PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa dette nationale est passée de 5000 milliards de dollars à 40 000 milliards de dollars en moins de trente ans, aux États-Unis. Tant les administrations républicaines que démocrates sont responsables de cette situation fiscale difficile qui n’est pas près de se résorber, estiment des experts.
Même si on s’endette depuis longtemps, l’immense majorité de la dette actuelle vient des dernières décennies, dit Marc Goldwein, vice-président du Committee for a Responsible Federal Budget, un centre d’études non partisan américain sur les politiques budgétaires.
À l’arrivée à la Maison-Blanche de George W. Bush en 2001, la dette américaine s’élevait à plus de 5000 milliards de dollars.
Sous [Georges W.] Bush, on baisse deux fois les impôts de façon massive en 2001 et en 2003 et on fait exploser les dépenses au niveau militaire après le 11 Septembre [ce qui est venu créer un important déséquilibre fiscal], explique Rafael Jacob, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand.
À la fin du second mandat de Georges W. Bush, la dette américaine avait doublé, pour atteindre plus de 10 000 milliards de dollars.
Les présidences successives de Barak Obama, de Donald Trump 1.0, de Joe Biden et la présidence actuelle de Donald Trump n’ont pas changé cette tendance lourde : le gouvernement des États-Unis dépense plus qu'il ne gagne, et de plus en plus vite.
D’importantes crises ont poussé le gouvernement américain à faire des déficits conjoncturels et à délier les cordons de la bourse, comme la pandémie de COVID-19 ou la crise financière de 2008-2009.
Or, même quand l’économie va bien, les dépenses et les revenus ne sont pas bien balancés, explique l’économiste principal au Mouvement Desjardins Francis Généreux, spécialisé dans l’économie américaine.
Les principaux postes de dépense du gouvernement fédéral américain sont l’armée, les soins de santé, les programmes de sécurité sociale et le remboursement des intérêts sur la dette, une part qui occupe une place croissante du budget américain.
On veut garder de gros programmes sociaux et de petits impôts, dit Marc Goldwein.
Si plusieurs se préoccupent du niveau d’endettement des Américains, il faut savoir que les États-Unis sont moins endettés que des pays comme le Japon ou l’Italie, en fonction de la taille de leur économie.
Le début d’une spirale d'endettement?
Les États-Unis sont au début d’une spirale de la dette, craint Marc Goldwein.
Un pays se retrouve dans une spirale de la dette lorsque les intérêts que le gouvernement paye à ses créanciers viennent s’ajouter à la dette. C'est-à-dire qu'il doit emprunter pour payer les intérêts de sa dette.
Habituellement, on arrive à garder cette crise à distance avec une forte croissance économique, explique M. Goldwein.
Or, les taux d’intérêt à long terme sur les obligations américaines sont actuellement plus élevés que la vitesse à laquelle croît l’économie. La proportion que prend la dette dans l’économie américaine augmente alors d’elle-même.

Un employé passe devant un logo de la Réserve fédérale américaine. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Kevin Lamarque
Plus nuancé, l’économiste Francis Généreux estime que les taux d’intérêt élevés sur la dette américaine sont conjoncturels et que l’économie américaine n’est pas encore dans une spirale de la dette.
Les États-Unis bénéficient aussi d’un important facteur de protection : la plupart des pays ont des dollars américains directement ou indirectement. La devise bénéficie par conséquent d'une grande confiance, ce qui contribue à faire baisser les coûts d'emprunt pour le gouvernement américain.
Une spirale de la dette n'est pas inquiétante à court terme, mais un questionnement doit être fait au niveau structurel, affirme-t-il.
Or, les récentes décisions du gouvernement fédéral américain ne laissent pas présager un redressement de la situation fiscale aux États-Unis, bien au contraire.
Effectivement, le One Big Beautiful Bill de l'administration Trump, voté en 2025, a largement creusé le déficit en accordant des réductions d’impôts massives.
Si cette loi n’a pas encore eu un d'impact majeur sur la dette, ce qu’elle va faire, c’est de rendre la dette de demain encore pire, dit M. Goldwein.
Plus récemment, la guerre en Iran a entraîné une augmentation du budget du département de la Défense.
Le remboursement des droits de douane dits réciproques, imposé par la Cour suprême des États-Unis, a également creusé la dette du pays, d’une manière ponctuelle.
Le vieillissement de la population aux États-Unis fera aussi grimper les dépenses de santé et de retraite, prévient Marc Goldwein.
En 2026, ni les républicains ni les démocrates ne parlent vraiment de dette. Aucun des partis n’a le moindre plan crédible pour lutter contre cette dernière.
Mais une éventuelle spirale de la dette américaine ne ferait pas qu’affecter nos voisins du sud – l’économie canadienne serait inévitablement touchée, notamment à travers un effet de contagion des taux d’intérêt.
Ultimement, les ménages canadiens finiraient par devoir payer des taux hypothécaires de plus en plus élevés, tout comme des taux d’intérêt plus élevés sur leurs cartes de crédit.
Marek Cauchy-Vaillancourt est lauréat de la bourse Expérimenter le journalisme à l'étranger de la Fondation de l'UQAM


2 weeks ago
5





















English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·