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« Des allégations basées sur rien » : Pablo Rodriguez se confie sur une année difficile

1 week ago 2

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« Ce que j’ai vécu était très violent ». L’ancien chef du Parti libéral du Québec, Pablo Rodriguez, est sorti de son silence alors que les enquêtes menées par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) sont terminées.

Pour rappel, ces enquêtes concernaient des allégations de malversations lors de la course à la chefferie du Parti libéral du Québec, notamment l’achat de votes à coup de billets de 100 $, baptisés brownies en raison de la couleur brune des billets.

Les enquêteurs n’ont rien trouvé à reprocher à M. Rodriguez, ni à lui, ni à son équipe rapprochée, entendus en qualité de témoins, a-t-il mis en évidence lors de deux entrevues sur les ondes de Radio–Canada mercredi matin, l'une à Première ligne sur RDI, l'autre à l'émission radio Tout un matin.

C’est un soulagement sans aucune surprise, a confié celui qui a toujours clamé son innocence. J’ai agi avec authenticité et éthique.

Je suis content que la vérité sorte.

Protéger sa famille

S’il a démissionné en décembre dernier, c’est avant tout pour sa famille, a-t-il expliqué.

Sa conjointe et sa fille se sont trouvées emportées dans la tempête des accusations de corruption qui ont déferlé sur lui. La première, avocate, a perdu son plus gros client. La seconde, étudiante en droit, a dû reporter ses examens finaux à l’Université Laval.

Je l’ai aussi fait pour le Parti libéral, car j’étais devenu une distraction, a-t-il ajouté.

D’autres membres du PLQ ont toutefois été pointés du doigt pour des pratiques inappropriées lors de cette course à la chefferie.

La députée Sona Lakhoyan a été blâmée par la commissaire à l’éthique et à la déontologie pour avoir utilisé, à des fins partisanes, des ressources de son bureau de circonscription de Chomedey. L'homme d'affaires Emanuel Cabral a, de son côté, été mis en cause par le DGEQ pour avoir recouru à des prête-noms pour financer la campagne de M. Rodriguez.

Ce qui est arrivé dans le cas de M. Cabral, c'est totalement inacceptable [... ] Pour ce qui est de moi, de mon intégrité, de l'intégrité de mon équipe, [elle n'est] pas du tout remise en question ni par l'UPAC ni par le Directeur général des élections, a souligné M. Rodriguez.

L'ex-chef libéral est aussi revenu sur une autre tempête qui a secoué le PLQ l’automne dernier : l’affaire Marwa Rizqy. La députée de Saint-Laurent a été sanctionnée pour avoir unilatéralement congédié sa cheffe de cabinet, sans le consulter ni même l'en informer au préalable.

Je l'ai nommée au poste le plus important que j'avais [NDLR : cheffe parlementaire] avec tous les pouvoirs inhérents à ce poste-là. Et ce qu'elle a fait, moi, je l'ai vécu et je le vis comme une profonde trahison, a-t-il reconnu.

Marwah Rizqy.

Marwah Rizqy, ancienne cheffe parlementaire du Parti libéral du Québec. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Toujours passionné par la politique

Pablo Rodriguez a siégé à Ottawa de nombreuses années : élu à six reprises, il était ministre fédéral des Transports avant de s'engager au niveau provincial. S'il était resté au fédéral, il aurait fait partie du gouvernement de Mark Carney. Se tenir debout pour le Canada face à Trump, j’aurais adoré ça, a-t-il admis.

Toutefois, il dit ne pas avoir de regrets, même s'il est convaincu qu’il aurait pu faire une différence au Québec. Ça ne s'est pas passé comme ça et c'est dommage, mais c'est le message aujourd'hui : il ne faut plus que cette situation se reproduise.

On ne peut pas avoir un politicien qui démissionne sur la base de pressions comme ça, d'allégations qui n'ont jamais été fondées. C'est très mauvais pour notre démocratie.

Lors d’un point presse hier, Charles Milliard a d’ailleurs fait savoir qu’il souhaitait voir le Québec s'engager dans une réflexion collective au sujet de cette affaire.

7:12

Qui a pu vouloir faire tomber Pablo Rodriguez avec ces textos diffusés par le Journal de Montréal, et dont l’authenticité n’a pas été prouvée?

Au début de 2026, l’enquête menée par le juge à la retraite Jacques R. Fournier, mandaté par les libéraux pour démêler le vrai du faux dans cette affaire, avait conclu que les textos évoquant les fameux brownies étaient des montages.

L’ancien chef libéral s'est montré réservé à ce sujet lors de son entrevue avec Patrick Masbourian ce matin.

Je ne suis ni amer ni vindicatif, je ne suis pas ici pour régler des comptes, a-t-il réagi en précisant tout de même que les enquêteurs l’avaient traité en victime.

S’il admet être sur la ligne de touche, Pablo Rodriguez dit encore avoir la fibre, le feu pour la politique.

Je ne pense pas que je pourrai me présenter, mais je veux continuer à agir pour les gens. La politique ne sortira pas de mon corps et de ma tête, a affirmé celui qui promet de suivre les élections provinciales de très près.

Si on me demande des conseils, je vais toujours être là pour en donner, a-t-il lancé alors que la campagne électorale québécoise débutera officiellement dans les prochains jours.

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