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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAprès la catastrophe de Tchernobyl, en 1986, l'énergie nucléaire a été boudée pendant des décennies au profit d'autres formes de production d'électricité.
De surcroît, la catastrophe survenue à Fukushima, au Japon, en 2011, a davantage entaché la réputation du nucléaire.
Cependant, il y a actuellement une résurgence de l’intérêt pour l’énergie nucléaire à de nombreux endroits dans le monde.
Aux États-Unis, trois projets de redémarrage de centrales nucléaires fermées ont été lancés, dont deux en partenariat avec des géants de la technologie, Microsoft et Google. La course à l'IA n'y est pas étrangère puisque la demande en électricité des centres de données est gigantesque.
La Chine a elle aussi d'énormes besoins énergétiques. Cette puissance asiatique n'a pas moins de 39 centrales en construction sur les 79 chantiers à travers le monde à l'heure actuelle.
Au Québec, la possibilité de réactiver la centrale nucléaire Gentilly-2 est étudiée par Hydro-Québec, avait-on appris en 2023. Au Canada, seuls l'Ontario et le Nouveau-Brunswick exploitent toujours l'énergie nucléaire.
L'Europe entend elle aussi embarquer dans cette vague d'engouement pour le nucléaire. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé le 10 mars dernier que l’Europe a fait une erreur stratégique en tournant le dos à une source d’énergie fiable, économique et peu émettrice [de gaz à effet de serre].
L'énergie nucléaire représentait environ un tiers de l'électricité consommée sur le Vieux Continent en 1990, alors qu'en 2024, elle oscillait autour de 23 %.
Les instigateurs de nouveaux projets ont-ils la mémoire courte ou est-ce que ce moyen de production est maintenant sûr?
Très peu d'émissions de GES
Une chose est certaine, les besoins en électricité augmentent avec l'objectif planétaire de neutralité carbone, ce qui explique en partie l'attrait pour l'énergie atomique, car la fission atomique n'émet pas de gaz à effet de serre, ou presque.
Pour certains gouvernements et militants écologistes, se tourner vers le nucléaire pourrait constituer une solution partielle, car les énergies solaire et éolienne ne peuvent pas à elles seules combler les besoins, en particulier en raison de leur production intermittente.
C'est ce qu'a expliqué Normand Mousseau, chercheur, physicien et directeur de l’Institut de l’énergie Trottier, lors de son passage vendredi à l'émission Ça nous regarde.
On a besoin d'une base de production, d'une électricité garantie à tout moment, a-t-il précisé.
Cette nécessité s'est exacerbée ces dernières années avec les crises répétées dans le secteur du gaz et du pétrole, a dit M. Mousseau en citant notamment les conflits en Ukraine et en Iran, qui font toujours rage.
Ces événements confirment la nécessité de trouver des solutions alternatives pour les régions qui ne disposent pas de ressources naturelles afin de produire de l’énergie propre.
Pour d'autres, comme l'organisme Greenpeace, le retour des investissements dans l'énergie nucléaire pour aider à la décarbonation de l'économie représente un leurre.
La décarbonation et la sortie des énergies fossiles dans les 10 prochaines années, qui est vitale pour le climat, ne viendra pas du nucléaire, explique Pauline Boyer, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace France. Elle viendra de la sobriété, de l’efficacité énergétique et du développement des énergies renouvelables. Et surtout, [il faut] commencer par moins consommer.
Cette relance du nucléaire avec la carte "c’est bon pour le climat parce que c’est une énergie décarbonée", c’est un leurre. Ça coûte beaucoup trop cher et c’est complètement déconnecté de l’[ordre du jour] climatique.
Le risque inhérent au nucléaire
Bien que l'énergie nucléaire n'émette presque pas de gaz à effet de serre, le problème, c’est souvent l’acceptabilité [sociale], a rappelé M. Mousseau.
Cette crainte a été amplifiée par les catastrophes nucléaires du passé, qui ont eu de nombreux effets collatéraux sur les populations et sur la nature.

Un militant antinucléaire se tient debout devant une banderole sur laquelle on peut lire « Tchernobyl, Fukushima, plus jamais » lors d'un rassemblement antinucléaire en France le 26 avril 2024.
Photo : Getty Images / MATTHIEU DELATY/ Hans Lucas/ AFP
Cependant, depuis 2011, des leçons ont été tirées et les réacteurs nucléaires sont plus sécurisés, selon Normand Mousseau.
La Commission canadienne de sûreté nucléaire, entre autres, a publié une série de directives après l'accident de Fukushima afin d’exiger des exploitants de centrale nucléaire qu’ils se préparent aux événements les plus improbables.
C'est un point de vue que partage le physicien et vulgarisateur scientifique Jean-Marc Carpentier, qui a expliqué en entrevue au Téléjournal que les normes de construction et d'exploitation des centrales sont très différentes et que les procédures d'exploitation sont beaucoup plus rigoureuses.

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Les designs de réacteurs ont beaucoup évolué [depuis l'accident de Tchernobyl]. Maintenant, on va vers des réacteurs modulaires petit format qui ne peuvent pas surchauffer parce qu'ils sont trop petits : ils n'ont pas la masse critique, a-t-il indiqué.
Ce physicien a aussi expliqué que la production en série de ces réacteurs compacts ferait en sorte qu'ils devraient coûter beaucoup moins cher.
C'est le coût qui a également tué l'énergie nucléaire, a rappelé M. Carpentier.
Avec les réacteurs modulaires de petit format, non seulement la sécurité augmente, mais le coût de réalisation diminue.
La question du traitement des déchets
Bien qu'il subsiste toujours un risque lié aux déchets radioactifs, Normand Mousseau se veut rassurant : On sait quoi faire avec les déchets, on sait où les enfouir, on a des sites.
Dans les 30 dernières années, on a mis sur pause largement les technologies de réduction des déchets dans le secteur nucléaire. Toutefois, un réinvestissement des gouvernements pourrait avoir une incidence positive sur la mise au point de nouvelles technologies, selon lui.
Si on augmente vraiment beaucoup le nombre de réacteurs nucléaires, je pense qu’on va travailler aussi à réactiver ces filières-là, a-t-il précisé.
Au Canada, la gestion des déchets radioactifs des centrales nucléaires soulève toutefois la controverse. À Chalk River, en Ontario, des groupes de citoyens et des scientifiques se sont opposés en cour à la construction d'un site d'enfouissement de déchets nucléaires.
Toujours en Ontario, la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN) prévoit la construction d'un tombeau nucléaire dans le nord de la province qui soulève des questions d'ordre éthique, notamment l’absence de stratégie de communication à long terme capable de transmettre les connaissances sur les lieux auprès des générations futures sur plusieurs siècles.
Dans ces deux cas, la question du traitement de ces déchets à très long terme soulève des craintes étant donné que certaines particules radioactives qui contaminent les matériaux entreposés mettent des milliers d'années – voire des millions – à se désintégrer complètement.
Avec les informations de Euronews


1 month ago
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