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Accueil tiède pour l’enquête nationale sur la violence à l’école lancée par Québec

1 day ago 2

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La ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, a confié à l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) le mandat d’entamer, dès cet été, « une enquête nationale afin de dresser un portrait complet » de la violence à l’école. Les syndicats et les oppositions saluent prudemment l’initiative, tout en soulignant qu’au-delà des statistiques, il faudra allouer davantage de ressources sur le terrain.

Dans une lettre au leader parlementaire de l’Assemblée nationale déposée jeudi, la ministre LeBel indique qu’il s’agit d’une initiative prise à la suite de l’adoption à l’unanimité, en février dernier, d’une motion en ce sens.

Je tiens à souligner l’importance de ce consensus parlementaire autour d’un enjeu qui préoccupe l’ensemble de la société québécoise.

Sonia LeBel, ministre de l'Éducation du Québec.

Sonia LeBel, ministre de l'Éducation du Québec. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

L’ISQ aura pour objectif de recueillir des données objectives, fiables et comparables, et les résultats guideront les actions futures du gouvernement, ajoute Mme LeBel, qui a aussi annoncé dans une deuxième lettre, jeudi, que les critères d’accès aux projets pédagogiques particuliers (PPP) seraient revus.

Dans les deux cas, nous nous étions engagés à le faire. Comme nous sommes parvenus à respecter ces engagements, nous l'avons fait savoir par le biais de ces lettres, explique par écrit le cabinet de la ministre LeBel.

Encore des statistiques?

Le président de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Richard Bergevin, y voit une bonne nouvelle, mais n’est pas certain qu’une cueillette de données réalisée par des statisticiens soit la meilleure décision. Depuis 2012, on documente ce phénomène. Est-ce qu’on a besoin de plus de statistiques?

Dès 2023, l’ancien ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, avait annoncé qu’un portrait plus précis du phénomène de la violence dans les écoles serait réalisé.

Il avait demandé aux centres de services scolaires de colliger des données à ce chapitre afin qu’elles soient analysées par le ministère de l’Éducation. Dans un échange écrit, le ministère avait confirmé l’an dernier que des collectes avaient été réalisées en 2024 et 2025 et que le traitement de ces données était toujours en cours.

Au début d'avril, 34 syndicats affiliés à la Fédération des syndicats de l'enseignement avaient réclamé une vaste enquête sur la violence dans les écoles, mais réalisée par les autorités de santé publique.

Si des spécialistes de la santé publique avaient reçu ce mandat, ils auraient pu immédiatement analyser la situation et faire des recommandations. On aurait pu arriver à des solutions plus vite.

Richard Bergevin, président de la Fédération des syndicats de l'enseignement.

Richard Bergevin, président de la Fédération des syndicats de l'enseignement.

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Arsenault

M. Bergevin ajoute par ailleurs que la définition commune de la violence qui sera choisie pour les fins de l’enquête devra être la bonne. Celle à retenir serait, selon nous, celle utilisée par la CNESST, puisqu’elle prend en considération l’intégrité physique et mentale de la victime, affirme-t-il.

Une démarche qui arrive trop tard

Dans un communiqué conjoint, la Fédération des professionnelles et professionnels de l’Éducation (FPPE-CSQ) et la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) saluent cette reconnaissance de l’ampleur de la violence en milieu scolaire, tout en soulignant qu’à leurs yeux, celle-ci arrive trop tard.

Ce qui manque, ce ne sont pas des données, ce sont les ressources humaines et matérielles pour agir.

Les constats sont déjà clairs : les besoins explosent et les équipes sont sous pression, écrit Éric Pronovost, président de la FPSS. On ne peut pas attendre les résultats d’une enquête pour agir.

Un pas dans la bonne direction, selon les oppositions, mais…

C’est un gain, commente Pascal Bérubé, porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation et initiateur de la motion qui a mené à cette enquête. Il n’y avait rien eu de concret [en matière de violence scolaire] depuis la vidéo de Bernard Drainville diffusée l’an dernier dans le réseau et le dossier du vouvoiement, souligne-t-il.

Pascal Bérubé.

Pascal Bérubé, député péquiste de Matane-Matapédia et responsable en matière d'éducation

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Lui aussi soulève toutefois des questions au sujet de la forme que prendra cette enquête.

Ça aurait pu être intéressant, d’ajouter de l'humanité à l'enquête. Elle nous donnera des informations quantitatives, mais la statistique ne va pas aller chercher des témoignages, des exemples très concrets de ce qui se vit sur le terrain, explique le péquiste.

Le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, qui a coprésenté la motion avec le Parti québécois, parle d’un pas dans la bonne direction, avant d’ajouter que ce ne peut pas être la fin de l’histoire.

Nos écoles ont besoin d’un portrait clair, mais surtout d’actions rapides et de ressources sur le terrain, conclut-il, dans le même esprit que les syndicats de l’enseignement de la CSQ.

Madwa-Nika Cadet, du Parti libéral du Québec, ajoute de son côté accueillir favorablement l'annonce de la ministre LeBel. Nous savons déjà que la violence en milieu scolaire nuit à la rétention de personnel. Il y a donc urgence de collecter ces données et de les traduire en actions concrètes.

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