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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAfrika Bambaataa, largement considéré comme l’un des principaux pionniers du hip-hop, est décédé jeudi en Pennsylvanie d’un cancer de la prostate, selon son avocat. Il avait 68 ans.
Sa mort soudaine a suscité une vague d’hommages de la part d’amis, de membres de sa famille et d’adeptes de sa musique à travers le monde, qui ont salué son influence profonde et singulière sur l’un des genres musicaux les plus populaires et politiquement marquants.
D’autres ont toutefois souligné que son héritage avait été terni ces dernières années, après que plusieurs hommes, qui l’avaient connu alors qu’ils étaient enfants, l’ont accusé d’agressions sexuelles.
Le rappeur et producteur est notamment connu pour des titres marquants comme Planet Rock (1982), pour sa collaboration avec John Lydon, ancien chanteur des Sex Pistols, et parce qu'il a fondé le collectif artistique Universal Zulu Nation.
Le hip-hop ne sera plus jamais le même sans lui – tout ce que le hip-hop est aujourd’hui, c’est grâce à lui. Son esprit vit dans chaque beat, chaque "cypher" [cercle d’improvisation] et chaque recoin de ce monde qu’il a touché, a déclaré son agence, Naf Management Entertainment, dans un communiqué transmis par courriel.
Créer un nouveau son à partir de vieux morceaux
Né Lance Taylor en 1957 dans le South Bronx, à New York, Afrika Bambaataa a grandi dans un quartier en déclin, marqué par la ségrégation et des années de négligence économique.
Dans les années 1970 et 1980, des propriétaires incendiaient des immeubles pour toucher des indemnités d’assurance plutôt que d’investir dans leur entretien, laissant de nombreuses familles portoricaines et noires à faible revenu sans perspectives socioéconomiques.
D’origines jamaïcaine et barbadienne, le DJ a été élevé dans un complexe de logements sociaux par sa mère. Très tôt, il découvre la musique grâce à la collection de vinyles de celle-ci.
La capacité à réutiliser et à mixer d’anciens morceaux devient l’une de ses signatures lors des soirées qu’il organise dans des centres communautaires du quartier au début des années 1970. Il cite notamment l’influence de Kool Herc, souvent considéré comme le père du hip-hop.
Sa popularité ne cesse de croître au fil de la décennie et jusque dans les années 1980, période durant laquelle il lance une série de morceaux électro qui contribuent à façonner les débuts du hip-hop et de l’électro-funk. Il est aussi l’un des premiers DJ à exploiter les breakbeats et à intégrer la boîte à rythmes Roland TR-808.
On jouait de tout, tout ce qui groove, disait-il. D’autres DJ passaient leurs meilleurs disques pendant 15 ou 20 minutes. Nous, on changeait toutes les minutes ou deux.
Afrika Bambaataa a également expliqué avoir mis à profit ses liens avec le gang de rue des Black Spades pour fonder la Zulu Nation, en référence à un groupe ethnique d’Afrique du Sud qui l’inspirait. Son mot d’ordre – paix, amour, unité et plaisir – visait à apaiser les conflits entre gangs grâce à l’essor du hip-hop.
Il rebaptisera plus tard le groupe Universal Zulu Nation afin d’y inclure tous les peuples de la planète.
Allégations d’agressions sexuelles
En 2016, un activiste politique du Bronx du nom de Ronald Savage accuse Bambaataa de l’avoir agressé en 1980, alors qu’il était adolescent.
L’artiste a nié ces accusations. En 2024, Ronald Savage est revenu sur ses déclarations, affirmant qu’il fréquentait des clubs avec de fausses pièces d’identité et que le DJ croyait avoir affaire à une personne majeure consentante.
Cependant, après ces accusations initiales, plusieurs autres hommes ont affirmé avoir vécu des expériences similaires. En juin 2016, la Universal Zulu Nation publie une lettre ouverte présentant ses excuses aux survivants d’agressions sexuelles présumées, reconnaissant que certains membres étaient au courant sans avoir dénoncé les faits.
Nous présentons nos excuses les plus profondes et sincères à toutes les personnes qui ont été blessées, écrivait l’organisation.
Si aucune accusation n’a mené à des poursuites criminelles, Afrika Bambaataa a perdu l’an dernier un jugement par défaut dans une cause civile intentée par un plaignant qui affirmait avoir été agressé pendant plusieurs années à partir des années 1980, alors qu’il n’avait que 12 ans.
Avec les informations de Associated Press et CBC


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