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Élections au Québec : pas d’alliance en vue entre les partis

2 hours ago 4

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Le Parti québécois (PQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ) excluent tous deux de former un pacte pour gouverner ensemble au lendemain des élections du 5 octobre. Mais la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, continue de laisser croire qu'une telle chose est possible.

Les conjectures étaient à l'honneur, lundi, après la publication des résultats d'un sondage Segma réalisé pour le compte de Radio-Canada et de CN2i laissant entrevoir l'élection, dans deux semaines, d'un gouvernement péquiste minoritaire dont la survie pourrait dépendre des conservateurs.

Mme Fréchette – qui, la veille, avait évoqué la possibilité d'une « alliance » entre le PQ et le PCQ – en a remis une couche, en matinée, disant avoir noté, ces dernières semaines, une évolution dans le discours des deux partis. Il y a une sorte d'alliance souveraineté-austérité qui est en train de se dessiner, a-t-elle soutenu.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, qui avait déjà écarté l'idée d'un tel pacte dimanche, et son homologue conservateur Éric Duhaime, qui avait pris congé ce jour-là, ont tour à tour nié la possibilité d'un tel rapprochement postélectoral, lundi. Mais dans des termes différents.

Si M. St-Pierre Plamondon a dit croire qu'il était encore possible que le PQ obtienne la majorité des sièges à l'Assemblée nationale, M. Duhaime a rappelé que les partis seraient tous forcés de collaborer ensemble advenant l'élection d'un gouvernement minoritaire, et ce, peu importe sa couleur.

Il n’est aucunement question de s’allier à qui que ce soit, a certifié le chef péquiste. Une élection sert à considérer les propositions de chaque parti et la qualité des équipes, pas à faire des scénarios de fiction, a-t-il pesté.

Éric Duhaime, lui, a juré qu'il n'était pas question pour le PCQ de faire partie d'un gouvernement de coalition, peu importe la couleur. Cela étant dit, on va agir de façon responsable. L'objectif, ce n'est pas reprovoquer des élections, a-t-il assuré, en point de presse.

S'il y a un gouvernement minoritaire, il peut avoir une longue vie. Il faut comprendre que ça peut être très stable s'il y a de la bonne foi de tout le monde.

À ce jour, aucun chef n'a laissé entrevoir la possibilité de signer un pacte qui permettrait à un parti de rester au pouvoir sans détenir la majorité au Parlement, à l'image de celui conclu à Ottawa en 2022 entre les libéraux et les néo-démocrates, qui a permis au gouvernement Trudeau de rester au pouvoir pendant trois ans.

Des ententes à la pièce, toutefois, seraient tout à fait possibles, ont-ils reconnu. La candidate de Québec solidaire (QS) au poste de première ministre, Ruba Ghazal, s'est par exemple montrée ouverte, lundi, à collaborer avec le chef du PCQ pour réformer le mode de scrutin.

On est alliés là-dedans, a-t-elle souligné. C'est nous qui l'avons invité pour dire que le mode scrutin, ce n'est pas assez démocratique, et on est tous des démocrates. On veut qu'il soit plus représentatif de la population.

Mme Ghazal – qui, la veille, avait qualifié la relation entre Paul St-Pierre Plamondon et Éric Duhaime de bromance – a toutefois souligné que le programme de QS était fort différent de celui des conservateurs.

Nous, ce qu'on veut, c'est des services publics très forts, et ça, ça ne veut pas dire couper à la tronçonneuse, comme lui le propose, a-t-elle fait valoir, ajoutant, encore une fois, que la compatibilité des positions du PQ et du PCQ à cet égard étaient de plus en plus évidente.

Gros plan sur Charles Milliard, vêtu d'un veston foncé et d'une chemise bleue, s'exprimant d'un air concentré.

Le chef libéral Charles Milliard exclut de former une alliance avec qui que ce soit au lendemain des élections du 5 octobre.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Charles Milliard, enfin, a écarté, comme il l'avait déjà fait plus tôt dans la campagne, la possibilité que le Parti libéral du Québec (PLQ) s'allie à la CAQ pour faire barrage au PQ dans le but d'empêcher Paul St-Pierre Plamondon de tenir le référendum sur l'indépendance qu'il a promis dans un premier mandat.

Moi, je suis dans cette campagne-là pour remporter les élections, a-t-il dit, affirmant qu'il ne s'identifiait à aucun autre parti actif sur la scène québécoise. Alors moi, j'y vais all in, comme on dit, pour séduire les Québécois.

Mme Fréchette, de la même façon, a tendu la main aux sympathisants péquistes et libéraux, préférant attirer vers elle de nouveaux électeurs plutôt que de devoir s'entendre avec les autres chefs sur un éventuel pacte de gouvernance.

La première ministre sortante, pour ce faire, a fait valoir que, contrairement au PQ, un gouvernement de la CAQ ne tiendrait pas de référendum, un mot qu'elle a prononcé une dizaine de fois en 45 minutes, lundi matin.

Je sais qu'il y a des souverainistes qui n'en veulent pas d'un référendum. Il y en a plusieurs, [même]. On les invite, ces gens-là, à joindre notre coalition, a-t-elle déclaré, appelant du même souffle les libéraux qui sont enclins à bloquer l'idée d'un référendum à se joindre à elle pour barrer la voie au PQ.

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