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L’Iran dit ne pas faire confiance aux États-Unis et exige la garantie de ses droits

1 week ago 6

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L'Iran a conditionné dimanche tout accord avec les États-Unis à la garantie de ses « droits », soulignant qu'il ne croyait « ni aux paroles ni aux promesses » américaines dans les laborieuses négociations en cours pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient qui s'étend dans le sud du Liban.

Alors que les deux pays semblaient, ces derniers jours, se rapprocher d'un accord, le New York Times a indiqué samedi, sans fournir plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Les discussions et les échanges de messages sont toujours en cours et tout ce qui se dit actuellement relève de suppositions et ne doit pas être pris au sérieux, a dit le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, cité par la télévision d'État.

Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis, avait déclaré auparavant dans une vidéo diffusée dimanche par la télévision d'État le principal négociateur iranien, le chef du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Les combattants dans le domaine diplomatique ne croient ni aux paroles ni aux promesses de l'ennemi.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté dans la position de Washington.

Dans une entrevue enregistrée dans la semaine et diffusée samedi sur la chaîne Fox News, il s'est prévalu d'un engagement renouvelé de Téhéran à ne pas se doter de l'arme atomique.

Donald Trump, debout dehors, l'air sérieux, devant un drapeau des États-Unis en berne.

Le président des États-Unis, Donald Trump, le 8 mai 2026 (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Alex Wong

La seule garantie que je dois avoir, c'est qu'il n'y aura pas d'armes nucléaires. Ils ont accepté cela, et c'était très intéressant, a affirmé M. Trump.

Ils avaient d'abord dit : ''Nous ne développerons pas d'arme nucléaire''. J'ai dit : ''Bon, que se passerait-il si vous achetiez une arme nucléaire?''. Maintenant, ils disent : "Nous ne développerons pas et n'achèterons d'aucune manière une arme", a-t-il poursuivi.

Téhéran a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des États-Unis et de nombreux pays.

Trump pas pressé

L'un des objectifs affichés de Washington au début de la guerre était de détruire le programme nucléaire iranien, et plus de 80 % des sites de missiles ont été frappés, d'après les États-Unis.

Mais, selon CNN dimanche, des images satellites montrent que l'Iran a profité du cessez-le-feu pour déblayer au bulldozer 50 entrées de tunnels sur 69, dans les 18 sites touchés par Israël et les États-Unis.

De son côté, l'Iran considère la levée des sanctions américaines et le déblocage de ses avoirs gelés comme faisant partie de ses droits, et revendique de maintenir un contrôle sur le détroit stratégique d'Ormuz, qu'il a quasi bloqué au début de la guerre.

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël intensifie ses opérations contre le Hezbollah pro-iranien.

Quant au nucléaire, l'Iran souhaite en discuter dans un second temps.

Le président américain a affirmé qu'il n'était pas pressé. Lentement mais sûrement, je crois que nous obtenons ce que nous voulons, sinon les choses finiront autrement, a-t-il ajouté.

Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, derrière un podium.

Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, participe au Dialogue de Shangri-La, à Singapour.

Photo : Reuters / Edgar Su

Samedi, son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avait affirmé que les États-Unis étaient plus que capables de repartir en guerre contre l'Iran en cas d'échec des pourparlers.

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Un vraquier est ancré dans le détroit d'Ormuz.

Un vraquier est ancré dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le samedi 2 mai 2026.

Photo : Associated Press / Amirhosein Khorgooi

Washington a aussi affirmé son opposition au maintien d'un contrôle iranien du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, et a imposé pour sa part à la mi-avril un blocus des ports iraniens.

Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) a affirmé samedi avoir mis à l'arrêt, en tirant un missile sur sa salle des machines, un cargo battant pavillon gambien qui tentait de rejoindre un port iranien.

Avancée israélienne dans le sud du Liban

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont de leur côté affirmé dimanche avoir abattu un drone américain MQ1 qui s'apprêtait, selon eux, à pénétrer dans les eaux territoriales iraniennes pour des opérations hostiles. L'armée américaine n'a pas réagi dans l'immédiat.

De la fumée s'élève d'un village libanais.

Des frappes israéliennes sont notamment signalées dans le secteur de Kfar Joz, au Liban.

Photo : Reuters / Stringer

Sur le front libanais, rouvert le 2 mars par des tirs du Hezbollah pro-iranien contre Israël, l'armée israélienne avance dans le sud du pays, où elle a mené de nouvelles frappes aériennes, tandis que le mouvement chiite poursuit ses attaques sur ses positions et dans le Nord israélien, malgré une trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a affirmé dimanche avoir ordonné à l'armée, qui a franchi vendredi le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière, d'approfondir et d'étendre [le] contrôle des lieux qui étaient sous le contrôle du Hezbollah.

Il a qualifié de tournant décisif la prise par ses troupes de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elles avaient établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Le président français, Emmanuel Macron, a estimé quant à lui que rien ne justifie l'escalade majeure en cours dans le sud du Liban.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques s'exprimant à l'AFP.

Israël a aussi appelé dimanche à l'évacuation de toute la région au sud du fleuve libanais Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière, et annoncé qu'un soldat avait été tué la veille par un drone explosif du Hezbollah.

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