En entrevue à Radio-Canada, le chef libéral Charles Milliard a jugé pour sa part que l'annonce péquiste avait pour effet d'affaiblir l'option souverainiste. Parce que ça montre qu'aussitôt que ça brasse un peu au niveau géopolitique, le PQ préfère rester dans le Canada et attendre que les choses se règlent, constate-t-il.

PSPP est une vraie girouette référendiste! a renchéri le chef conservateur Éric Duhaime. Comment faire confiance à quelqu’un qui a répété pendant cinq ans qu’il ferait l’indépendance coûte que coûte, puis change d’idée à une semaine des élections? a-t-il demandé dans une déclaration transmise aux médias.

Si un autre gouvernement protectionniste prend le pouvoir à Washington, que fera-t-il? Repousser encore son projet?

Québec solidaire, qui partage les visées indépendantistes du PQ, a plaidé de son côté mardi, en marge d'une annonce devant le parlement, pour ne pas conditionner le projet à la politique américaine.

Notre projet de faire du Québec un pays ne peut pas dépendre des aléas du monde entier, a plaidé sa candidate au poste de première ministre, Ruba Ghazal. Et malheureusement, l’instabilité dans laquelle on est plongé, c'est en train de devenir notre nouvelle normalité, donc on ne peut pas agir en fonction de ça.

Le parti Climat Québec, lui aussi souverainiste, a également publié un communiqué pour dénoncer la volte-face de PSPP. Les indépendantistes ont raison de se sentir trahis, a déclaré sa cheffe, Martine Ouellet. Sans surprise, c'est le retour des "conditions gagnantes", de l'attentisme et du provincialisme au PQ, s'est-elle désolée.

Si vous n'êtes pas à la table, vous êtes au menu

En entrevue à Midi info, sur ICI PREMIÈRE, Paul St-Pierre Plamondon a répliqué aux attaques concernant l'incertitude créée par sa stratégie référendaire, mardi, en soutenant que c'est plutôt l'appartenance à la fédération canadienne qui rendait le Québec vulnérable à l'offensive économique des États-Unis.

Regardez ce qui vient d'arriver au gouvernement Fréchette, a-t-il dit, évoquant tour à tour la « taxe Netflix », qui vient d'être abandonnée par Mark Carney, la gestion de l'offre, dont l'avenir est menacé, ainsi que le manque d'informations fournies par les diplomates canadiens à leurs homologues québécois.

En gros, ils attendent au bout du fil de savoir ce qui arrive avec nos intérêts pendant que c'est le fédéral qui décide à notre place, a résumé le chef péquiste.

Décider par soi-même, c'est la meilleure posture, a-t-il poursuivi, avant de citer le premier ministre du Canada. En fait, c'est Mark Carney qui nous le dit, là : "Si vous n'êtes pas à la table, vous êtes au menu".

L'annonce péquiste de mardi, dans les faits, ne repousse l'échéance référendaire que de quelques mois. Son Livre bleu prévoit déjà qu'avant de soumettre cette option aux urnes, le gouvernement consacrerait d'abord un à deux ans à une commission itinérante de consultations citoyennes.

Le choix de la date du référendum avait été un véritable casse-tête pour le gouvernement péquiste de Jacques Parizeau après l'élection de celui-ci, en septembre 1994. Monsieur avait finalement arrêté son choix sur le 30 octobre 1995 après avoir, dans un premier temps, envisagé de le tenir encore plus tôt dans le mandat.

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