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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayÀ Toronto, des dizaines de conducteurs ont ignoré les panneaux de signalisation pour suivre aveuglément les instructions de leur téléphone, se retrouvant face à face avec le trafic sur une rue à sens unique.
Averti par des résidents déconcertés par ce flux de voitures à contresens, le conseiller municipal Josh Matlow s'est rendu sur place.

Les automobilistes, guidés par leur GPS, ont circulé à contresens sur la rue Winona avant l’intervention des autorités municipales.
Photo : Capture d'écran de Google Maps
Face au danger pour le voisinage et à l’absence de réaction immédiate de l’entreprise technologique, la Ville a installé en urgence un panneau temporaire en plein milieu de la chaussée pour forcer les conducteurs à ignorer leur téléphone.
Frustré par l’opacité du géant technologique, qu’il a tenté de contacter en vain, M. Matlow a déclaré : S’ils ont pour mission de donner des indications aux gens pour se déplacer dans leurs villes, ils devraient avoir pour mission d’être réceptifs envers ces villes lorsque nous leur disons qu’ils se trompent.
Ça montre à quel point nous dépendons des applications pour nous déplacer en ville, nous ne levons souvent même pas les yeux pour remarquer les panneaux de signalisation qui sont pourtant là depuis toujours.
L’erreur a finalement été corrigée sur Google Maps tôt le lendemain matin de l’intervention de la Ville, ce qui a permis à la circulation de revenir à la normale sur la rue Winona.
Les failles de l’algorithme
Comment une telle situation peut-elle se produire? Pierre-Léo Bourbonnais, professionnel de recherche à la Chaire Mobilité de Polytechnique Montréal, explique que le système de Google s’appuie massivement sur l’intelligence artificielle et des algorithmes.
L’application analyse en continu les traces GPS des téléphones activés par les usagers, qu’ils soient en voiture, à pied ou à vélo.
Toutefois, l’algorithme peut faire des erreurs d’interprétation, par exemple en confondant le passage de cyclistes avec celui d’automobilistes sur de petites rues résidentielles, ce qui génère des itinéraires illégaux pour les voitures.
Lorsqu’une nouvelle configuration routière survient, la plateforme attend souvent que l’intelligence artificielle détecte un changement dans les habitudes de circulation pour s’ajuster.
De son côté, Google affirme que, pour maintenir Maps à jour, il utilise plusieurs sources, notamment les informations fournies par les autorités locales, les fournisseurs de données tiers et les commentaires de [la] communauté.

Selon Pierre-Léo Bourbonnais, professionnel de recherche à la Chaire Mobilité de Polytechnique Montréal, le système de Google s’appuie massivement sur l’intelligence artificielle et des algorithmes. (Photo d’archives)
Photo : Reuters / ARND WIEGMANN
Nous sommes toujours ouverts à toute collaboration avec des sources de données fiables afin de fournir les informations les plus fiables aux conducteurs, peut-on lire dans leur réponse par courriel.
Pourtant, Pierre-Léo Bourbonnais doute de la transparence de la plateforme.
Il souligne que les municipalités n’ont aucun canal direct pour exiger des corrections urgentes et doivent accumuler des points via un système de requêtes aléatoire dont les délais de traitement varient d’une journée à trois mois.
C’est très obscur, c’est difficile de parler à quelqu’un, puis ce n’est jamais les mêmes personnes qui répondent quand on fait une requête. On ne connaît pas leur méthodologie, on ne sait pas comment ils détectent les modes [de transport], déplore-t-il.
Il prône un système de carte par code source libre, déjà en vigueur en Europe.
Le modèle code source libre comme solution
Il faut, selon lui, cesser de s’en remettre à des géants technologiques comme Google, qui possèdent un quasi-monopole en répertoriant 99 % des lieux d’activité en Amérique du Nord.
Cette centralisation rend nos réseaux routiers vulnérables : puisque presque tout le monde utilise le même outil, la moindre erreur de l’algorithme a un effet d’entraînement immédiat et chaotique sur la sécurité locale, les conducteurs frustrés ayant tendance à se suivre aveuglément dans des sens interdits.
Pour contrer cette dépendance dangereuse, le chercheur invite les gouvernements à adopter des solutions libres, comme OpenStreetMap, dont l’algorithme est connu et transparent.
On est dépendant d’une compagnie étrangère qui contrôle les données […] on n’a pas de levier pour corriger quoi que ce soit sans passer par eux, insiste M. Bourbonnais, rappelant que les systèmes ouverts permettent aux villes de corriger elles-mêmes les erreurs de configuration routière le jour même.
Cependant, M. Bourbonnais explique que les villes hésitent, car elles doivent d’abord financer l’ajout massif de données manquantes sur la plateforme (voies, limites de vitesse) et adapter leurs propres licences de données publiques, souvent incompatibles avec ce système ouvert.


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