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Gaz Bar Blues : Serge Thériault, Louis Bélanger et l’évidence

3 weeks ago 9

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Le grand film signé Louis Bélanger est à (re-)voir samedi 15, à 20 h. Replongez-y sans attendre!

Il est parfois des films devant lesquels on ne peut que se rendre à l’évidence : ils ont trouvé, l’air de rien, le chemin pour se rendre jusqu’à nos cœurs et y rester. Gaz Bar Blues, le deuxième long métrage de  Louis Bélanger, réalisé en 2003, fait assurément partie de ceux-là.,

Et des années plus tard, l’évidence reste totale. Sans détour, Gaz Bar Blues a trouvé sa place et ne la perdra jamais.

Les comédiens réunis autour du gaz bar

Gaz Bar Blues, de Louis BélangerPhoto : Film Tonic

Un regard plein d’humanisme sur une famille québécoise

Nous sommes donc en 1989. Le monde palpite sous la pression d’intenses bouleversements géopolitiques. Et François Brochu, lui, propriétaire d’un gazbar, a bien du mal à faire face : son commerce va mal, victime de la concurrence des stations libre-service qui pullulent maintenant dans le quartier, ses fils ne veulent rien savoir de reprendre le flambeau et la maladie de Parkinson le guette.

Chez d’autres, le misérabilisme aurait sans doute pointé le bout de son nez, mais chez Bélanger, c’est plutôt l’humanisme qui se révèle.

Deux hommes (Gilles Renaud et Serge Thériault) dans un garage.

Gaz Bar Blues, de Louis BélangerPhoto : Alliance Vivafilm

Magnifique Serge Thériault

Car c’est le regard infusé à la sincérité et à la tendresse qu’il observe autant les effets de lamondialisation naissante que la vie quotidienne de la famille Brochu, en particulier des hommes dont rarement un portrait aussi juste aura été dressé.

Comment expliquer alors ce petit miracle d’un film aussi évident? Peut-être est-ce parce que la matière première de cette œuvre unique réside dans les souvenirs mêmes du cinéaste, évoquant à travers le quotidien de cette petite station-service d’un quartier pauvre de Québec, son propre père? Peut-être faut-il chercher là le supplément d’âme qui en découle? Ou peut-être est-ce encore la musique, superbe, signée par le frère du cinéaste, Guy? Ou simplement dans cette présence, à la fois tutélaire et bouleversante, de Serge Thériault , dont l’interprétation a assurément marqué l’histoire du cinéma québécois?

Trois hommes (Dany Gilmore, Claude Legault et Réal Bossé) assis dans un garage.

Gaz Bar Blues, de Louis BélangerPhoto : Alliance Vivafilm

Un grand film, tout simplement

Comment trouver exactement ce qui, dans ce film poétique et grave, drôle et sérieux, intime et politique, parvient à tant émouvoir? Et si la réponse nous échappait? S’il fallait tout simplement admettre qu’il y a quelque chose de magique qui se joue dans ce film, quelque chose lui ayant permis de trouver sa place dans l’imaginaire collectif, sans artifice ni manipulation. On aurait presque envie de dire peu importe.

Car ce qui compte, c’est que Gaz Bar Blues est, encore aujourd’hui, ce que l’on pourrait appeler « quelque chose comme un grand film ».

Gaz Bar Blues, à voir sur ICI Télé samedi 15, à 20 h.

La bande-annonce(source :YouTube)

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