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Le PM britannique voit sa position minée par le départ de son secrétaire à la Défense

1 day ago 5

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Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a promis vendredi de se battre pour rester au pouvoir après la démission soudaine du secrétaire d'État à la Défense, qui avait toute sa confiance, affaiblissant son leadership déjà fragile.

Tandis que les élus du Parti travailliste se révoltent et que ses rivaux complotent, M. Starmer a vu partir plusieurs ministres dans les dernières semaines, délégués et de haut rang, tous désemparés par l'impopularité persistante du gouvernement.

Mais le départ soudain du secrétaire à la Défense, John Healey, est un coup dur pour le premier ministre. M. Healey a démissionné jeudi, en prévenant que le gouvernement n'accordait pas suffisamment de moyens à l'armée pour assurer la sécurité de la Grande-Bretagne en cette période de menaces croissantes.

Son départ blesse M. Starmer là où le premier ministre a toujours été le moins vulnérable : sur la scène internationale.

Depuis son écrasante victoire en juillet 2024, M. Starmer a renforcé l'appui à l'Ukraine, collaborant avec le président français, Emmanuel Macron, sur une coalition des volontaires multinationale, visant à garantir la sécurité de l'Ukraine advenant un cessez-le-feu.

La France et le Royaume-Uni ont également mis sur pied une force de sécurité maritime qui contribuerait à maintenir le détroit d’Ormuz ouvert à la navigation si la guerre avec l’Iran prend fin.

M. Starmer a fermement fait valoir que les nations européennes doivent faire davantage pour financer leur propre défense, en réponse aux critiques du président Donald Trump à l’égard des alliés des États-Unis au sein de l’OTAN.

M. Starmer s’est toujours montré cohérent pour avertir des risques de sécurité que représente la Russie, a dit Olivia O'Sullivan, directrice du programme UK in the World au sein du groupe de réflexion Chatham House. Il a été salué par l’opinion publique pour avoir su gérer Trump avec sang-froid et sérénité. Et, dans la lignée des gouvernements britanniques précédents, il a été un allié proche et constant de l’Ukraine.

Le divorce entre Starmer et Healey

Le Plan d’investissement dans la défense, une feuille de route du gouvernement très attendue, indiquant comment le Royaume-Uni va porter ses dépenses militaires à 3,5 % du PIB d’ici 2035, est mis en cause. L’armée britannique cherche également à inverser des années de déclin face à une Russie de plus en plus affirmée, qui a envahi son voisin, l’Ukraine, en 2022, et teste de plus en plus les défenses des nations européennes par des activités affichées et secrètes.

M. Healey estime que les dépenses de défense doivent atteindre 3 % du PIB d’ici 2030. Il a démissionné, frustré, après que la ministre des Finances, Rachel Reeves, eut refusé de céder sur un plan qui ne répond pas à cet objectif.

Il a cité une évaluation des services de renseignement britanniques selon laquelle la Russie pourrait attaquer un pays membre de l'OTAN dès 2030 et a déclaré qu'un plan de dépenses inférieur aux besoins pourrait rendre le pays moins sûr.

Les contestataires font valoir que les dépenses militaires peuvent être un gouffre sans fond et soulignent que les projets d’acquisition dépassent régulièrement les délais et les budgets prévus.

Le sous-secrétaire d'État aux Forces armées, Al Carns, qui a démissionné quelques heures après M. Healey, a dit qu'il ne s'agissait pas seulement de dépenser plus d'argent, mais de le dépenser à bon escient. Il a estimé que le plan d'investissement n'était pas suffisamment transformateur.

 Je veux voir un pourcentage plus élevé consacré aux systèmes sans équipage, à l’IA, aux données – les données sont la nouvelle poudre à canon – et nous devons aller de l’avant sur ce point si nous voulons gagner la prochaine guerre, a-t-il déclaré à la BBC.

Des démissions qui pourraient précipiter celle de Starmer

M. Healey est loin d'être le premier à quitter le navire. M. Starmer a perdu plusieurs ministres, puis le secrétaire d’État à la Santé, Wes Streeting, qui a démissionné afin de pouvoir se présenter à la direction du parti si une élection était déclenchée.

Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, devrait lui aussi défier M. Starmer pour la direction du parti s’il est élu au Parlement lors d’une élection extraordinaire, jeudi.

Mais le départ de M. Healey, longtemps considéré comme un ministre loyal et sans ambitions personnelles de leadership, suggère que la crédibilité de M. Starmer, même auprès de sa garde rapprochée, est peut-être en train de s’effriter, a déclaré Mme O’Sullivan.

M. Starmer a insisté vendredi sur le fait qu’il reste en poste, ajoutant que son travail consiste à prendre des décisions difficiles.

Il a déclaré à la BBC que la défense était sa priorité numéro un. Et [qu'il a] pris les décisions difficiles pour garantir la sécurité de notre pays.

Je ne vais pas partir. Je ne pense pas que nous devrions plonger le pays dans le chaos d’une élection à la direction du parti, a-t-il déclaré. Je ne pense pas que cela devrait arriver, mais si c’est le cas, alors je me battrai.

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