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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAlors que Toronto s’apprête à accueillir six matchs de la Coupe du monde de la FIFA, le coût de l’événement et des billets, les retombées économiques attendues et les considérations sur la circulation et la sécurité ont retenu l’attention. Mais qu’en est-il de l’impact écologique de l’événement? Difficile de dire quel sera le coût environnemental dans la Ville Reine.
L'empreinte carbone la plus importante
La décision de la FIFA de faire passer le nombre d’équipes de 32 à 48 et de tenir les matchs dans 16 villes hôtesses en Amérique du Nord est un facteur qui va alourdir le bilan environnemental de l’événement. Il n’y a pas moyen d’organiser un gros party pendant un mois dans 16 villes et de ne pas avoir énormément d’émissions, observe Madeleine Orr, spécialiste de l’écologie du sport à l'Université de Toronto.

Plus d'équipes, plus de matchs et plus de villes hôtesses se traduiront par plus d'émissions, observe Madeleine Orr, spécialiste de l’écologie du sport à l'Université de Toronto.
Photo : Avec l'autorisation de Madeleine Orr
Elle raconte que, depuis 25 ans, la FIFA rendait publique à chaque Coupe du monde la méthodologie utilisée pour calculer l’empreinte carbone. Cette fois, elle ne l’a pas publiée à l’avance. Alors, il est très difficile de dire quelle sera l’empreinte, parce que nous ne savons pas ce qui est inclus et ce qui ne l’est pas.
Les déplacements des partisans pèsent lourd
Des études indépendantes ont été menées sur l’impact global du tournoi. Par exemple, selon les estimations de l'organisation Scientists for Global Responsibility, cette finale de la Coupe du monde en Amérique du Nord pourrait générer globalement au moins 9 millions de tonnes de gaz à effet de serre. Cela se compare à une moyenne de 4,7 millions de tonnes d'équivalent CO2 pour les quatre finales précédentes, entre 2010 et 2022.
Mme Orr note que différentes organisations en sont arrivées à des résultats différents parce que leurs évaluations portaient sur différents aspects : la planification, les transports, les déplacements des équipes, etc.

Les déplacements des équipes et de leurs partisans représenteront une bonne part de l'empreinte carbone. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette
Malgré tout, à son avis une chose est certaine : Les voyages des partisans comptent pour 80 % ou plus de l’empreinte et sans avoir une bonne idée du nombre de billets vendus, c’est difficile à dire.
Elle note que les billets se vendent moins bien que ce qu’on croyait et que les émissions pourraient donc être en deçà de certaines estimations. Mais, indépendamment de cela, ça devrait être la Coupe du monde dont l'empreinte sera la plus importante jusqu’ici.
Et à Toronto?
Le professeur de l’Université Brock Samir Trabelsi, qui s’intéresse à la gouvernance et à la durabilité, affirme qu’il n’y a pas d’évaluation, même prévisionnelle, mais se risque à donner un ordre de grandeur pour la Ville Reine.

La Ville de Toronto devrait présenter un bilan complet et vérifié des émissions de carbone, selon le professeur Samir Trabelsi, qui est aussi chercheur principal au Centre sur l'évaluation du capital naturel. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Arlyn McAdorey
Si on parle des opérations locales seulement : le stade, le Fan Festival, l'électricité, les déchets, le transport local et la logistique, on serait probablement dans une fourchette de quelques milliers à quelques dizaines de milliers de tonnes d'équivalent CO2, estime-t-il.
Par contre, si on inclut les vols, les hôtels liés aux visiteurs, aux équipes et aux médias, les déplacements interurbains des supporters canadiens, là on change complètement d’échelle. La fourchette pourrait être de l’ordre de 50 000 à des 100 000 [tonnes] d'équivalent CO2 pour la portion associée à Toronto, poursuit-il, précisant qu’il s’agit d’une évaluation conservatrice.
Des efforts pour réduire l'impact
Même si six matchs peuvent sembler beaucoup et représenter un enjeu considérable, Toronto n'est en réalité qu'une goutte d'eau dans l'océan si l'on considère l'impact environnemental global de cette Coupe du monde, conclut Madeleine Orr, de l'Université de Toronto.

La Coupe du monde donnera lieu à de nombreux événements en marge des matchs, que ce soit pour le festival des partisans ou les rassemblements dans les cafés et les bars pour suivre le tournoi. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Laura Proctor
Le professeur Trabelsi relève que Toronto fait de réels efforts pour limiter les émissions de CO2 pendant la Coupe du monde, en encourageant les gens à utiliser les transports en commun, le vélo et la marche dans leurs déplacements.
Eric Miller, directeur de l’Initiative de l’empreinte écologique de l’Université de York, pense aussi que la Ville doit minimiser les émissions pour ce qui est en son pouvoir : le transport en commun, les fermetures de rues pour éviter que les gens se rendent aux événements en voiture ou encore la gestion des déchets qui gagneront à être recyclés ou compostés.
Il y a aussi des questions au sujet de la construction, des rénovations au Stade de Toronto. Que va-t-il advenir des sièges supplémentaires qui ont été ajoutés? se demande-t-il.

Eric Miller pense que Toronto devrait faire son bilan et en tirer des leçons pour être proactive en prévision d'autres événements d'envergure.
Photo : Radio-Canada
La Ville aura l’option par la suite de poser des gestes pour absorber les émissions, en protégeant des forêts ou en plantant des arbres, par exemple, ou encore en réduisant sa production de méthane. Le défi, dit-il, c’est : est-ce qu’elle va faire ça pour réduire ou compenser les émissions de la Coupe du monde ou non?
Mettre cartes sur table
Samir Trabelsi croit que la Ville aurait gagné à être plus précise et transparente quant à l’impact écologique de sa participation à la Coupe du monde.
Après l’événement, dit-il, je crois qu’il faut publier un vrai bilan : combien d’émissions carbone ont été générées, combien ont été évitées, combien ont été compensées, avec quelles méthodes [...] et par qui cela a été vérifié.
Eric Miller espère aussi que la Ville de Toronto fera des calculs après la Coupe du monde, pour mesurer l’empreinte carbone, et songera à des actions qui pourront avoir un impact positif sur l’environnement, en prévision d’autres grands événements. Comme ça, les spectateurs et les organisateurs pourront, dans le futur, avoir des événements qui auront moins d’effets environnementaux.
Avec les informations de Magali Levesque et de Soraya Kettani


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