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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes vérifications aléatoires faites auprès des partenaires de propriétaires d’armes à feu au Québec sont bien accueillies par les organismes de lutte contre la violence faite aux femmes.
Devant le nombre préoccupant de féminicides au Québec, le Bureau du contrôle des armes à feu et des explosifs a pris l'initiative, il y a un mois, de faire des appels préventifs aux conjoints et conjointes des détenteurs d'un permis de possession et d'acquisition d’armes à feu. Histoire de savoir si ces partenaires se sentent toujours en sécurité.
Habituellement, les conjointes et conjoints des propriétaires d’armes sont informés tous les cinq ans qu’ils vivent avec une personne qui possède une ou des armes, soit à chaque renouvellement du permis.
Ayant constaté une augmentation de 155 % en 6 mois des signalements ou de craintes de la part de partenaires ou d'ex-partenaires intimes lors des vérifications de base, le contrôleur des armes à feu a pris la décision d’agir en prévention.
Une mesure qui peut s’avérer efficace, selon Louise Riendeau, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.
On sait que la présence d’armes à feu, quand il y a de la violence, augmente grandement les risques, a-t-elle rappelé dans une entrevue à Radio-Canada.

Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
On travaille régulièrement avec plusieurs services de police et on voit qu’il y a une préoccupation de plus en plus importante pour prévenir des gestes de violence conjugale, pour prévenir des féminicides. Je pense qu’on ne peut qu’accueillir favorablement ce genre de mesure.
Si vous craignez pour votre sécurité ou celle d'un proche, vous pouvez contacter de façon anonyme le Bureau du contrôle des armes à feu en appelant la ligne « J'ai un doute, j'appelle », au 1 800 731-4000.
Ces appels téléphoniques peuvent, croit Mme Riendeau, donner une occasion de plus à des femmes de prévenir les autorités que la situation se détériore, mais aussi de leur dire qu’elles ne sont pas seules, qu’il existe des recours.
Si par hasard, on est face à une conjointe qui n’ose pas le faire, malgré l’appel, ça peut être une occasion de l’informer qu’il y a une ligne 24/7 anonyme où elle pourrait le faire à un autre moment, a souligné Mme Riendeau.
Le fait d’être détenteur d’un permis d’acquisition et de possession d’armes à feu n’est pas une menace en soi ou un indicateur qu’une personne va devenir violente, assure Mme Riendeau, mais un conjoint contrôlant et/ou violent qui possède une arme fait augmenter sensiblement les risques pour la sécurité de ses proches.
Près de 500 000 personnes possèdent un permis de possession et d'acquisition d'armes à feu au Québec.
Ce n’est pas en soi la possession d’armes. Je pense qu’il y a des gens qui ont des armes, qui les utilisent de façon responsable pour chasser ou des activités de loisir. C’est vraiment le mélange contrôle, violence et armes à feu qui est préoccupant.
Les propriétaires d'armes en accord
L’initiative de la Sûreté du Québec semble aussi bien reçue du côté des propriétaires d’armes.
Je pense que la mesure est en soi très bien, a expliqué au micro de Radio-Canada Sophie Béland, directrice de la coalition canadienne pour le droit aux armes à feu.
On doit faire un travail, ne serait-ce que de recensement, mais aussi de prévention. Et de laisser savoir à ces gens-là qu’il y a des dispositifs qui sont mis en place par les paliers gouvernementaux. C’est faire aussi de l’éducation.
Mme Béland est en accord avec le fait de contacter les conjoint(e)s et ex-conjoint(e)s dans la mesure où les questions ne sont pas dirigées et que l’initiative n’est pas utilisée pour obtenir un avantage sur l’autre personne dans une situation de conflit ou de séparation.
On va souvent associer les armes à feu à de la violence, mais je peux vous dire que 98 % des propriétaires d’armes légales qui détiennent des permis et des armes de façon légales respectent les lois.
C’est ma crainte présentement, qu’on vienne donner de fausses informations ou de fausses alertes qui vont monopoliser des ressources pour s’attaquer à des gens qui n’ont pas nécessairement eu des problématiques, mais qui ont un litige entre conjoint et conjointe. Au lieu de concentrer les efforts sur les permis qui seraient à ne pas renouveler, s’inquiète Mme Béland.
Avec les informations de Karine Bastien et de David Savoie


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